La débâcle boursière de Natixis liée au mode de gestion peu orthodoxe de sa filiale H2O AM

Bien connue des investisseurs pour ses résultats exceptionnels sur les marchés l’an passé, H20 AM, filiale de Natixis IM, fait l’objet de craintes sur ses pratiques de gestion. Un article du FT fait état d’importants investissements illiquides.  

Un récent article du Financial Times dénonce les pratiques peu orthodoxes utilisées par H2O AM, société de gestion basée à Londres, filiale de Natixis Investment Managers. Crédit ; Francois Mori/AP/SIPA

Alerte sur les fonds de H2O Asset Management ! Un récent article du Financial Times dénonce les pratiques peu orthodoxes utilisées par cette société de gestion basée à Londres, filiale de Natixis Investment Managers, qui n’hésite pas à investir dans des obligations privées illiquides. Ses fonds sont pourtant largement vendus aux épargnants particuliers français qui doivent donc pouvoir en sortir librement chaque jour ! Le quotidien financier a passé aux cribles les rapports de gestion de six véhicules -Adagio, Allegro, Moderato, Multibonds, Multistratégies et Vivace- et fait état d’investissements très importants dans des obligations privées non notées néerlandaises liées au sulfureux financier allemand Lars Windhorst.  Le FT indique aussi un éventuel conflit d’intérêt puisque le directeur général et fondateur de H2O AM, Bruno Crastes, a récemment été nommé au conseil de Tennor, holding d’investissement de Lars Windhorst.

Une notation suspendue

Ces révélations ont conduit le fournisseur de données et de notation, Morningstar à suspendre la note du fonds Allegro, qui avait obtenu le très bon niveau de Bronze. Mais il s’agit du seul véhicule d’H2O AM noté de manière qualitative par ses analystes, les autres fonds incriminés sont donc tout autant à surveiller. Selon Morningstar, « la concentration des placements sur une série de sociétés liées au même individu est une source d’inquiétude ». Une décision qui  intervient d’ailleurs seulement quelques semaines après les récentes difficultés rencontrées par deux sociétés de gestion étrangères, le Suisse GAM et le Britannique Neil Woodford,  qui en raison de leur exposition trop importante à des actifs illiquides ont été contraints de geler les retraits de capitaux sur certains de leurs fonds.

Une gestion très technique

Cette polémique sur H2O AM a de quoi inquiéter les investisseurs. En conséquence, le cours de Bourse de son principal actionnaire, Natixis a perdu près de 12% en une séance hier. Pour rassurer, H2O AM a publié une note pour tenter d’expliquer sa politique de gestion en indiquant que ses investissements dans des obligations non notées étaient très contenus entre 5 et 10% de l’actif net des fonds, soit en ligne avec les règles légales (au maximum de 10%). Mais ces explications restent très techniques à l’instar de ses pratiques de gestion qui sont plus proches de celles d’un hedge fund (gérant spéculatif) que d’un acteur traditionnel sur les marchés obligataires.

Des performances très élevées

Depuis plusieurs années et notamment en 2018, H2O AM, dont les encours atteignent près de 30 milliards d’euros, a enregistré des performances exceptionnelles (voir tableau) sans pourtant être très disert sur les recettes de son succès. Nous avions déjà mis en garde nos lecteurs sur ce sujet. D’autant que la société de gestion, forte de son succès commercial, n’a pas hésité à augmenter largement sa tarification en début d’année.

Sur le même thème

Actualités marchés financiers Conseils Bourse

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique