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Covid-19 : retour du risque sanitaire en Bourse

La découverte, en Afrique du sud, d’un nouveau variant doté d’un nombre élevé de mutations susceptibles de résister aux vaccins crée un vent de panique sur les bourses mondiales. Nous passons en revue trois scénarios possibles.

Covid-19 - bourse marchés financiers cac 40
Crédit: iStock.

Presque oubliée, la dangerosité du Covid-19 fait son grand retour depuis une dizaine de jours en Europe avec l’arrivée d’une cinquième vague mais surtout, beaucoup plus grave, avec la découverte en Afrique du sud d’un nouveau variant B. 1. 1. 529 présentant un nombre élevé de mutations capables de rendre inefficaces les différents vaccins actuellement disponibles. Le spectre d’une nouvelle épidémie incontrôlée de Covid-19 à l’instar de celle du printemps 2020 refait surface, provoquant un vent de panique sur les marchés actions avec en première ligne les secteurs de l’automobile, de la banque, du transport aérien, de l’hôtellerie, des foncières commerciales lourdement sanctionnés. Et à l’inverse, les valeurs de santé sont recherchées. Il apparaît prématuré, à ce stade, d’anticiper une tendance en particulier, faute de visibilité et de recul sur l’efficacité des vaccins déjà mis sur le marché. Par contre, trois scénarios se dessinent. Nous les passons en revue avec les conséquences possibles pour les actions et les secteurs.

1. Les laboratoires rassurent sur l’efficacité des vaccins

Le scénario le plus positif serait que l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), les laboratoires Pfizer, Moderna, Astrazeneca, Johnson et les autorités de santé des grandes puissances économiques parviennent très rapidement à prouver l’efficacité des vaccins actuels face à cette nouvelle souche sud-africaine. Auquel cas, les marchés actions rebondiraient instantanément et l’indice CAC 40 refranchirait le seuil des 7000 points. Il ne s’agirait alors que d’une simple alerte et les valeurs les plus massacrées (Aribus, Safran, Air France, Accor, Unibail Rodamco Westfield, Klepierre, les valeurs automobile, les banques, Accor, GL Events et autres) seraient à privilégier. Une certaine prudence risquerait toutefois d’être observée par rapport à l’arrivée de la cinquième vague qui empêcherait dans l’immédiat le CAC 40 de revenir au contact avec ses récents records historiques proches des 7200 points.

2. L’économie mondiale de nouveau placée sous cloche

Retour au scénario du printemps 2020, peu après le déclenchement de la pandémie de Covid-19, avec la refermeture des économies et le strict confinement des populations même si ces mesures plus sévères risquent de ne plus être acceptées socialement et entraîner des soulèvements. Les indices actions continueraient alors de chuter pour perdre la moitié du terrain regagné entre les plus bas de mars 2020 à 3600 points et les récents records proches de 7200 points. Les banques centrales referaient fonctionner la planche à billets en inondant les marchés de liquidités et les gouvernements apporteraient de nouvelles mesures de soutien aux ménages (chômage partiel) et aux entreprises pour amortir l’effet récessif de la crise économique (chute de l’offre et de la demande). L’an dernier, le PIB de la France s’était effondré de 8,3%. Les États s’endetteraient alors massivement avec l’aide des banques centrales qui achèteraient les dettes émises. Dans ce cas, il ne faudrait pas hésiter à vendre les actions les plus cycliques (automobile, banques, aéronautique, transport aérien, évènementiel, hôtellerie), à réduire fortement les autres positions plus défensives (luxe, numérique, transition énergétique, valeurs technologiques, de santé) et à acheter de l’or.

3. L’économie mondiale freinée par des restrictions sanitaires

C’est le scénario de la demi-mesure dans lequel l’économie continue de fonctionner localement mais avec des mesures restrictives sur les transports aériens, la restauration. L’inflation resterait forte en raison des difficultés d’approvisionnement en composants en provenance d’Asie sur fond de croissance économique réduite. C’est le scénario de la stagflation redoutée par les banquiers centraux. Les marchés actions pourraient alors perdre entre 15% et 20% avec là aussi les secteurs les plus cycliques appelés à être les plus sévèrement sanctionnés.

NOS CONSEILS

Pour l’instant, nous recommandons de ne pas céder à la panique et de conserver son sang-froid. Les placements actions doivent s’apprécier sur le moyen terme (5 ans). Souvenons-nous début 2020 que l’indice CAC 40 a perdu 41% de sa valeur en seulement trois semaines, passant de 6100 points à 3600 points avant de regagner les deux tiers du terrain perdu en trois mois. Les réactions épidermiques consistant à tout vendre ne sont donc pas forcément pertinentes. Par ailleurs, la crise sanitaire a accéléré de grandes tendances dont profitent aujourd’hui les entreprises que ce soit dans le numérique (Capgemini, Teleperformance, Dassault Systèmes), dans la transition énergétique (Schneider Electric, Nexans, Legrand, Saint-Gobain, Air Liquide) ou le luxe (LVMH, Hermes, L’Oreal) avec une forte reprise de la consommation au moindre signe de réouverture des économies (en Chine et aux Etats-Unis). Privilégier ces thématiques sur un horizon moyen terme de cinq ans ne représente pas un risque immodéré et devrait se révéler payant en cette période de crise du Covid-19.