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Des marchés désormais suspendus à l’activité économique

Les mesures de durcissement monétaire sont appelées à se poursuivre lors des prochains mois tant que les premiers signes de fléchissement de l’inflation ne seront pas tangibles.

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Si les marchés s’interrogeaient encore sur la détermination des banques centrales européenne et américaine à lutter contre l’inflation galopante, quitte à affaiblir la croissance voire à entrainer une récession, les décisions des deux institutions – elles ont relevé toutes les deux leurs taux directeurs de 0,75 point de base – et les discours de fermeté de leurs présidents respectifs ne laissent plus de place au doute. Et les mesures de durcissement monétaire sont appelées à se poursuivre lors des prochains mois tant que les premiers signes de fléchissement de l’inflation ne seront pas tangibles. Les questions monétaires reléguées au second plan, l’attention des investisseurs devrait désormais se focaliser sur les indicateurs macro-économiques (et notamment sur l’ampleur du ralentissement), et sur la situation géopolitique. Pour autant, les marchés continueront de se montrer volatils. D’autant qu’après avoir publié des résultats à mi-année solides, et pour certains d’entre eux excellents, les groupes ont sûrement mangé leur pain blanc. Leurs performances devraient commencer à porter les stigmates de la contraction de l’activité et de l’envolée des prix de l’énergie.

Et si la valorisation du CAC 40, avec un multiple de capitalisation des bénéfices attendus pour 2023 de 11,5 fois, peut paraitre raisonnable, elle est à nuancer. Elle se base sur des estimations des analystes optimistes, avec un repli des profits par action estimés limité à seulement 4% l’an prochain. La plus grande sélectivité reste de mise : privilégiez les valeurs aux revenus récurrents ou portés par des tendances structurelles (transformation numérique, vieillissement de la population, …).

Les rachats d’actions ont la cote

Pratique très répandue aux Etats-Unis, les rachats d’actions sont désormais plébiscités par les entreprises françaises. D’après des données établies par Natixis, ils se sont élevés au premier semestre à 15 milliards d’euros pour les groupes du SBF contre 5,6 milliards un an plus tôt. Ce montant équivaut au volume réalisé en temps normal sur une année entière. L’année 2022 devrait se rapprocher du record exceptionnel établi l’an dernier avec 28,7 milliards de leurs propres titres rachetés par les groupes hexagonaux. Parmi les plus actifs figurent TotalEnergies, ArcelorMittal ou encore Axa. Cette envolée des rachats d’actions s’explique par les profits historiques enregistrés par les entreprises en 2021 et au premier semestre. Si leurs résultats venaient à se dégrader, comme c’est attendu, elles n’hésiteront pas alors à les diminuer ou à les interrompre.