Se connecter S’abonner

FDJ : « Notre modèle de jeu extensif explique que le groupe soit peu sensible aux cycles économiques »

Entretien avec Stéphane Pallez, présidente directrice générale de FDJ.

Stéphane Pallez, présidente directrice générale de FDJ – Wlad Simitch.

L’activité de votre groupe peut-elle résister au ralentissement économique qui s’annonce ?

Stéphane Pallez : L’activité de La Française des Jeux est relativement acyclique. FDJ est une marque populaire qui compte plus de 25 millions de clients. Notre modèle de jeu extensif s’adresse à beaucoup de joueurs misant des sommes raisonnables, ce qui explique en partie que le groupe FDJ soit peu sensible aux cycles économiques. Les jeux ne représentent qu’une faible part du budget loisirs des Français. La crise du pouvoir d’achat, et notamment la flambée du prix de l’énergie, est cependant bien réelle et nous restons vigilants sur d’éventuels impacts.

Quel premier bilan tirez-vous de l’exercice en cours ?

S. P. : Le bilan que nous dressons à date est positif et conforte notre modèle de croissance responsable. Nous confirmons nos perspectives financières 2022, soit une hausse du chiffre d’affaires de plus de 8%, pour partie attribuable à la poursuite du rattrapage de l’impact de la crise sanitaire, avec un taux de marge d’Ebitda de l’ordre de 24%. Sur les neufs premiers mois de l’année, notre activité est en progression à la fois dans notre réseau physique et en ligne. Nous nous réjouissons de cette bonne performance dans nos 30.000 points de vente, qui avaient été durement touchés par la crise sanitaire récente.

Vous avez annoncé récemment votre intention d’acquérir ZEturf. Quel est l’intérêt stratégique de cette opération ?

S. P. : Nous avons l’ambition de faire de FDJ un opérateur global sur le marché français des jeux en ligne ouverts à la concurrence. En complément de nos activités historiques de loterie et de paris sportifs, nous venons ainsi de lancer une offre poker début novembre. Les négociations exclusives engagées pour le rachat de ZEturf, deuxième acteur français des paris hippiques en ligne, s’inscrivent dans cette démarche. Cette acquisition devrait également nous ouvrir de nouvelles perspectives de croissance.

Vous venez de présenter votre nouvelle feuille de route à moyen terme. Quelles en sont les grandes lignes ?

S. P. : A horizon 2025, FDJ prévoit une croissance annuelle moyenne de son chiffre d’affaires dans le haut d’une fourchette comprise entre +4% et +5%. Notre feuille de route s’articule autour de trois axes stratégiques : renforcer les leviers de croissance de la loterie avec la poursuite de sa digitalisation et le développement de l’omnicanalité ; poursuivre la dynamique des paris sportifs et compléter notre offre de paris en ligne par le poker et les paris hippiques ; et continuer notre diversification, grâce au développement de nos activités « paiement & services » en France et à la valorisation de nos savoir-faire à l’international. FDJ entend parallèlement poursuivre le renforcement de ses actions en matière d’engagement RSE, avec la protection du joueur au cœur de ses actions, et maintenir sa performance extra-financière au plus haut niveau, avec notamment pour ambition de conserver une notation A1+ par Moody’s ESG.

Quelle est votre politique en faveur de vos nombreux actionnaires individuels ?

S. P. : Nous leur accordons la plus grande attention. Nous leur proposons tout d’abord un des plus forts taux de distribution parmi le SBF 120. Nous nous sommes, en effet, engagés jusqu’en 2025 à distribuer entre 80% et 90% de notre résultat net sous forme de dividendes. Par ailleurs, plus de 15.000 petits-porteurs sont aujourd’hui inscrits au Club d’actionnaires de FDJ. Lettres d’information, webinars, masterclasses, équipe dédiée aux relations avec les actionnaires… nous souhaitons nouer une relation de confiance et de proximité avec nos actionnaires.