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Et si vous tentiez l’investissement fractionné ?

Il est possible d’acheter des fractions d’actions plutôt que le titre en entier. Cette méthode permet d’amorcer la construction d’un portefeuille, à moindre coût. Mais attention tout de même à certains points.

Un investisseur à l’aube de sa carrière professionnelle ne pourra acquérir une action Amazon à moins de débourser plus de 3000 dollars. Sauf s’il opte pour des portions de ces titres, via l’investissement fractionné, qui s’est récemlent développé en France.

Comme l’explique Giulia Mazzolini, directrice de Bitpanda en France, « l’investisseur n’achètera pas une action complète mais une fraction d’action ». Pour Jean-Philippe Fabre, risk officer chez BUX, il s’agit « d’un changement de paradigme », dans la mesure où le néo-courtier néerlandais « abaisse le seuil d’investissement de ses utilisateurs, leur permettant d’investir dans les entreprises qu’il souhaite et pas seulement dans celles qui peuvent se permettre ». Ce qui autorise donc la construction progressive d’un portefeuille d’actifs avec des versements réguliers. « Un investisseur pourra démarrer avec dix euros. Nombre de nos clients investissent rapidement de manière régulière, par exemple tous les mois ou tous les deux mois », affirme de son côté Pablo René-Worms, responsable des contenus de la plateforme autrichienne Vivid Money.

D’où un beau levier pour mieux gérer ses risques. Géographiquement d’abord, puisque l’investisseur aura accès à des centaines de titres italiens, espagnols, américains, etc., vingt-quatre heure sur vingt-quatre. Mais aussi pour diversifier facilement ses actifs, notamment en optant pour des cryptomonnaies ou des ETF : « Chez Bitpanda comptons beaucoup de quinquagénaires investissant sur les Cryptos. Ils y vont à petite dose pour limiter les risques » précise Giulia Mazzolini. Le tout, avec des frais souvent moins élevés qu’avec une transaction classique. La plateforme se distingue avec un abonnement mensuel de dix euros net de prélèvements et de frais, hormis une commission de change de 0,50 % pour les véhicules américains, et des frais plafonnés à 1 % de la valeur de la transaction, avec un minimum de 0,79 euros, pour ses clients standard.

Attention à ces points

Ces atouts ne doivent pas masquer deux défauts. Si la cession de portions de cryptos sur une plateforme concurrente est admise, les fractions d’actions ne peuvent être revendues que chez l’intermédiaire chez qui elles ont été acquises. Vérifiez donc bien les garanties et assurances en cas de chute des marchés ou d’effondrement de la liquidité. Pas question non plus de bénéficier d’un effet de levier. Notamment car ces actifs demeurent risqués. « Nous rappelons que les cryptos sont tout sauf des produits sûrs. Et qu’il ne faut pas investir au-delà de ses ressources », martèle Pablo René-Worms.   

Dernier point : chez Bitpanda et d’autres, vous obtenez un contrat dérivé, qui réplique les performances de l’action fractionnée, émis par la plateforme une fois l’action acquise et logée chez sa banque dépositaire. Chez d’autres comme BUX, le titre rejoindra un portefeuille collectif avant son fractionnement et son fléchage vers le portefeuille des clients. Dans les deux cas, vous percevez des portions de dividendes. Avec la seconde option, vous détenez aussi des droits de vote, voire des fractions d’actions nouvelles émises par la valeur.