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Immobilier : quelles seront les tendances à la sortie du confinement ?

Après deux mois de confinement, la date du 11 mai, si elle est maintenue, semble enfin redonner des couleurs au secteur de l’immobilier, en sommeil depuis plus de deux mois. Quelles tendances pourraient-on voir émerger à la fin du confinement ? Y-aura-t-il vraiment une répercussion sur les prix des biens ?

Pour le moment, il semble difficile de savoir quel visage le marché de l’immobilier aura à la fin du confinement. Néanmoins, les professionnels de l’immobilier ont déjà en tête plusieurs scénarios. Quelles tendances se profilent post confinement ? Quelles répercussions la crise sanitaire aura sur les prix des biens immobiliers ? Voici quelques pistes possibles selon différents experts.

Des projets immobiliers maintenus

« 63% des Français avaient un projet immobilier avant la crise du Covid19 et 57% le maintiennent en le faisant toutefois évoluer », dévoile une dernière étude du promoteur immobilier Capelli, publiée fin avril. Une autre étude récente du site d’annonces immobilières SeLoger vient étayer cette tendance : « les candidats à l’achat d’un bien immobilier restent positifs malgré la crise du Covid-19. Et 70% d’entre eux restent confiants quant à la concrétisation de leur projet dans les six prochains mois, et pensent le reprendre d’ici l’été ». Malgré tout, les experts avancent des changements de comportements.

La volonté de se mettre au vert émerge

La première tendance qui semble se profiler est une envie (besoin ?) des citadins d’acquérir un bien « au calme et proche de la nature » pour un Français sur trois selon l’étude du promoteur Capelli. « Et 17 % estiment désormais que la proximité du logement avec leur lieu de travail est moins importante » toujours selon l’étude. Même constat pour Michaël Benchabat, président du réseau de MeilleursBiens.com : « les citadins, qui ont vécu le confinement dans leur petit appartement, auront envie d’une maison avec jardin. On pourrait même imaginer que la maison secondaire, dans une ville accessible à quelques heures en TGV, soit la grande gagnante du marché du l’immobilier après le confinement. Je pense à des villes attractives pour ces raisons comme Nantes, Rennes, Bordeaux, Lyon, voire Marseille ».

Le marché du locatif pourrait tirer son épingle du jeu

Autre grande tendance : « une explosion du marché du locatif », d’après Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt. En effet, il semblerait que cette option puisse séduire un certain nombre de Français. « Les vacances d’été approchent, les Français savent qu’ils devront certainement rester dans l’hexagone. Ils rechercheront une maison avec jardin, voire avec une piscine, selon les secteurs géographiques, pour se retrouver en famille ou entre amis. La location saisonnière devrait être très prisée ». D’après l’expert, le marché de la location sera très dynamique, aussi bien pour « des Français qui voudraient réfléchir à changer de cadre de vie. Les étudiants vont sûrement, dès cet été, devoir retrouver un logement pour la rentrée », détaille Yann Jéhanno.

Une accélération de la digitalisation des visites

Les agents immobiliers se préparent déjà à la reprise. Certains ont gardé des contacts réguliers avec leurs clients pendant le confinement. Des visites virtuelles ont eu lieu. Michaël Benchabat précise qu’une tendance forte se met déjà en place pour préparer l’après. « Pour la profession, il y aura forcément une accélération de la digitalisation. Actuellement, il est déjà possible de visiter un bien virtuellement. C’est une pré-visite qui permet d’avoir une belle visibilité du bien. Autre dispositif que nous allons mettre en place après le confinement, la « visite live ». L’agent immobilier sera dans la maison ou l’appartement, et les visiteurs de l’autre côté de leur écran. Cette proposition correspondait à 25% de notre offre, aujourd’hui je peux vous dire qu’elle concernera plus de la moitié des visites post déconfinement » indique-t-il.

Quel impact sur les prix de l’immobilier ?

Les blocages administratifs actuels, l’attitude des banques, les incertitudes sur la sortie du confinement et les conséquences financières sur les ménages vont sans aucun doute avoir un impact sur les prix à venir. Lequel ? Difficile à prévoir selon Yann Jéhanno. « Il y a encore beaucoup trop d’inconnues. Quel sera le moral des ménages après la crise, est-ce que le télétravail va continuer sur la durée ? Selon les réponses, les lignes pourraient bouger. Les cartes pourraient être rebattues. Selon l’évolution de la demande, on pourrait assister à la revanche des villes moyennes ». Autre indicateur à prendre en compte, le baromètre publié par Meilleurs Agents suggèrent que les acheteurs anticipent dès maintenant une baisse des prix de l’ordre de 10 %. « Dès la sortie du confinement, des négociations plus rudes et plus longues sont à attendre pour concilier les vendeurs et les acheteurs. Car, si 9 particuliers sur 10 n’abandonnent pas leur projet immobilier, plus de 40 % d’entre eux préfèrent attendre quelques semaines, voire quelques mois avant de le reprendre » précise l’étude.

Même analyse pour Michaël Benchabat qui estime que « pour 10 % du volume de transactions traditionnelles, les prix seront les mêmes qu’avant le début de la crise le 16 mars. Si on devait voir les prix reculer, cela serait sans doute dans les secteurs ruraux et peu tendus avant la crise. Autre point d’accroche, ceux qui doivent vendre pour des raisons impératives et familiales (naissances, mariage, divorce, etc) seront pressés de le faire après avoir attendu la fin du confinement. La vraie tendance sur les prix s’observera sans doute à partir de septembre », explique-t-il.

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Quelles tendances sur les taux pour les prêts immobiliers ?

Les banques, qui avaient déjà commencé à durcir les conditions d’accès au crédit immobilier avant la propagation du coronavirus devraient accentuer cette tendance à la reprise d’activité. Plusieurs facteurs peuvent jouer malgré tout en faveur d’une hausse modérée : la politique monétaire menée par la Banque Centrale Européenne si elle devait maintenir les taux directeurs à un niveau très bas dans les mois à venir. Les banques devraient consentir un effort particulier pour faire redémarrer leur activité. Et les crédits immobiliers restent le principal produit d’appel des établissements bancaires.

Le courtier en ligne MeilleurTaux table ainsi sur une augmentation maîtrisée des taux, qui pourraient passer d’une fourchette de 1%-1,50 % actuellement à une nouvelle fourchette de 1,50%-1,90 %, selon les derniers chiffres parus en avril.