Bourse : les femmes, des épargnantes comme les autres ?

Il n’existe aucune enquête ni statistique sur le comportement des femmes en Bourse. Nous avons demandé à Alix de Renty, la co-fondatrice de The ladies Bank et banquier privé senior chez ODDO BHF, de nous décrire comment ses clientes agissaient. Voici son témoignage.

Alix de Renty, banquier privé senior chez ODDO BHF, ne perçoit pas chez ses clientes " une aversion particulière à l’égard de la Bourse ".

Pendant la période de confinement, une petite révolution s’est produite dans le monde de l’épargne : un petit boom du nombre d’actionnaires chez les particuliers. Aucune statistique ne précise la part des hommes et des femmes dans ces nouveaux actionnaires. Mais la Bourse est souvent considérée comme un domaine masculin.

Pourtant, Alix de Renty, co-fondatrice de The ladies Bank, société de gestion de patrimoine dédiée aux femmes, née d’un appel à projet lancé par ODDO BHF, et intégrée à la banque privée, ne perçoit pas chez ses clientes « une aversion particulière à l’égard de la Bourse ».

« Hommes et femmes comprennent de la même manière l’utilité de posséder une poche d’actions dans son patrimoine, et la nécessité de construire son épargne sur le long terme », explique-t-elle. En revanche, « les hommes ont tendance à être plus nombreux à opter pour une gestion conseillée, qui demande de la disponibilité, de la réactivité et de l’appétence pour le sujet, alors que les femmes préfèrent la gestion sous mandat, moins anxiogène », précise-t-elle.

Les clientes de ODDO BHF apprécient que des points de gestion réguliers soient faits pour comprendre ce qui se passe, « cela peut rassurer ». « Dans une période de turbulences sur les marchés comme aujourd’hui, il est important, pour plus de sérénité, de rappeler l’horizon de placement, – nous prônons au minimum sept à huit ans pour une gestion dite « Offensive » c’est-à-dire 70% à 100% en actions -, pour relativiser les éventuelles moins-values latentes instantanées, et les convictions fortes sous-jacentes à chaque investissement », indique Alix de Renty.

Et de rappeler les grandes règles qu’elle promeut pour constituer un portefeuille actions : « un nombre restreint d’actions, – entre 25 et 30 -, chaque choix s’appuyant sur un thème d’investissement fort (vieillissement de la population, transformation numérique de l’économie, …). Les sociétés leaders parmi les meilleures de leur industrie, au bilan solide, avec une faible volatilité de la croissance de leurs revenus, continuent de tirer leur épingle du jeu. Nous évitons les paris sur des titres spéculatifs de court terme, que les femmes ne réclament généralement pas d’ailleurs ».

Mais que recherchent-elles dans un placement ? A l’instar des hommes, elles privilégient en priorité le rendement, mais elles « développent plus souvent une sensibilité particulière aux critères ESG », note Alix de Renty, qui « font l’objet systématiquement d’un premier filtre dans nos critères ».

S’il semble que les investisseurs masculins sont attirés par les valeurs décotées, les femmes préfèrent les sociétés à impact, et peuvent laisser leurs choix être guidés par une amie. « Alors qu’une majorité de nos clientes mettent à profit cette période de confinement pour faire le point et prendre leur temps pour adopter les bonnes décisions, remarque la fondatrice de The Ladies Bank, les hommes ont plutôt déjà réinvesti ».

Autre nuance, note Alix de Renty, les femmes « épargnent parce qu’il faut le faire, pour préparer la retraite, laisser un héritage, etc. »

Les femmes ont, depuis longtemps, pris les commandes du budget du foyer, elles sont désormais en passe de gérer aussi l’épargne de la famille.

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