Gérald Darmanin plaide pour une « généralisation de l’actionnariat salarié »

Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin souhaite une « généralisation de l’actionnariat salarié », reprenant, dans le Journal du Dimanche, une idée du général de Gaulle en 1967.

Gérald Darmanin pense que le gouvernement peut aller plus loin pour le pouvoir d'achat des Français. Crédit: Blondet Eliot-POOL/SIPA

Gérald Darmanin pense que le gouvernement peut aller plus loin pour le pouvoir d’achat des Français. Dans une interview au Journal du Dimanche le 24 mai, le ministre de l’Action et des Comptes publics souhaite « généraliser », « simplifier » et « étendre » l’actionnariat salarié, en versant des « montants importants ». Il reprend ainsi une idée du général de Gaulle en 1967. « Les salariés deviennent actionnaires de leur entreprise », explique-t-il, « ils perçoivent leur part sur les bénéfices qu’elle réalise et ils augmentent leur pouvoir d’achat, en plus de leurs salaires, par l’intéressement ».

Le général De Gaulle présentait en 1967 un dispositif instaurant la participation des salariés aux bénéfices des entreprises. La mesure fut adoptée par ordonnance sous le gouvernement Pompidou, écrit le quotidien national, malgré les oppositions du patronat et des milieux financiers, qui y voyaient une menace pour le capitalisme, et celles de la gauche et des syndicats, s’inquiétant d’une « collaboration des classes ». Cette mesure imposait la participation des employés dans les entreprises de plus de 100 salariés et le blocage des sommes distribuées dans une réserve spéciale, pendant cinq ans. En 1990, la règle a été étendue aux entreprises de plus de 50 salariés. 

42,6% des employés bénéficiaient du dispositif de l’actionnariat salarié en 2017

Ensuite, la loi Macron a renforcé les avantages fiscaux dont la participation est assortie, en 2015. Deux ans plus tard, soit en 2017, 42,6% des salariés en bénéficiaient seulement. Puis en 2019, la loi Pacte a assoupli les dispositifs. Gérald Darmanin souhaite donc une généralisation du dispositif, estimant que « dans un monde en crise, le partage des richesses est un enjeu essentiel ». Le ministre estime que « l’association capital-travail est une solution pour répondre à la lutte des classes sociales que l’on voit ressurgir ».

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Pas d’augmentation d’impôts prévue par le gouvernement

Par ailleurs, le ministre de l’Action et des Comptes publics dit ne pas envisager d’augmentation d’impôts. « Augmenter les impôts, pour nous, ce n’est pas une option, car ce serait décourager le travail et l’activité économique », a affirmé Gérald Darmanin au JDD. Il n’est pas question pour le gouvernement de combler les dettes par une hausse de la fiscalité. Et le membre du gouvernement de vanter le bilan gouvernemental avant la crise du coronavirus : « grâce aux réformes souhaitées par le Président  comme celle de la fiscalité du capital et du travail, nous avons libéré l’activité, recréé les emplois, fait reculer le chômage ». Gérald Darmanin a notamment évoqué la croissance française « supérieure à la moyenne européenne » et un taux de chômage « le plus bas depuis 2008 », ce qui devrait permettre, selon lui, de « rebondir plus vite » que les voisins européens.

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