Que trouve-t-on dans les fonds en euros de votre assurance vie ?

S’il est fréquent de penser que les assureurs investissent massivement dans les obligations d’états, ces dernières ne représentent pourtant que le tiers des actifs. Explications.

Environ 80% des capitaux placés dans l'assurance vie en euros sont investis dans des obligations. Crédit : iStock

Comment les assureurs font ils travailler l’argent que vous leur confiez au sein des fonds en euros de vos contrats d’assurance vie ? Comme chaque année, le cabinet spécialisé Good Value for Money (GVfM) s’est penché que la question. Et les résultats (à fin 2019) remettent en cause quelques idées reçues.

Fonds en euros classiques

Sans grande surprise, l’obligataire constitue l’essentiel de l’allocation. Le capital des épargnants étant garanti, les assureurs sont contraints de limiter la prise de risque. Ainsi, 80% des encours sont ici investis en obligations. Mais contrairement à ce que l’on pense souvent, ce ne sont pas les obligations souveraines qui sont privilégiées. Certes, elles comptent pour 40,6% de la poche obligataire (c’est-à-dire 32,5% de l’ensemble des portefeuilles). Mais elles sont devancées par les obligations d’entreprises, principalement du secteur financier. Celles-ci représentent 59,4% de la ligne obligataire et donc 47,5% des portefeuilles. Bien entendu, prudence oblige, les obligations visées sont en moyenne notées A.

Pour le reste, et afin de générer un peu de performance, les fonds en euros sont aussi investis en partie en actions (8,6%) et en immobilier (7,2%), le solde étant constitué de placements monétaires ou alternatifs.

Fonds en euros immobiliers

Comme leur nom l’indique, les fonds en euros dits « immobiliers » mettent l’accent sur la pierre. En moyenne, elle pèse 36,5% des encours.

Il est toutefois à noter que la part d’immobilier a largement reculé au fil du temps. Fin 2014, elle était encore de près de 56%. Comme l’explique GVfM, ceci tient aux exigences réglementaires de Solvabilité II, car détenir des actifs immobiliers coûte cher en exigence de marge.

Fonds en euros dynamiques

Censés offrir un surplus de performance par rapport aux fonds classiques, les fonds en euros dynamiques sont moins portés sur les obligations. Elles ne comptent « que » pour 67,5% du total, qui plus est avec des profils un peu plus risqués (note moyenne de BBB+).

L’accent est également mis sur l’immobilier (17,2%) et les actions (10,3%). Toutefois, là aussi, les exigences réglementaires ont un impact. En cinq ans, le poids des actions a reculé de 5 points.

Performances

Pour pouvoir offrir du rendement aux particuliers, il faut bien évidemment que les portefeuilles gérés par les assureurs dégagent de la performance.

D’après GVfM, dans la catégorie des fonds en euros classiques, la performance financière moyenne des portefeuilles a été de 2,53% en 2019 (contre 2,91% en 2018). Certains ne manqueront évidemment pas de remarquer qu’il y a un écart conséquent avec le rendement moyen de 1,4% servi aux assurés au titre de 2019. Ceci s’explique aisément.

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Réglementairement, l’assureur n’est tenu de reverser que 85% de la performance, le solde constituant en quelques sortes sa marge. Par ailleurs, il n’est pas contraint de reverser immédiatement la performance revenant aux assurés. Il peut la garder en partie en réserve durant 8 ans. Or, les mises en réserves sont actuellement encouragées par les autorités. Enfin, il ne faut pas oublier que l’assureur facture aussi des frais de gestion. Pour toutes ces raisons, l’assuré ne récupère généralement que 50% à 60% du rendement généré par son argent.

Pour les fonds en euros immobiliers, la limite des 50% n’a même pas été atteinte en 2019. GVfM précise en effet que les actifs ont dégagé un rendement financier de 3,8% l’an passé. Or, les épargnant n’ont en moyenne perçu que 1,78% sur ces produits.

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