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Crédit immobilier : les meilleurs dossiers tirent leur épingle du jeu à la rentrée

Les courtiers notent une relative stabilité des taux d'intérêt, et un marché toujours fluide pour les meilleurs dossiers. Mais de nombreux emprunteurs restent exclus du marché, faute d'apport ou de capacité d'épargne suffisante.

Immobilier
Crédit: iStock.

En cette rentrée 2020, les courtiers en crédit notent peu de mouvement sur le front des conditions d’emprunt immobilier. Les taux d’intérêts moyens, qui se sont légèrement rétractés cet été, restent « toujours intéressants et aux mêmes niveaux que les mois précédents » selon Cafpi. Toutefois, la conjoncture est marquée par « une forte sélection des banques au niveau des dossiers, privilégiant les profils les plus intéressants, entraînant une baisse des taux moyens pratiqués », explique Philippe Taboret, directeur général adjoint de la société de courtage.

Même tendance observée chez Emprunt Direct, pour qui « nombre de dossiers très qualitatifs en termes de taux d’apport, émanant de ménages aux divers profils de revenus, sont susceptibles de bénéficier de décotes sur les taux, lesquelles peuvent être de 5 à 10 points de base », y compris sur des maturités allant jusqu’à 20 ans. Mais sur les durées de long terme, comme pour les prêts à 25 ans, « les taux sont, eux, stables pour l’ensemble des emprunteurs ».

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Des taux sous la barre de 1% sur 20 ans pour les bons profils

Chez Vousfinancer, les taux moyens observés sont actuellement de 1,10% sur 15 ans, 1,30% sur 20 ans et 1,55% sur 25 ans, mais pour les meilleurs profils, il est possible de négocier 0,7 % sur 15 ans, 0,95% sur 20 ans et 1,15% sur 25 ans, précise le courtier.

De manière générale, « les mouvements de taux ne pourront être imputables qu’à la capacité des emprunteurs à négocier leur dossier avec les banques à la recherche des meilleurs profils », indique Philippe Taboret. Les caractéristiques principales de cette clientèle prisée des établissements de crédit : un apport ; une capacité à épargner et à ne pas s’endetter de façon déraisonnable ; mais aussi ne pas pratiquer un métier à risques au regard de la crise sanitaire.

D’un autre côté, nombre de dossiers restent sur la touche. Si certains dossiers sans apport peuvent encore tirer leur épingle du jeu, Vousfinancer note pour sa part une hausse des crédits refusés ces dernières semaines, dont la part est passée de 5,5% des dossiers en 2019 à 10,7% à fin aout 2020. Et alors que le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui appelle les banques à la retenue, doit tenir sa réunion mensuelle dans les jours prochains, Vousfinancer appelle à « un assouplissement de ses recommandations en portant la part de flexibilité laissée aux banques à 30% de leur production, au lieu de 15% actuellement ».