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La joute commerciale du Perin va commencer

Le nouveau plan d’épargne retraite individuel, dit Perin, sera à l’affiche des établissements financiers cet automne. Le point sur les dernières offres proposées.

Chaque dernier trimestre de l’année civile sonne le rappel des placements permettant de réduire son impôt sur le revenu. Pour le Perin, c’est en fait une première ! Même si, à la fin de 2019, quelques établissements avaient lancé hâtivement leur offre, le véritable démarrage commercial est pour cet automne. Toutes les grosses enseignes ont désormais un Perin, voire deux, à disposition. Mais il ne faut pas s’y limiter, car certains assureurs ou mutuelles à la notoriété moindre sont aussi équipés de ce placement.

Pourquoi opter pour un Perin ?

Rappelons son cadre d’utilisation. Destiné aux actifs, il vise à se constituer un capital pour sa retraite. Avec deux points clés à connaître. Un, l’argent versé n’est pas récupérable avant sa retraite, sauf coup dur (décès du conjoint ou partenaire pacsé, invalidité sévère…) ou achat de sa résidence principale. Deux, les versements sont déductibles de son revenu imposable (sous certains plafonds).

Exemple : je verse 4000 euros dans un Perin, je profiterai dès l’année suivante d’une baisse d’impôt de 440 euros si je suis dans la tranche marginale à 11%, de 1 200 euros à 30%, de 1640 euros à 41% et de 1800 euros à 45%. Plus vous êtes imposable, plus le gain fiscal est important. Le plafond de déduction est, en outre, élevé, fixé pour un salarié à 10% de ses revenus de l’année précédente, eux-mêmes limités à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de l’année passée (32419 euros en 2020), sachant qu’on peut y ajouter ceux non utilisés les trois années précédentes et mixer son plafond et celui de son conjoint. Ces deux dernières règles ne sont pas valables pour les travailleurs non salariés, qui bénéficient, en revanche, d’un maximum de déduction supérieur (76 100 euros en 2020).

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Un choix délicat

Attention, les versements dans un produit d’entreprise réduiront le plafond global. Si la balance inconvénients/avantages est positive, il faut sélectionner un Perin de qualité. Pas évident, tant les produits sont lourds à décrypter, avec 20 à 50 pages de notice contractuelle, dans des termes jargonneux. Compliqué aussi car on en compte une bonne quarantaine sur le marché, au rapport qualité/prix très disparate. Parmi les Perin des grosses enseignes, ceux d’Agipi-Axa, de la Macif et du Crédit Mutuel Arkéa affichent les meilleures caractéristiques (voir Mieux Vivre Votre Argent n o 458). Les enveloppes commercialisées sur le Net par les sociétés de courtage (Altaprofits, Linxea, MeilleurPlacement, Mes-placements, etc.) sont souvent moins coûteuses en frais et plus fournies en solutions financières, davantage destinées aux épargnants autonomes.

Nouvelles offres

Mais pendant l’été, quelques offres très qualitatives sont apparues, notamment chez MMA, Agéas ou Caisse d’Epargne. On note celles des mutuelles spécialisées en épargne retraite, comme Ampli ou Medicis, qui s’ajoutent à celles de Garance ou de la MACSF. Soulignons également le lancement de produits très complets chez Primonial ou à l’association Gaipare. Face à cette abondance, il est essentiel de comparer et trier, car ce placement, même s’il est transférable d’un établissement à un autre (avec des frais les cinq premières années), va être conservé des années durant. Pas de panique, vous avez jusqu’à la fin de décembre pour cotiser et ainsi baisser votre impôt l’an prochain.