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Taux de crédit immobilier : le marché reste sous tension

Les banques accordent toujours plus prudemment des prêts en octobre. Les taux ont peu bougé, malgré quelques baisses concernant les meilleurs dossiers.

Le marché reste tendu en octobre. Si les barèmes des taux d’intérêts des crédits immobiliers n’ont pas sensiblement évolué à la hausse après la rentrée, offrant même quelques menues baisses, « l’heure n’est clairement plus à l’agressivité commerciale, et les banques restent frileuses quant à la délivrance de crédits à l’habitat », selon le courtier en crédit Emprunt Direct. Les établissements de crédit demeurent sélectifs et font preuve d’attentisme, même si quelques décotes sont encore possibles. Mais elles sont désormais « ciblées sur des dossiers très qualitatifs en termes d’apport, de revenus et d’activité professionnelle », précise Emprunt Direct.

Décrocher un crédit est compliqué

En octobre, « décrocher un prêt immobilier demeure compliqué pour bon nombre de particuliers qui achètent leur résidence principale et pour les investisseurs », abonde-t-on chez Artémis. La sélection s’est accrue sur le niveau de mensualités et d’apport personnel, lequel bien souvent doit représenter environ 20%, soit 10% du prix du bien auquel s’ajoutent les frais de notaire, d’après Artémis. Pour Vousfinancer.com, le marché est « à deux vitesses » ce mois-ci : « ceux qui peuvent emprunter, car ils ont un apport et un taux d’endettement inférieur à 33 %, bénéficient de taux très bas, quand les autres, ceux qui ne correspondent pas à ces critères ou sont considérés comme des profils à risque, voient leur crédit refusé ».

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Quoi qu’il en soit, le mouvement global d’allongement des durées s’observe sur des segments qui jusqu’ici y échappaient, y compris l’investissement. Emprunter sur 20 ans est ainsi « devenu la norme pour les investisseurs locatifs, sur 15 ans pour les sociétés civiles immobilières (SCI) et, enfin, sur 25 ans pour les acquéreurs de résidence principale », mesure Artémis. Les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), de limiter la production de prêts au-delà de 33% de taux d’effort et les prêts de plus 25 ans, sont suivies d’effet. « Les banques demeurent prudentes, une majeure partie des institutions financières respectant de manière stricte » ces limites, selon Emprunt Direct. Ce qui pourrait conduite à une chute de la production de 20% au dernier trimestre 2020, anticipent les courtiers.

Des éclaircies à l’horizon

Quelques bonnes nouvelles sont toutefois au programme : les taux d’usure ont remonté, ils atteignent 2,52% pour les crédits d’une durée de 10 à 20 ans et 2,68% pour ceux d’une durée de 20 ans et plus. Ce qui devrait « permettre à de nombreux emprunteurs solvables d’être à nouveau éligibles au prêt immobilier », espère Artémis. Enfin, côté assurance emprunteur, du mieux est aussi attendu, même s’il faudra encore attendre une validation définitive par le Parlement. En effet, ans le cadre du projet de loi sur l’Accélération et la simplification de l’action publique (Asap), les députés ont voté la possibilité de changer de contrat d’assurance emprunteur à tout moment, et non plus lors la première année du crédit immobilier ou à chaque date d’anniversaire. Mesure qui reste à entériner en commission mixte paritaire.

La moyenne de marché des taux constatés par les courtiers :

 septembreaoûtdelta
10 ans1,00%0,93%+0,07%
15 ans1,08%1,12%-0,04%
20 ans1,26%1,26%+0,00%
25 ans1,58%1,55%+0,02%