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Non, l’investissement locatif ne fait pas monter les loyers !

Les dispositifs d’investissement locatif, qui ont contribué à introduire massivement sur le marché des biens aux loyers plafonnés, pourraient « avoir modéré les loyers des logements produits avant cette période », d’après l’Anil et la FNAU.

Immobilier défiscalisé escroquerie Amiens

L’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil) et la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) battent en brèche les idées reçues sur la défiscalisation immobilière. Du moins, les deux structures, qui publient les résultats de leur étude sur les loyers pratiqués sur le segment des appartements construits après 2005, généralement financés en recourant à des mécanismes d’incitations fiscales à l’investissement – dont le Scellier, le Duflot ou le Pinel -, incitent-elles à la réflexion sur cette question.

Leur constat : les politiques en faveur de l’investissement locatif privé ont eu « un net impact sur le parc locatif produit après 2005, a minima sur sa structure voire sur ses prix ». En outre, alors qu’il est souvent accusé d’avoir un effet inflationniste sur les prix, l’investissement locatif, qui a introduit massivement sur le marché des biens aux loyers plafonnés, « pourrait même avoir modéré les loyers des logements produits avant cette période » d’après l’Anil.

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Offre concurrentielle

Les politiques d’incitation fiscale à l’investissement, qui ont pu orienter les stratégies de construction des promoteurs, ont ainsi eu pour effet d’axer une production vers les périphéries des agglomérations. Et ce, avec une construction moindre de studios que lors de la période 1991-2005. Or cette production spécifique, sur des segments de marché restreints, s’est avérée concurrentielle par rapport aux rendements locatifs générés avec des investissements dans l’ancien.

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Aussi, « les loyers des logements produits après 2005 sont légèrement moins chers que ceux de la période 1991-2005, voire identiques une fois les effets de structure neutralisés, notamment l’effet des loyers élevés des studios moins représentés dans le parc récent » selon cette étude. En effet, la production récente davantage tournée vers la périphérie et sur des 3 pièces est structurellement moins chère au m² que celle de la période précédente, plus fréquemment composée de studios ou de logements situés en centre-ville. Si cela des effets d’aubaine ont peuvent avoir été observés, « cela montre également l’influence qu’a pu avoir le parc récent sur la formation des prix, notamment sur les niveaux de loyers des générations précédentes », conclut l’étude.