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Affaire H2O : le malaise grandit dans l’assurance vie

L’affilié de Natixis Investment Managers a rouvert en partie ses fonds bloqués. Mais plusieurs assureurs ont décidé de s’en retirer, en les fermant aux nouvelles souscriptions ou aux versements.

Comme prévu, le 13 octobre dernier, la société de gestion a rouvert en partie aux souscriptions et aux rachats certains de ses fonds, bloqués depuis fin septembre. H2O Asset Management (AM) a scindé les fonds problématiques, en créant d’un côté des miroirs, « totalement liquides et (qui) disposeront des mêmes codes ISIN que précédemment » selon la société de gestion. Et de l’autre, la société a mis en place un fonds SP – « side pocket » – composé des actifs illiquides, ou très peu liquides. Ceux-ci « seront mis de côté jusqu’à ce que nous les vendions », explique sur son site l’affilié de Natixis.

Mais le monde de l’assurance, qui s’est particulièrement exposé à ces produits, n’a pas attendu l’échéance pour agir. Dans la foulée de Spirica (Crédit Agricole Assurances), qui a annoncé déréférencer les fonds de H2O AM il y a quelques jours, d’autres acteurs de poids ont annoncé leur retrait temporaire de ces fonds. En pratique bien souvent, en n’offrant aux épargnants que la possibilité d’en sortir, mais pas de procéder à de nouvelles souscriptions ni de versements.

Ouverture au désinvestissement

Ainsi, selon nos informations, Generali Luxembourg a aussi indiqué à ses partenaires conseillers en gestion de patrimoine le 13 octobre n’ouvrir qu’au « désinvestissement » les unités de compte adossées aux fonds liquides d’H2O. Conformément à ce qu’a indiqué H2O, en revanche, pour celles constituées du fonds illiquide, « aucune opération ne sera possible, a précisé l’assureur. Ces supports seront bloqués jusqu’à la liquidation des fonds par la société de gestion H2O AM, qui n’a pas encore communiqué de date ».

Une décision également prise par BNP Paribas Cardif et Apicil, d’après L’Argus de l’assurance. De son côté, Axa avait pris les devants le 15 septembre dernier, avant même le gel des fonds, a appris L’Agefi. En revanche, CNP Assurances aurait décidé « d’offrir la liquidité sur les fonds illiquides qui pourront être rachetés ou arbitrés vers d’autres supports sur la base de la valeur estimée publiée mensuellement par H2O », rapporte le site H24 Finance.

Niveau moyen de risque très élevé

Le niveau moyen de risque des fonds H2O fermés est de 6,4 sur une échelle allant de 1 à 7, selon Good Value for Money. « L’épargnant investissait donc dans des fonds d’un niveau de risque très élevé. Dans nos bases de données, le niveau de risque moyen de la gestion alternative est de 4,0. Investir sur un fonds dont le niveau de risque est de 7 signifie accepter une perte de l’ordre de – 30 % à – 50 % », explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site d’analyse. Reste à savoir si les épargnants qui ont investi via leur assureur ou leur conseiller financier avait bien conscience, ou non, des risques pris.