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Malus auto 2021 : il est possible d’y échapper !

Censé détourner les automobilistes des véhicules les plus polluants, le malus écologique qui frappe les voitures neuves va être alourdi l’an prochain. Pour certains, le coup de matraque sera violent. Pour autant, il est possible de passer entre les mailles du filet fiscal.

Dernière minute : le gouvernement a déposé un amendement au projet de loi de finances 2021 pour étaler sur trois ans la révision du barème du malus et atténuer l’effet de l’introduction d’un malus au poids. En clair, et sous réserve de modification, le seuil de déclenchement du malus en 2021 serait non plus de 131 g/km mais de 133 g/km, puis 128 g en 2022 et 123 g en 2023. Dans le même temps, le plafond maximal pour les voitures les plus polluantes serait de 30 000 euros en 2021 (contre 40 000 initialement prévu), puis 40 000 euros en 2022 et 50 000 euros en 2023.

A compter du 1er janvier prochain, le barème du malus écologique frappant les voitures neuves à l’immatriculation va être notablement alourdi, notamment pour les véhicules émettant plus de 225 g de CO2/km. Aujourd’hui, le tarif maximal qui leur est appliqué est de 20 000 euros, ce sera le double l’an prochain. Sur la Ford Mustang, par exemple, vendue à partir de 48 800 euros et émettant de 256 à 270 g/km, le malus atteindra 40 000 euros !

Un amendement au projet de loi de finances 2021, en cours de discussions parlementaires, prévoit même, à l’encontre des annonces de Bruno Le Maire et pour satisfaire la Convention citoyenne pour le climat, un nouveau malus lié au poids. Il toucherait les véhicules de plus de 1 800 kg. Les électriques, les hybrides, les véhicules roulant à l’hydrogène ainsi que les familles nombreuses auraient droit à des exonérations.

Mais globalement tout le monde (ou presque) sera touché : le seuil de déclenchement du malus est, en effet, abaissé de 138 g/km actuellement à 131 g/km (cycle WLTP). Et il ne s’agit là que d’une première salve, avant un nouveau durcissement en 2022. Pour échapper à la taxation, il va falloir ruser. 

A LIRE >>> Malus automobile : le détail de ce qui vous attend en 2021 et 2022

Profiter des (rares) minorations et exonérations

Certaines situations permettent en toute légalité d’être exempté de malus partiellement ou en totalité et devraient être reconduites en 2021. Ainsi, depuis 2008, une minoration est accordée aux familles nombreuses avec au moins trois enfants à charge (à la date de la première immatriculation) : soit une réduction de 20 g par enfant sur le taux d’émissions de CO2. Le véhicule doit posséder au moins 5 places assises et il peut être acheté ou loué (en LOA, location avec option d’achat et, à partir du 1er janvier prochain en LLD, location longue durée). L’avantage s’applique sur une seule voiture par foyer.

Exemple : une famille de 3 enfants achète un SUV Koleos de Renault qui émet 160 g de C02/km (cycle WLTP). Le malus 2021 est de 1 761 euros, mais grâce à la réduction de 60 g, il passe à… 0,00 euro (100 g de CO2/km).

Pour en profiter, il faut demander le remboursement via un formulaire téléchargeable sur Service-public.fr, à compléter et à transmettre au Centre des impôts (avec les pièces justificatives demandées) avant le 31 décembre de la 2e année suivant l’immatriculation (par exemple, avant le 31 décembre 2022 pour une voiture achetée en 2020).

Le handicap, lui, donne droit à l’exonération totale de malus. Il faut être titulaire d’une carte d’invalidité ou avoir un enfant mineur ou à charge handicapé à 80 %. Là aussi, l’avantage ne s’applique qu’à un seul véhicule par foyer. A noter : l’exonération s’applique d’office au moment de l’achat, et il ne faut pas hésiter à rappeler aux vendeurs l’existence de ce droit (articles 1010 bis à ter et 1011 bis à ter du Code Général des impôts).

Cibler le bon modèle

C’est le paradoxe du système du malus censé répondre à des préoccupations écologiques : basé sur les émissions de CO2, il favorise le diesel, naturellement moins émetteur de dioxyde de carbone que l’essence (même s’il pollue aussi avec l’émission d’oxyde d’azote et de particules fines).

Un rapide tour d’horizon du marché permet ainsi de s’apercevoir que nombre de versions roulant au gazole seront indemnes de tout malus l’an prochain. Ce qui peut être un critère incitatif au moment de l’achat (il faut, bien entendu, tenir compte d’autres facteurs comme les restrictions de circulation, la revente…). Pour les modèles carburant à l’essence, il faudra être vigilant sur les motorisations. Dans un cas comme l’autre, le niveau des finitions et les équipements feront également la différence, protocole WLTP oblige.

10 modèles qui échapperont au malus 2021

Dacia Sandero Stepway, prix à partir de 13 390 et 14 990 €

Tant en gazole qu’en essence, la Sandero évite le malus avec des émissions de 115 à 126 g/km pour la version Blue dCi 95  et de 115 à 123 g pour la version Eco-G 100 (qui accepte le GPL également).

Dacia Sandero Stepway (BJI CROSS) – PHASE 1. Crédit : Greg Jongerlynck

Peugeot 208 Blue HDi 100, prix à partir de 18 500 €

Si certains modèles de Peugeot seront touchés par le malus pour la première fois l’année prochaine (comme le 3008 Blue HDi émettant 136 g/km qui écopera de 170 euros), la 208 permet, elle, de s’en abstraire. Ici la version diesel avec 108 g/km d’émission. Idem pour l’essence avec la Puretech 75 (124 g/km, prix à partir de 16 000 €). Toutes deux en boîte manuelle (respectivement 6 et 5 rapports).

Peugeot 208 Crédit : BETC

Renault Clio TCe Zen, prix : 18 800 €

Le modèle phare de la marque au losange offre quelques motorisations permettant d’éviter la taxation telle cette version essence à boîte manuelle qui n’émet que 117-118 g/km. En diesel, le Blue HDi 115 fait encore mieux avec ses 109-111 g/km (finition Intens, prix : à partir de 23 500 €).

Renault Clio. Crédit : Anthony Bernier_Prodigious

Citroën C3, Puretech 110 S&S, prix : 21 600 €

La gamme C3 est peu émettrice de CO2, comme cette version essence à boîte manuelle (Pack Shine) épargnée par le malus (126 g/km). Les amateurs de diesel y trouveront aussi leur compte avec, par exemple, la Blue HDi 100 BVM6 et ses 112 g/km (prix de 22 750 euros avec le Pack Shine).

Citroën C3. Credit : Citroën

Volkswagen Golf 1.0 TSi 110 ch, Prix à partir de 27 540 €

Grâce à son moteur trois cylindres essence, qui délivre des performances suffisantes, la star allemande peut se targuer de n’émettre que 121 g/km. Attention aux équipements : dans notre configuration, rien que le toit ouvrant et des jantes plus grandes ont fait grimper les émissions à 124 g/km.

Golf Volkswagen. Crédit : Volkswagen

Ford Puma ST Line V 1.5 Eco Blue 120 ch, prix : 28 950 € avec remise

Et un SUV diesel épargné par le malus ! Le nouveau Puma avec la motorisation 1.5 Eco Blue de 120 chevaux affiche 99-121 g/km d’émissions en boîte manuelle. Et comme pour toutes les Ford, la remise est importante (prix sans : 30 700 €).

Ford Puma. Crédit : Ford

Kia Ceed 1.6 CRDi 136 ch ISG, prix : 28 999 €

En diesel, ce modèle best-seller de la marque est plus propre qu’en essence : 130 g/km d’émission, contre de 135 à 140 g/km pour les 120 et 140 ch essence. Boîte manuelle à 6 rapports et finition GT Line.

Kia Ceed. Credit : Kia

DS3 Crossback Blue HDi 130, prix : 35 250 €

Bon élève, la DS3 Crossback évite la taxation grâce à des émissions de 126 g/km en version diesel et avec la finition Connected Chic. L’essence Puretech 100 est, elle, aussi sous la barre fatidique des 131 g/km (127 g/km).

DS3 Crossback. Crédit : DS STyle

Mercedes Classe A 200d 150 ch, prix : 35 049 €

La gamme diesel a été travaillée pour contenir les émissions de C02. Cette version en finition Style Line et boîte automatique (8 g-DCT) n’émet ainsi que 112 g/km. Pour le reste, c’est une Mercedes pur jus : technologique et bien finie.

Mercedes-Benz A-Klasse. Crédit : Mercedes

BMW 316d 122 ch, prix à partir de 38 899,99 €

Parmi les thermiques échappant au malus, la série 3 en version diesel 116d (boîte automatique) n’émet que de 115 à 130 g/km. Soit pile poil en dessous du seuil minimum de déclenchement du malus. Côté essence, toutes les motorisations seront taxées.

BMW 316d. Crédit : BMW