Assurance vie: voici comment débusquer les meilleurs fonds en euros

Les contrats d'assurance vie distribués par les réseaux bancaires ouverts au grand public sont à la traîne, rapportant autour de 1,50 %, voire moins de 1 % pour ceux sortis de la commercialisation. ©iStockPhoto

Chacun l’aura constaté sur son ou ses contrats, les fonds en euros rapportent chaque année un peu moins que la précédente. Quinze ans que ça dure ! D’après le baromètre 2017 de l’épargne-vie individuelle du cabinet d’études Fact & Figures, la baisse devrait se poursuivre en 2017 et 2018, avant que les rendements ne se stabilisent. Quant à parler de remontée… Malgré ce sombre tableau, le fonds en euros reste plébiscité : autour de 70 euros sur 100 versés en assurance vie viennent s’y loger. Logique, ce support garantit votre capital à tout instant. Un léger recul est toutefois perceptible cette année, sous la pression des établissements financiers qui vous poussent vers d’autres solutions plus rentables pour eux comme pour vous. Du moins sur le papier.

Des gains qui varient de 1 à 6 selon le contrat

Allons droit au but, le marché des fonds en euros est un énorme leurre. Le taux moyen 2016 de 1,80 % (selon la Fédération française de l’assurance) ou de 1,93 % (selon l’ACPR, le régulateur du secteur financier) masque des rendements courant de 0,50 % (voire moins) à 3,60 % (voire plus pour des vieux contrats bénéficiant de taux garantis à 4,50 %). Un gouffre ! Le livret A présente un rendement unique pour tous, l’assurance vie, c’est tout l’inverse. Et ce, chaque année. Relisez bien, vous pouvez gagner jusqu’à six fois plus selon le fonds en euros détenu ! Insistons par l’exemple. Prenez deux fonds en euros ayant présenté chaque année un écart d’un point de rendement, avec un taux moyen de 3 % sur les huit dernières années pour le premier et de 4 % pour le second. Vous y avez placé 10 000 euros net. Huit ans plus tard, le contrat 1 affiche 12 668 euros quand le contrat 2 se montre plus généreux avec 13 686 euros cumulés. CQFD. D’ailleurs, un autre élément va faire la différence quant à la croissance de votre capital, il s’agit des frais pris sur les versements. Là encore, le marché est très hétérogène, avec des chargements allant de 0 % à… 5 %, Illustration : vous versez 10 000 euros. Dans le contrat à 0 % de frais sur versements, votre capital de départ est bien de 10 000 euros. Dans le second, avec un taux de frais par exemple de 4 %, il sera de 9 600 euros. Vu le niveau des rendements actuels, il vous faudra plus de deux ans pour amortir cette ponction. Sachez que les frais pris sur les versements sont en moyenne de 3 % ; visez clairement au-dessous et négociez si besoin.

A LIRE >>> Assurance vie : quel rendement pour votre contrat en 2017 ?

Cumulés, ces deux points – les taux de rendement et de frais sur les versements – font qu’il existe sur le marché de l’assurance vie de très bons, de bons, de mauvais, et de très mauvais contrats avec fonds en euros. Et surtout, ne croyez pas votre conseiller financier qui voudrait vous persuader que tout se vaut, peu ou prou, sur la durée. C’est faux. Partant de là, que faire ? C’est assez simple, soyez radical. Vous avez déjà un contrat ? Qu’a rapporté son fonds en euros en 2016 ? Moins de 1,80 % ? Changez-en sans tarder, d’autant que la remontée de l’inflation menace. Selon l’Insee, à la fin d’août, sur un an glissant, les prix à la consommation avaient progressé de 0,90 %. Si vous détenez un contrat qui rapportera cette année autour de 1 %, sachez d’ores et déjà que votre gain « réel » (net d’inflation) sera nul. Si, pour des raisons fiscales, vous souhaitez quand même conserver votre vieille assurance vie qui n’avance plus, n’y versez alors plus un sou et ouvrez un contrat de meilleure qualité.

Si le fonds en euros de votre contrat est un peu meilleur, autour de 2 %, interrogez-vous : quelle est la tendance ? Comment l’assureur traite-t-il ses autres contrats ? Ai-je du temps devant moi ? Si oui, là encore, n’hésitez pas : cap sur des produits plus rémunérateurs et qui le resteront. Enfin, si vous n’avez pas encore de contrat, mettez tout de suite le cap sur l’excellence. A bien y regarder, trois catégories de contrats font mieux que les autres : ceux distribués par de véritables associations d’épargnants, ceux de certaines mutuelles, et enfin les contrats des courtiers en ligne.

Tournez-vous vers les plus solides sur la durée. Pour le reste, sachez que les contrats bancaires ouverts au grand public sont à la traîne, rapportant autour de 1,50 %, voire moins de 1 % pour ceux sortis de la commercialisation. Les gros assureurs (Allianz, Axa, etc.) font un peu mieux mais au dépens de frais élevés. Nos Grands prix annuels de l’assurance vie (voir notre numéro de mai) sont vos meilleurs alliés pour vous repérer, avec notre Guide de l’assurance vie qui permet de parfaire votre connaissance du marché.

Huit contrats pour durer

Contrat (distributeur)

Frais sur versements

Taux 2016 (1)

Taux sur 4 ans (2)

Altiscore Multisupports (Groupe Pasteur Mutualité)

1,00%

2,55%

12,99%

Ampli-Grain 9 (Ampli Mutuelle)(3)

3% (4)

3,00%

13,87%

Compte Epargne Libre Avenir Multisupport (MIF)(5)

2,00%

2,60%

Contrat multisupport Afer (Afer/Aviva)

2,00%

2,65%

12,83%

Dynavie (Monceau Assurances)

5,00%

2,50%

13,49%

Epargne Retraite 2 Plus (Asac-Fapès)

2% (4)

2,80%

12,86%

Multéo Série 2 (GMF)

2,00%

2,50%

11,90%

RES multisupport (MACSF)

1,00%

2,40%

12,28%

(1) Net de frais de gestion, avant prélèvements sociaux. (2) Taux cumulé sur 2013-2016, net de frais de gestion, avant prélèvements sociaux. (3) Contrat monosupport. (4) Frais dégressifs. (5) Ce contrat n’a pas 4 ans d’existence.

 

Des fonds euros alternatifs d’assurance vie… sous contrainte

Cette chasse aux meilleurs fonds en euros doit toutefois être assortie de quelques mises en garde. D’abord, restez lucide sur les conséquences fiscales d’un changement de contrat. Si vous détenez un très vieux produit, souscrit avant les années 2000, il peut être intéressant de le conserver. Pensez à la carte du transfert (dit Fourgous) qui permet de passer d’un vieux contrat en euros à un multisupport, en conservant l’antériorité fiscale au sein d’une même compagnie. Vous pourrez ainsi bénéficier d’un contrat au fonds en euros généralement meilleur, mais il vous faudra, en parallèle, placer au moins 20 % de votre capital sur des fonds risqués. Est-ce votre souhait ?

Autre mise en garde : il existe sur le marché quelques fonds en euros qualifiés d’alternatifs. Contrairement aux fonds en euros précités, adossés à 85 % en moyenne sur des obligations, ceux-ci sont fortement investis en actions ou en immobilier. A la clé, les rendements ont été souvent plus flatteurs ces dernières années. Exemple : Sécurité Pierre Euro (du contrat Sérénipierre), très investi dans la pierre, a rapporté 3,60 % en 2016 ! Problème, les contraintes sont lourdes pour accéder à ce type de support. Avec Sérénipierre, il faut placer au moins 50 % de son versement sur des fonds risqués. Les rendements des fonds en euros plus dynamiques (investis en actions principalement), sont aussi très variables d’une année à l’autre. Bref, vigilance. Vigilance aussi sur un autre type de fonds en euros, les « eurocroissance ». Ils ne garantissent pas le capital avant un terme lointain (au moins huit ans), à éviter donc. Dernier écueil, et non des moindres, vous allez vous heurter aux… assureurs. Tous veulent que vous renonciez au fonds en euros. Tout est donc fait pour vous en détourner. Certains lancent des opérations de bonification du rendement pour vous inciter à investir sur des supports risqués en parallèle (Axa, Groupama, Swiss Life…), d’autres ferment partiellement l’accès du fonds en euros avec impossibilité d’y verser 100 % de sa mise (Apicil, Spirica, ), d’autres encore réalisent des opérations 0 % de frais sur versements mais uniquement sur les fonds risqués (MACSF, MIF), etc.

Question : l’intérêt des assureurs est-il le vôtre ? Certes, il est juste de dire que vous pourriez gagner davantage avec peu de risque. Certes, plus vous versez sur les fonds en euros aujourd’hui, plus les assureurs doivent investir cet argent dans des conditions peu rentables, ce qui alimentera la baisse des rendements servis demain. Pour autant, ne vous méprenez pas sur le dis cours de votre interlocuteur financier. Assureurs et distributeurs des contrats dégagent davantage de marges en vous orientant sur tout autre support que le fonds en euros. Peu vous importe, si vous voulez la garantie du capital permanente dans votre assurance vie, nul autre choix pour vous que d’investir sur le fonds en euros. On en trouve encore af fichant de beaux rendements, profitez-en !

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