Selon la Fédération française de l’assurance, sur 100 euros versés en assurance vie, autour de 70 atterrissaient encore à l’automne dernier sur les fonds en euros des assurance vie, réceptacle garantissant le capital investi. Pourtant, les assureurs font tout pour vous en dissuader. Quasiment plus un seul ne loue les attraits de ce support.

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Qu’importe, seul compte votre projet, votre profil, votre horizon de placement. Si vous recherchez avant toute chose la sécurité, pas d’alternative, seul le fonds en euros vous concerne. Reste la question du rendement. Encore inconnus à cette heure, les taux 2017 pointeront à la baisse.

Le rendement moyen du marché devrait plafonner à 1,50 % avant taxes sociales. Une fois celles-ci déduites, on flirtera autour de 1,25 %. Soit un rendement réel quasi nul, compte tenu d’une inflation annuelle estimée à 1,20 % (en novembre 2017, sur un an glissant).

Des écarts de performance qui doivent vous alerter

Et en 2018 ? L’érosion va se poursuivre plus lentement, avec un taux moyen anticipé à 1,30 %. Ce n’est pas une surprise. Bernard Delas, vice-président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur du secteur, indiquait aux assureurs à la fin de novembre 2017 que « le mouvement de baisse des rémunérations servies [devait] se poursuivre ».

En parallèle, les compagnies gonflent leurs réserves de rendement, pourtant déjà élevées, qui pesaient 3,1 % des encours à la fin de 2016. Mais ces discours et ces chiffres ne doivent pas vous égarer. Derrière le taux standard à 1,50 % pour 2017, la réalité sera tout autre. L’échelle des rendements va en fait courir de 0,20 % environ à près de 3 % pour les meilleurs fonds en euros !

Des écarts choquants, parfois relevés au sein d’une même compagnie entre ses différents contrats, sans que l’ACPR ne s’en émeuve. Passons, et retenons surtout que pour les nombreux épargnants qui ont investi sur des fonds en euros médiocres, rapportant moins de 1 % en 2017, la valeur réelle de leur capital, une fois déduits les taxes sociales et l’inflation, pointera à la baisse.

Alors, que faire ? Le fonds en euros est un élément majeur de la sécurisation de votre patrimoine financier. Vous ne trouverez pas de solution alternative présentant la même liquidité, hormis les livrets d’épargne réglementés. Mais ces derniers sont plafonnés et affichent des rendements agonisants (0,75 % pour le livret A). Profitez donc de la réforme fiscale pour porter votre épargne sur des contrats aux fonds en euros efficaces. Et fuyez les mauvaises solutions.

Un exemple ? 10 000 euros nets investis début 2012 sur le Contrat multisupport Afer valaient cinq ans plus tard 11 673 euros. Sur Vivaccio Ambre de La Banque Postale, seulement 10 895 euros. Votre objectif : viser mieux, mais juste. Prudence à l’égard des fonds en euros très performants, mais qui vous accueillent uniquement si vous investissez en parallèle sur des supports risqués. Considérez aussi avec attention les possibilités de diversification et le poids des frais. Votre contrat d’assurance vie est un tout.