Début 2018, elle totalisait 1 681 milliards d’euros d’encours contre 1 130 dix ans plus tôt : l’appétit des Français pour l’assurance vie est insatiable. Elle n’a même pas souffert des évolutions fiscales récentes.

A dire vrai, peut-il en être autrement ? Les placements financiers concurrents, livret A en tête, font pâle figure face à ses atouts. Ses avantages fiscaux, d’abord, restent importants, notamment pour la transmission. Sa souplesse, ensuite, permet d’y verser ou d’y puiser sans contraintes, qui plus est sans plafond de versement. Enfin, son offre financière – fonds en euros garanti, fonds actions, pierre papier (SCPI, OPCI…), gestion pilotée, etc. – est suffisamment étoffée pour satisfaire tous les profils d’investisseur.

Le décor est planté. Sauf que tout épargnant bute un jour sur cette épineuse question : quel contrat choisir ? Réponse difficile. Et pour cause, le marché de l’assurance vie est un maquis. Nul ne sait vraiment combien de produits sont en cours de commercialisation aujourd’hui. Plusieurs centaines assurément, même si une petite cinquantaine d’entre eux rassemble l’essentiel de l’encours, les contrats des réseaux bancaires captant près des deux tiers de la collecte.

232 produits évalués selon des critères rigoureux

Surtout, les contrats disponibles sont de qualité très inégale. Seule solution : les trier méthodiquement, en passant au crible les frais, la souplesse, les performances, etc. Nous l’avons fait pour vous. Depuis 2004, les Grands Prix de l’assurance vie de Mieux Vivre Votre Argent évaluent l’essentiel du marché à l’aune d’une méthodologie solide (lire plus bas). Tous les assureurs sont interrogés, tous leurs contrats sont scrutés et notés, sans complaisance aucune.

Sur notre ligne de départ cette année : 232 assurances vie. A l’arrivée, deux podiums : sur l’un, les meilleurs contrats, avec un accent particulier mis sur le fonds en euros ; sur l’autre, les meilleurs multisupports pour diversifier son épargne sur les marchés financiers. Dans le lot, certains contrats ne sont pas classés car fermés à la commercialisation. Ils font toutefois partie intégrante de l’analyse, de nombreux épargnants détenant ces produits.

Inversement, les assurances vie n’ayant pas quatre ans d’existence ne sont pas classées pour écarter les acteurs opportunistes qui lancent des offres sans lendemain. Au passage, délivrons un carton rouge aux établissements qui n’ont pas répondu à nos demandes : AFI Esca, Barclays, Groupe Pasteur Mutualité ou encore MMA. Pour ceux dont nous avons néanmoins pu nous procurer les données, les contrats ont été analysés.

Contrats en euros : les assureurs brouillent les cartes

Abordons le sujet sensible du fonds en euros, pièce centrale des Grands Prix de Mieux Vivre Votre Argent. Quoi qu’en dise votre conseiller financier, ce support d’investissement n’est pas mort. Un : il reste prisé par les épargnants, captant 70 % de leurs versements. Deux : la baisse de son rendement depuis quinze ans a atteint un plancher, sa remontée est espérée pour 2018 ou 2019.

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Alors que les assureurs brouillent les cartes quant aux rendements véritablement attribués – taux variables selon les investissements en fonds risqués, taux moyens annoncés sans préciser les taux minimaux, taux d’anciens contrats non fournis, etc. – , notre choix est clair : juger uniquement les rendements nets minimaux attribués, ce qui a pénalisé de grosses compagnies comme Allianz, Axa, Groupama ou Swiss Life. Nous avons aussi durci notre critère sur l’accès au fonds en euros, de plus en plus soumis à condition chez les assureurs.

Investir sur le bon contrat, mode d’emploi

Tirons maintenant trois enseignements majeurs de cette édition 2018. Premier point, notre podium principal consacre trois monosupports en euros. A l’heure où les professionnels vous pressent plutôt d’investir sur des fonds risqués, cette photo détonne. Quelle cohérence, pourtant : investir sur un « bon » contrat en euros revient à protéger son capital dans un cadre souple. Rien ne vous empêche de souscrire en parallèle un multisupport de qualité pour diversifier votre investissement. Assez méconnus, ces trois lauréats sont la preuve par l’inverse que la notoriété d’un établissement ne fait pas la qualité d’un contrat.

C’est notre second constat, sans équivoque : les acteurs les plus renommés – banques et grosses compagnies d’assurances – déçoivent. Zoom sur quelques produits grand public : Vivacciode La Banque Postale, est 136e et bon dernier, guère mieux pour Horizéo, de Banque Populaire (131e), ou Sogévie, de la Société Générale (120e). Notez que la Caisse d’Epargne, en 2016, et le Crédit Agricole, en 2017, ont largement renouvelé leur offre, dont les premiers résultats ne sont guère flatteurs.

Troisième enseignement : à bien y regarder, il existe sur ce marché une bonne quantité de contrats aux qualités évidentes. Certains établissements se positionnent ainsi chaque année dans le premier tiers du classement, tels la GMF avec Multéo (34e), la Maaf avec Winalto (41e), la Maif avec Assurance vie Responsable et Solidaire (45e), La France Mutualiste avec Actépargne2 (49e), ou encore la SMABTP avec Batiretraite MultiCompte (51e). Une stabilité rassurante.

Une vingtaine d’assureurs font même mieux en décrochant nos mentions « très bien » (note supérieure à 16) ou « bien » (note entre 14,5 et 16). Aux portes du podium, l’association Afer (5e) reste une référence indiscutable, tout comme l’association Gaipare (7e). Ce sont toutefois les contrats commercialisés sur la toile qui font mouche en trustant en nombre nos mentions. Dans ce panel digital s’intercalent des solutions plus académiques et néanmoins performantes, proposées par les mutuelles MACSF, Le Conservateur et AGPM, ou plus inattendues, par les services financiers d’Auchan (Oney) ou de Carrefour.

Du côté de notre prix dédié aux multisupports, l’analyse est sensiblement identique : insuffisances des contrats bancaires (sauf ceux réservés à la clientèle patrimoniale), bon positionnement des associations d’épargnants et mainmise des courtiers en ligne, comme en témoigne notre podium mais aussi notre sélection de contrats bien classés. Sur Internet, la hiérarchie tend toutefois à bouger. L’offre pilotée par Generali recule à cause de fonds en euros moins performants alors que Suravenir (filiale du Crédit Mutuel Arkéa) fait la course en tête devant les contrats de Spirica (filiale du Crédit Agricole). Notons la percée de Swiss Life dont le contrat Titres@Vie distribué par Altaprofits se classe quatrième.

Fort de ces résultats, reste une question : que faire ? Si vous n’avez pas encore de contrat ou comptez en souscrire un nouveau, appuyez-vous sur notre classement sans sourciller. Quelque 10 000 contrats sont souscrits chaque jour en France ; faites donc les bons choix. Vous êtes déjà équipé ? Notre enquête va vous permettre de situer votre assurance vie et d’en tirer les conséquences. Dans tous les cas, la vocation des Grands prix de Mieux Vivre Votre Argent est bien celle-làvous donner les clés pour agir en autonomie. Indirectement, puisse notre travail pousser aussi les assureurs à améliorer leur offre dans un sens favorable aux épargnants.

 

Notre méthodologie des Grands Prix des contrats d’assurance vie

Notre point de départ, évaluer chaque contrat sur 20 points à partir d’une grille de critères identique. La note se découpe en deux parties : une note technique sur 8 points et une note financière sur 12 points. Elément clé : seuls les contrats commercialisés et ayant quatre ans d’existence sont classés. Entrons maintenant dans le détail de la notation. Sur un plan technique, chaque contrat est analysé selon des critères pratiques : son ancienneté (gage de qualité dans le temps), ses frais sur versements (élément clé pour optimiser votre investissement), ses frais de gestion annuels (pesants dans la durée), l’inclusion d’arbitrages gratuits (pour faire évoluer votre investissement), sa souplesse de fonctionnement (accessibilité du fonds en euros, retraits programmés avec ou sans frais, avance et sortie en rente possibles ou non). La note financière est établie à partir du rendement du fonds en euros selon sa performance nette de frais cumulée sur les quatre dernières années (2014 à 2017 inclus). Quand un contrat comprend plusieurs fonds en euros, une moyenne est effectuée. Concernant le prix dédié aux multisupports, la note du fonds en euros est ramenée à 7 points. Les cinq points ainsi dégagés sont réservés pour juger la richesse de l’offre financière du contrat : nombre de fonds et de sociétés de gestion, variété des types d’actifs proposés, options de gestion, présence d’une gestion pilotée ou déléguée, etc.