En 2017, les fonds en euros auront rapporté 1,67% net (hors prélèvements sociaux) selon le baromètre de l’épargne vie publié par le cabinet en stratégie Fact & Figures. Un taux inférieur à l’estimation de la Fédération française de l’assurance à 1,80%. Mais le constat est le même, les assureurs ont l’an dernier limité la baisse des rendements, notamment grâce aux performances de l’immobilier et des marchés actions, deux actifs qui représentent 15% du portefeuille des fonds en euros. Partant de là, qu’en sera-t-il cette année ? Pour le cabinet, la fourchette de tir sera entre 1,40% et 1,80%, expliquant qu’il y a « bon nombre de facteurs susceptibles de contribuer à la baisse comme à la hausse du rendement des fonds en euros ».

Scénario 1 : une érosion de 10 à 30 centimes

Commençons par l’hypothèse négative, avec un taux plancher à 1,40%. Les raisons du scénario noir ? D’abord, la persistance d’un contexte de taux obligataires bas (0,82% sur les 5 premiers mois de l’année pour l’OAT France 10 ans). Sachant que les obligations pèsent environ 80% des investissements réalisés par les assureurs dans leurs actifs en euros, cela contribuerait à une nouvelle érosion des rendements. Ensuite, la volatilité accrue des marchés actions n’est pas de très bonne augure pour dégager des plus-values significatives comme en 2017.

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Le cabinet Fact & Figures voit aussi dans la loi Pacte, dont la présentation est attendue mi-juin, un élément déstabilisant pour les fonds en euros. Ce texte va viser une relance forte des fonds euro-croissance, qui sont une sorte d’alternative aux fonds en euros classiques. Sur un plan commercial, une remontée des rendements de ces derniers serait malvenue pour la réussite de l’euro-croissance. Autre problème : la réglementation autorise les compagnies à ponctionner dans le rendement des fonds en euros classiques pour doper celui des euro-croissance. CQFD.

Scénario 2 : une légère remontée

Tout aussi plausible est la remontée des taux servis, jusqu’à 1,80% selon Fact & Figures. La tenue des marchés financiers sera à ce titre déterminante. Plus la Bourse grimpe, plus les assureurs perçoivent des dividendes des sociétés cotées et plus ils réalisent des plus-values, deux sources de rendement pour les fonds en euros.

Plus globalement, la réponse viendra de la stratégie commerciale des bancassureurs, qui tiennent les deux tiers du marché de l’assurance vie. Alors qu’ils n’ont pas baissé les taux servis en 2017, que feront BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Agricole ou encore la Caisse d’Epargne cette année ? Le lancement de nouvelles offres ces deux dernières années dans certains réseaux bancaires, dont tout récemment chez LCL porte à l’optimisme.

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Enfin, dernière raison, les assureurs en ont sous le pied. Traduction : ils disposent de réserves de rendement (participation aux bénéfices dans le jargon) importantes, représentant 3,35% des encours fin 2017 selon les estimations du cabinet. 2018 pourrait une année de redistribution partielle de ce pactole.

Sous la menace de l’inflation

Reste un élément perturbateur : l’inflation. Elle vient ronger les taux faciaux annoncés. En 2017, après déduction de la hausse des prix, le rendement réel des fonds en euros aura ainsi été de 0,5% seulement. Cette année, même si les taux servis par les assureurs augmentaient légèrement, le pouvoir d’achat de l’épargne sera-t-il maintenu ? Non, au vu du niveau actuel de l’inflation à 2% (sur un an glissant, de mai à mai). « C’est l’enjeu des prochaines années », pour le cabinet en stratégie. Et de craindre que les rendements réels des fonds en euros deviennent durablement négatifs. Du reste, la hausse des prélèvements sociaux de 15,50% à 17,20% va aussi rogner le taux réel de ce placement.

La chasse aux bons fonds en euros

Reste une recommandation essentielle pour l’épargnant. La moyenne des rendements est une information. Mais comme toute moyenne, elle masque des écarts importants. La bonne stratégie est évidemment d’aller chercher les contrats qui la tirent vers le haut. L’an passé, les taux servis se sont échelonnées de 0,80% à environ 3%.

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Ces écarts vont se renouveler en 2018, peut-être même se creuser compte tenu des incertitudes de marché. Dès lors, pour les investisseurs, la chasse aux meilleurs fonds en euros reste assurément ouverte !