Assurance vie : les experts dévoilent leurs hypothèses de rendement moyen des fonds en euros pour 2018

Quelles tendances pour les rendements des fonds en euros des contrats d’assurance vie pour 2018 ? Une nouvelle baisse ? Les assureurs pourraient maintenir leur taux autour de celui de l’inflation.

Crédit: istock.

L’assurance vie, placement préféré des épargnants français, voit ses rendements continuer à s’effriter, en premier lieu sur ses fonds à capital garanti, et risque de continuer sur cette voie l’an prochain faute de remontée des taux historiquement bas. « Notre hypothèse de rendement moyen en 2018 est de 1,6%, soit une légère baisse par rapport au taux de 1,8% en 2017 », a déclaré à l’AFP Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet d’études Facts and Figures. L’agence de notation Fitch table elle aussi sur le maintien du taux de rendement moyen « à un niveau bas » cette année.

Ces chiffres concernent les contrats investis en fonds « euros », placements modestement rémunérateurs, mais dont le capital est garanti. Toujours largement majoritaires en 2018, les fonds euros ont pour principale caractéristique d’être investis pour une très large part sur des terrains réputés peu risqués comme les emprunts d’État. Mais dans un contexte de taux très bas, conséquence − entre autres − des politiques très interventionnistes menées ces dernières années par les grandes banques centrales mondiales, ces placements n’ont cessé de voir leurs rémunérations s’effriter.

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Cette tendance va se poursuivre au moins en 2018. Dans ce contexte, la grande majorité des compagnies d’assurance tentent ces derniers mois de gonfler les placements en unités de compte (UC), qui ne donnent aucune garantie à l’épargnant de conserver l’argent investi, mais lui promettent des rendements potentiellement supérieurs grâce à une prise de risque accrue.

L’inconnue de l’inflation

« Ce qui va jouer contre le rendement de l’année 2018 par rapport à l’année 2017, c’est aussi que les marchés financiers sont plutôt en baisse, là où on avait eu une augmentation de 8% à 9% l’année dernière pour le CAC 40 », relève auprès de l’AFP Philippe Crevel, le directeur du Cercle de l’épargne.

Une inconnue sera particulièrement scrutée, à savoir le rythme de la hausse des prix à la consommation. L’inflation a ralenti à 1,9% en novembre sur un an après avoir atteint 2,2% en octobre.

Pendant longtemps, l’inflation européenne est restée significativement faible et bien inférieure aux taux servis par les compagnies d’assurance. Sauf que la remontée des prix depuis plusieurs mois vient mécaniquement dégrader le rendement réel des placements financiers.

Dans ce contexte, « il va donc être compliqué pour les assureurs d’expliquer une nouvelle diminution des taux servis (…). Une nouvelle baisse est possible, mais celle-ci devrait rester limitée dans son ampleur », explique à l’AFP Marc-Philippe Juilliard, directeur chez SP Global Ratings.

« Mon analyse c’est que les assureurs vont essayer de maintenir le rendement autour du taux d’inflation, aux alentours de 1,7% ou 1,8%, quitte à puiser dans leurs réserves » dans un contexte de compétition intense, anticipe M. Crevel.

Incertitudes pour 2019

Concernant 2019, « l’incertitude est forte quant à l’évolution de la conjoncture. (…) Si la situation ne s’améliore pas, on serait plutôt sur une baisse, ça se jouerait aux alentours de 1,5%. Et si la situation se rétablit, on pourrait rester autour de 1,6% ou 1,7% sur 2019. Il y a une incertitude liée à la situation économique et sociale », anticipe Philippe Crevel.

« Si les assureurs n’augmentent pas les taux servis sur l’assurance vie, les rendements vont devenir négatifs », s’inquiète pour sa part François Carlier, délégué général de l’association de consommateurs CLCV.

Selon l’association, les compagnies d’assurance ont pourtant la possibilité de faire mieux en augmentant leur taux de distribution. Car lorsque les assureurs promettent un certain taux de rémunération à leurs clients, leurs investissements leur rapportent en réalité généralement plus que ce taux, ce qui leur permet d’utiliser une partie pour se rémunérer ou constituer des réserves.

« Les taux de distribution sont bas, ils sont inférieurs à 75%. Les assureurs nous disent que ce taux va remonter, mais au bout d’un moment on se demande quand, on a l’impression que c’est jamais », tacle M. Carlier.

Au cours des dix premiers mois de 2018, les compagnies d’assurances ont enregistré une collecte nette vigoureuse de 20 milliards d’euros et l’encours des contrats d’assurance vie s’élevait à 1.700 milliards d’euros à fin octobre 2018, en progression de 1% sur un an.

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Réactions et commentaires

08/12/2018 at 09:16
pierre

l’épargnant est dans une forte zone d’incertitudes .Le Livret A rapporte de moins en moins comparativement au taux d’inflation .L’immobilier est très aléatoire d’autant que la législation fiscale ne lui est guère favorable . L’assurance vie en euros ne rapporte pas mais on n’y perd pas puisque les taux seront en concordance avec le taux d’inflation .Restent les actions et les SCPI pour l’instant et encore .Sombres perpectives

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