L’assurance vie en 2018 rapporte globalement moins

L’assurance vie a globalement moins rapporté en 2018, avec une nouvelle baisse de rendement des fonds en euros et cette tendance, continue depuis une dizaine d’années, interpelle des associations de consommateurs sur la juste répartition des bénéfices.

Le recul des taux s'inscrit dans la tendance des prévisions qui tablent en moyenne en 2018 sur un taux de rémunération moyen des fonds en euros à 1,6%. Crédit: istock.

Traditionnellement, en janvier, les assureurs révèlent la rémunération de leurs contrats d’assurance vie sur l’année précédente. Les taux dévoilés jusqu’ici affichent au mieux leur stabilité mais plus globalement un repli compris entre 0,10 et 0,25 point par rapport à 2017.

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Ce recul s’inscrit dans la tendance des prévisions qui tablent en moyenne en 2018 sur un taux de rémunération moyen des fonds en euros à 1,6% contre 1,8% en 2017, selon les estimations du cabinet d’études Facts and Figures. « Il faut attendre les publications des gros assureurs du marché pour réellement confirmer ou infirmer le niveau de la baisse. Mais pour le moment, nous sommes au niveau de baisse anticipé de 0,20% », déclare Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures et fondateur du site internet Good Value For Money.

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Ces chiffres concernent les contrats en fonds euros, dont le capital est garanti, mais s’avèrent peu rémunérateurs car une grande partie de l’argent collecté par les compagnies d’assurance est investi dans des obligations d’Etat dont les taux ont atteint un niveau extrêmement bas, actuellement de l’ordre de 0,65 à 0,70%. Néanmoins, « l’assuré est gagnant puisqu’il bénéficie aujourd’hui du niveau de rendement d’obligations souscrites il y a quelques années à des taux plus élevés », explique M. Chartier-Kastler.

Plus de 50 milliards d’euros en réserve

Mais du côte d’associations de consommateurs, la faiblesse continue du niveau de rémunération de l’assurance fait débat. Dans son dernier palmarès de l’assurance vie, publié en décembre, l’association CLCV s’inquiétait pour « les épargnants détenteurs de fonds en euros (qui allaient) se retrouver en perte de pouvoir d’achat avec leur économie » en l’absence de taux de rendement plus élévés.

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D’autant plus que « ce sont les gains avant prise en compte de l’inflation qui sont soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt », précise CLCV. Or l’inflation s’est accélérée en 2018 atteignant 1,8%, selon les chiffres publiés mardi par l’Insee.

L’autre point sensible pour CLCV se situe dans la mise en réserve d’une partie des bénéfices, nommée provision pour participation aux bénéfices (PPB), dans laquelle les assureurs peuvent piocher pour proposer des taux corrects pendant les années difficiles et qu’ils doivent redistribuer dans les huit ans aux bénéficiaires d’assurance vie. « Parfois il y a nécessité d’aller chercher son épargne avant ce délai », pointe Jean-Yves Mano, président de CLCV, « et là, on est pénalisé quand on a eu des frais d’entrée, de gestion et pas de participation aux bénéfices », dénonce-t-il.

En 2017, le montant total de ces réserves rapporté aux encours est estimé à 3,6%, soit plus de 50 milliards d’euros, l’encours total en fonds euros s’élevant à environ 1.400 milliards d’euros, avance M. Chartier-Kastler. 

« Il faut y voir une démarche de prudence car aujourd’hui personne n’est capable de voir de manière claire l’évolution des taux d’intérêt », analyse l’expert évoquant « un scénario central » de taux durablement bas et, « au vu de tous les mouvements populistes qui arrivent en Europe, une hypothèse de l’explosion de la zone euro n’est plus improbable, cela provoquerait très rapidement une remontée des taux et la PPB permettrait d’y faire face ».

Les bancassureurs: les moins généreux

Face à cette érosion ininterrompue du rendement des fonds euros, les épargnants placent de plus en plus souvent leur argent sur des contrats en unités de compte, qui consistent en des placements sur les marchés boursiers en vue d’une meilleure rentabilité, mais qui sont plus risqués car sans aucune garantie sur le capital. « Il faut que les souscripteurs d’assurance vie soient extrêmement prudents par rapport à ce type de produit », rappelle M. Mano.

Il appelle également les épargnants à être vigilants sur les taux servis par les bancassureurs  qui, selon des données CLCV, affichent en moyenne un taux de redistribution garanti de 1,39% contre 2,13% pour les assureurs mutualistes.

« Cela ne freine pas l’appétence des clients bancaires pour les contrats d’assurance de leurs banques (…) », constate pour sa part M. Chartier-Kastler, ajoutant que la faiblesse de ces taux est aussi « un moyen pour les banques de dissuader leurs clients d’aller sur les fonds en euros ».

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