Communication des taux des contrats d’assurance vie : le best-of des mauvaises pratiques des assureurs

A chaque début d’année, au cours du traditionnel bal des annonces des rendements servis sur les contrats d’assurance vie, les assureurs commettent souvent quelques faux pas. Ils peuvent afficher des taux légèrement gonflés ou encore masquer sciemment les mauvaises performances de certains de leurs contrats. Tour d’horizon de leurs pratiques discutables. 

Pour les performances des fonds en euros des contrats d'assurance vie, certains assureurs annoncent un taux brut donc facialement plus important que le net vraiment distribué. Crédit : Istock

Les annonces des rendements servis en 2018 dans les contrats d’assurance vie arrivent à leur terme. L’heure est donc venue d’établir un bilan de la communication des acteurs en la matière. Et force est de constater que les mauvaises habitudes ont la vie dure ! Manque de transparence, communication trompeuse, traitement inégal entre les anciens et les nouveaux clients… Panorama des pratiques des assureurs rarement à l’avantage des épargnants.    

Des montants affichés bruts de frais de gestion

La première supercherie consiste à annoncer un taux brut donc facialement plus important que le net vraiment distribué! Pourtant, il existe une convention dans le monde de l’assurance vie : les taux sont communiqués nets de frais de gestion mais brut de fiscalité ! Cette règle est même inscrite dans le recueil des engagements à caractère déontologique des membres de la Fédération française de l’Assurance (FFA) remise à jour en janvier dernier: « le taux de rendement annoncé et communiqué sur un contrat en euros doit être le taux de rendement net de frais de gestion annuels et bruts de prélèvements sociaux.» Or certains acteurs en font fi ! C’est le cas notable de CNP Patrimoine qui a communiqué pour tous ses contrats des taux bruts de frais de gestion. Dans son document, le montant des frais de gestion était mentionné à côté des taux, mais cela n’a pas empêché une mauvaise interprétation, notamment dans certains médias.

Des taux illisibles

Autre pratique pour le moins condamnable : la communication de taux moyens. Plusieurs assureurs en sont coutumiers. C’est le cas de Sogecap ou encore de BNP Paribas Cardif. Mais ces derniers ont répondu à nos demandes de précisions. La palme de la communication la plus illisible sur les taux revient toutefois à Allianz. Cet assureur communique, d’une part, sur un taux moyen et, d’autre part, sur des bonifications pouvant atteindre jusqu’à 0,95% mais conditionnées à différents critères : souscription d’un pourcentage plus ou moins important en unités de compte, d’options de gestion et d’autres garanties (prévoyance par exemple..). Des critères s’accumulant rendant incompréhensible le rendement net pour l’épargnant.       

Des informations non communiquées

Enfin, le manque de transparence des assureurs est encore plus criant en ce qui concerne le rendement des vieux contrats. Des acteurs, comme Generali, LCL, ou encore Allianz, utilisent l’argument qu’ils ne sont plus ouverts à la souscription pour ne plus du tout communiquer. Ils indiquent le faire uniquement à leurs clients par le biais du relevé de compte (c’est pourquoi nous sollicitons votre aide pour nous communiquer les taux). Cette pratique est récurrente dans la plupart des réseaux bancaires. Ces derniers ne voulant pas mettre en avant les mauvais résultats affichés par leurs vieux contrats, dont la performance est généralement sacrifiée au profit des produits nouveaux. Il existe donc une différence de traitement entre les anciens et les nouveaux clients totalement injuste.

Pour éviter toute possible comparaison, certains acteurs vont même plus loin en ne communiquant pas du tout sur le rendement de leurs contrats qu’ils soient ouverts ou fermés à la commercialisation. Crédit Mutuel et Crédit Mutuel Nord Europe font ainsi parti des mauvais élèves cette année.

Quelques bons élèves

Mais bonne nouvelle pour les épargnants : il est encore possible de trouver plus d’équité et surtout plus de lisibilité chez les mutuelles ou encore les associations d’épargnants. Ces dernières se montrent d’ailleurs bien plus précises sur la communication de leurs résultats. La MACSF fait notamment parti des très bons élèves en communiquant sur le montant de ses propres frais de gestion (0,2%). Même constat pour l’Afer qui communique la performance financière de son fonds en euros à 2,738% et un taux net de frais de gestion à 2,25%.

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Réactions et commentaires

09/04/2019 at 20:28
andstid

Mr bastide andre 68 chemin de la vayssiere 81300 graulhet n° abonne 2/13019383

je suis chez groupama gan vie 2 contrats en modulationet et 2 en contrats pep depuis + de 10 ans

je vous communique le taux du pep pour 2018 que groupama a le plaisir de donner a ses clients net de frais de gestion et social + 0,87 %

et celui de modulation +1,05 % net de frais de gestion mais brut des retenues social ?

que faire j’ai 83 ans pouvez vous me donner un conseil pour m’en sortir sans trop de pertes …

j’ai lue vos conseil pour changer comme chez afer ou assac fapes mais je voudrais votre avis si possible .
en tout cas j’apprécie votre revue . salutation a vous tous bastide andre

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