Ces contrats d’assurance vie vont répondre à vos projets patrimoniaux

En théorie, l’assurance vie est un placement tout-terrain. En pratique, mieux vaut détenir un bon contrat précisément en phase avec votre projet. Nos sélections pour répondre aux principales préoccupations des épargnants. Enquête.

En matière de transmission après décès, l’assurance vie joue pleinement son rôle. Crédit Istock

Couteau suisse de l’épargnant : le placement financier préféré des Français doit cette étiquette à sa souplesse de fonctionnement. On y verse et on en retire son obole en toute liberté, sous réserve de respecter les seuils et délais prévus par les contrats. On peut aussi détenir autant d’enveloppes que l’on veut et aucune d’elle, sauf limite contractuelle, ne supporte de plafond de versements. En face, la plupart des autres placements financiers (livrets réglementés, plan épargne logement, plan d’épargne en actions, etc.) s’avèrent beaucoup plus rigides. Mieux, la fiscalité de l’assurance vie est attractive après huit ans, sans pour autant être dissuasive en dessous de cette durée.

Du court au long terme, cette enveloppe semble pouvoir répondre à toutes les situations. La réalité est évidemment plus complexe. La faute à un marché dense (des centaines de produits), compliqué (le jargon des assureurs) et disparate (la qualité des contrats). L’erreur serait donc de souscrire le premier contrat venu. Partez toujours de votre objectif, même s’il n’est pas très affiné. Pour vous aider, nous avons listé sept grands desseins patrimoniaux et sélectionné, chaque fois, six contrats performants adaptés à leur conduite. Nul besoin de faire plus sophistiqué. Ce qui importe, c’est de trouver chaussure à son pied, non ?

1 • Vous souhaitez épargner régulièrement pour se constituer un capital

C’est un objectif largement partagé : vous construire un pécule pour le futur. A quelle fin ? Achat immobilier, capital pour la retraite, financement des études des enfants, qu’importe ! Pour ce faire, une seule solution, mettre de l’argent de côté de manière régulière (ce qui n’empêchera pas des versements exceptionnels, le cas échéant). Toutes les assurances vie permettent la mise en place de versements réguliers, le plus souvent mensuels ou trimestriels, qui – c’est un point clé – peuvent être arrêtés (puis repris et modulés) sans aucune pénalité. Mais attention, quand certains contrats s’ouvrent avec 100 euros, d’autres exigeront 100 fois plus.

Regardez aussi de près les seuils minimaux requis pour mettre en place des versements programmés depuis votre compte bancaire. Alors que certains assureurs démarrent à 15 ou 30 euros par mois, d’autres fixent la barre à 300 euros, sinon plus. Tous ces éléments d’information sont indiqués dans la notice contractuelle du produit. A lire avec soin, donc.

Votre but est simple : dénicher un bon contrat qui sera en adéquation avec votre capacité d’épargne. Sachant que cette dernière peut varier au fil du temps (à la hausse comme à la baisse), ne visez pas trop haut, au risque de ne plus pouvoir abonder si votre situation évolue défavorablement. Bonne nouvelle, sur ce marché dense et confus, il existe bel et bien des produits de qualité, accessibles avec 15 à 40 euros par mois (voir notre sélection). Idéal pour démarrer. Plus votre horizon est lointain, plus vous pouvez investir sur des fonds actions, dont le prix d’achat sera lissé dans le temps grâce à vos versements programmés.

2 • Votre objectif, sécuriser votre épargne

Pour les accrocs à la sécurité, l’assurance vie dispose d’une pépite, son fonds en euros. Tout argent placé dans ce support financier dispose d’une garantie en capital, nette ou brute de frais de gestion selon les contrats. Les fonds en euros ont fait et font encore le succès de l’assurance vie, recueillant bon an mal an les trois quarts des versements. Toutefois, les rendements de ces fonds garantis sont sensiblement variables d’un assureur à un autre, voire entre les contrats d’une même compagnie. Et certains contrats n’acceptent plus qu’y soient placés la totalité de vos versements.

Votre cap est simple, vous devez faire mieux que l’inflation. Ce qui va se traduire par un taux du fonds en euros, net de frais de gestion et de prélèvements sociaux, supérieur à la hausse des prix, et ce, année après année. Ainsi, votre capital aura gagné en pouvoir d’achat. Prenons un repère. En 2018, l’inflation a été de 1,80 %, d’après l’Insee. Le rendement moyen des fonds en euros s’est établi au même niveau, peut-être même légèrement en dessous, selon nos estimations. Mais une fois otées les taxes sociales, il tombe à 1,49 %. Sortez la calculette. Pour conserver intact le pouvoir d’achat de votre capital en 2018, il fallait être investi sur un support ayant rapporté au moins 2,18 % net de frais avant prélèvements sociaux.

Là, l’offre du marché se resserre. Exit les assurances vie bancaires, qui sont toutes sous ce niveau d’équilibre. Découvrez notre sélection de contrats (voir tableau) qui font mieux que l’inflation, tout en étant accessibles pour la totalité de votre mise, un point clé quand vous comparez les rendements. Ils devraient continuer à y parvenir, sauf accident.

3 • Votre objectif c’est gagner plus ? Tournez-vous vers les marchés financiers

Vous l’avez compris, il est loin le temps où les fonds en euros distançaient l’inflation. Pour faire mieux, cap sur les contrats multisupports. Outre le support garanti, on y trouve aussi des fonds investis en actions ou en obligations, dénommés « unités de compte » dans le jargon des assureurs. Posons trois préalables. Le premier, épargner sur ce type de produits est risqué, c’est-à-dire que vous pouvez voir votre capital baisser. Le deuxième, il est tout à fait possible de panacher vos versements entre le fonds en euros et ces autres supports. Le troisième, ne vous frottez pas à ce type de placement sans une certaine maîtrise de son fonctionnement.

Partant de là, si vous avez décidé d’investir sur ces supports, c’est évidemment pour gagner plus. En pratique, quelle assurance vie souscrire pour y parvenir ?  La réponse dépend largement de votre profil d’épargnant, néophyte ou averti. Deux catégories de contrats doivent retenir votre attention. Pour le premier public, ciblez les multisupports dont l’offre financière comprend de 10 à 40 unités de compte, ce qui suffira à diversifier votre capital entre le fonds en euros et deux ou trois produits bien sélectionnés. Attention, beaucoup de ces enveloppes, surtout dans les banques, fonctionnent avec des fonds « maison », gérés en interne, ce qui n’est pas vraiment une garantie de qualité.

Seconde catégorie de contrats, destinés aux fins connaisseurs, ceux qui proposent a minima une soixantaine de supports, parfois plusieurs centaines. Ces offres, principalement disponibles via Internet, requièrent plus d’expertise ou l’appui d’un conseiller (même à distance). Finalement, à l’aune d’un cumul de critères très précis (frais, services et délais de gestion en ligne, qualité du fonds en euros, garanties annexes, etc.), le panel des bons contrats a vite fait de s’amincir.

Quoi qu’il en soit, l’important sera de savoir élaborer un bon cocktail de supports sélectionnés en cohérence avec votre profil de risque. Ce qui reviendra à soigner la diversification de vos choix, pour limiter les aléas sur votre capital tout en espérant des gains substantiels. Une fois votre mixtion réalisée, il vous faudra suivre son évolution pour l’ajuster si besoin. Sachez prendre vos gains de temps à autre, à l’aide d’un arbitrage, pour les mettre à l’abri sur le fonds en euros. A noter, une troisième catégorie de contrats proposés par des fintech (Grisbee, Nalo, WeSave, Yomoni…) a émergé ces dernières années sur Internet, avec des offres d’allocation clés en main.

5 • Vous voulez diversifier votre patrimoine en investissant dans l’immobilier. L’assurance vie répond à votre besoin

Le saviez-vous ? Avec certaines assurances vie, vous pourrez investir dans des solutions immobilières, principalement des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) mais aussi des organismes de placement collectif immobilier (OPCI) ou encore des sociétés civiles immobilières (SCI). Les revenus fonciers dégagés par la SCPI seront réinvestis en nouvelles parts de celle-ci ou placés dans le fonds en euros, à l’abri de toute fiscalité. Voilà une façon astucieuse de diversifier votre patrimoine, avec des rendements encore attractifs (comptez 4 à 5 % brut pour des SCPI de bureaux et commerces, soit 2,5 à 3,5 % net de frais). Certains contrats sont à la pointe sur la pierre papier, avec des frais raisonnables.

Une autre voie de diversification au sein de votre contrat consiste à recourir aux trackers (ou ETF), des fonds boursiers qui répliquent la performance des grands indices de marché (CAC 40, Euro Stoxx 50, Dow Jones, Nasdaq, MSCI World, etc.). Ou encore au private equity (entreprises non cotées) ou aux titres vifs (actions en direct). Sans oublier les produits structurés, une formule qui permet d’investir en Bourse avec certaines garanties en capital. Quelques établissements en ont fait leur spécialité, avec de belles performances à la clé. Attention, les fenêtres de souscription des produits structurés ne durent généralement que quelques semaines.

5 • Vous voulez obtenir des revenus complémentaires sans délai

Grâce à sa souplesse de fonctionnement, l’assurance vie est une machine à revenus très efficace. Sur un plan technique, il s’agira d’effectuer un retrait partiel sur son contrat. La plupart d’entre eux permettent de récupérer de l’argent régulièrement ; on appelle cela des retraits ou des rachats partiels programmés dans le jargon professionnel. Qu’en est-il de la fiscalité ? Passé huit ans de détention, l’imposition des retraits est quasi nulle, compte tenu des abattements annuels.

Vous aurez parfois du mal à obtenir des informations claires et étayées sur le modus operandi des retraits partiels, votre interlocuteur n’ayant nullement l’intention de vous voir retirer vos billes. En examinant ces critères, certains contrats sont mieux lotis que d’autres. A noter, le retrait n’est pas votre seule option. Pour un besoin temporaire d’argent, vous pouvez aussi demander une avance à votre assureur ; il s’agit d’une sorte de prêt sur votre capital, moyennant un coût modéré.

Vous aurez parfois du mal à obtenir des informations claires et étayées sur le modus operandi des retraits partiels, votre interlocuteur n’ayant nullement l’intention de vous voir retirer vos billes. En examinant ces critères, certains contrats sont mieux lotis que d’autres . A noter, le retrait n’est pas votre seule option. Pour un besoin temporaire d’argent, vous pouvez aussi demander une avance à votre assureur ; il s’agit d’une sorte de prêt sur votre capital, moyennant un coût modéré.

7 • Transmettre sereinement à l’abri du fisc à votre décès

En matière de transmission après décès, l’assurance vie joue pleinement son rôle. Rappel : les capitaux du contrat ne sont pas intégrés à l’actif successoral à partager entre les héritiers et sont soumis à un régime fiscal généreux. De plus, il revient à l’assuré de définir dans la clause bénéficiaire de son contrat à qui sera versé le capital lorsqu’il viendra à décéder. Vous pouvez désigner plusieurs personnes et le partage peut être réalisé selon vos desiderata.

Dans ces conditions, l’assurance vie est un produit incontournable pour transmettre à bon compte. Seuls bémols : les règles fiscales changent passé 70 ans, devenant un peu moins avantageuses. Et si vous voulez gratifier votre conjoint ou partenaire pacsé, ce sera sans faveur fiscale particulière, ces deux héritiers étant déjà exonérés de droits de succession.

Ce régime juridico-fiscal unique s’applique quel que soit le contrat que vous aurez souscrit. Est-ce une raison pour vous désintéresser de la qualité du produit choisi ? En aucun cas, car il s’agit d’adopter un outil de très long terme. Il est donc important de sélectionner une assurance vie aux frais contenus, au fonds en euros solide, à l’assureur fiable dans le temps. Si vous optez pour une gestion dynamique de votre épargne, soyez attentif aux assurances décès intégrées dans le contrat, qui garantissent un certain niveau de capital versé au(x) bénéficiaire(s) si vous décédez alors que votre épargne est en moins-value.

8 • Constituer un pécule pour vos enfants avec souplesse

Un prérequis : pour vos enfants, oubliez le livret A et misez sur une bonne assurance vie. A sécurité similaire, ce sera plus rentable : 0,75 % pour le livret A, actuellement, contre 1,80 à 2 %, net de prélèvements sociaux, pour les meilleurs fonds en euros.

De plus, cette enveloppe est riche en solutions financières. Pour un jeune enfant qui n’utilisera pas le capital avant de nombreuses années, panacher le fonds en euros avec des unités de compte en actions est une stratégie à privilégier. Notez aussi que, exempt de plafond de versement, l’assurance vie est le réceptacle idéal pour les sommes issues de successions ou de donations. Pour ces dernières, le donateur pourra y lier un pacte adjoint encadrant en partie l’utilisation des capitaux par l’enfant à sa majorité.

Ces arguments sont à considérer, d’autant qu’une assurance vie peut être ouverte au nom du mineur dès ses premiers jours, par ses parents (les représentants légaux). Un cadre simple et souple, qui explique l’explosion de ce marché, les souscriptions de contrat pour mineurs pesant près de 20 % des affaires nouvelles aux dires des professionnels.

Encore faut-il opter pour un contrat de qualité et qui le restera dans une quinzaine d’années, quand votre bambin aura grandi. Nulle boule de cristal dans notre enquête, pour autant, un coup d’oeil dans le rétroviseur permet de dénicher quelques assureurs endurants. Méfiez-vous des contrats dédiés aux mineurs qui, sauf exception, sont de piètre qualité. Le plus simple est d’opter pour un contrat bien positionné sur les frais, le fonds en euros, l’offre financière, etc..

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