Assurance vie : les premiers rendements 2019 sont dévoilés… et ils sont en forte baisse

Les épargnants français doivent s’attendre à voir le rendement de leur contrat d’assurance vie se réduire drastiquement. Les premières annonces de taux servis pour le fonds en euros cette année sont très en deçà des résultats 2018.

La tendance à la baisse du rendement du fonds en euros devrait être générale pour 2019 si on en croit les premières estimations des professionnels. Crédit : Istock

Malgré une année qui s’annonce quasiment record sur les marchés financiers (+25% pour le CAC 40 sur les onze premiers mois de l’année), le fonds en euros devrait continuer de voir sa performance se dégrader (1,8% en moyenne en 2018). Swiss Life est le premier assureur à avoir annoncé le taux de rendement 2019 de ses principaux contrats (pour sa gamme SwissLife Strategic, SwissLife Retraite et SwissLife Retraite Madelin). Et, la chute est brutale ! Il annonce seulement 1% net de frais de gestion mais brut de prélèvements sociaux pour ses clients particuliers, soit 0,50 point en moins par rapport à l’an passé. Ce rendement est néanmoins bonifié pour ses clients ayant déjà souscrit une part importante d’unités de compte dans leur contrat (1,5% pour plus de 30% d’UC, 2% pour plus de 40% et 2,50 % au-delà de 60%). Ses clients privés (détenteurs de plus de 250 000 euros en assurance vie) bénéficient aussi d’un rendement supérieur allant de 1,20% à 2,70% (en fonction aussi de la part d’UC).

Une baisse moyenne de 40 points

Pas de quoi ravir pour autant les épargnants. La tendance à la baisse devrait être générale pour 2019 si on en croit les premières estimations des professionnels. « La baisse brutale des taux d’intérêts que nous observons depuis dix-huit mois explique la contraction du rendement du fonds en euros, qui pourrait atteindre jusqu’à 60 points de pourcentage cette année », estime François Leneveu, président du directoire d’Altaprofits. Le placement préféré des Français devrait ainsi seulement offrir 1,20%, soit un niveau légèrement supérieur à l’inflation 2019. « Ce chiffre paraît un peu excessif, au regard de l’évolution des marchés financiers et du rendement des actifs généraux des assureurs, nous tablons sur un taux servi en moyenne à 1,40% en 2019 », indique Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures, un cabinet de conseil spécialisé dans le secteur de l’assurance.

Vers un taux à 0,50 % ?

Cette prévision moyenne porte déjà à 40 points de pourcentage, la baisse du rendement pour 2019. « Le fonds en euros ne va pas perdre de sa superbe tout de suite. Certains assureurs vont continuer à offrir des rendements bien supérieurs à la moyenne du marché tandis que d’autres resteront encore en deçà cette année. Mais, les épargnants devront davantage prendre en main leur assurance vie s’ils veulent qu’elles continuent à rapporter sur longue période », ajoute François Leneveu. La situation devrait en effet continuer à dégrader dans les prochaines années. « Si les taux d’intérêt restent aussi bas, le fonds en euros pourrait seulement rapporter 0,80% voir même tomber à 0,50% d’ici quelques années », ajoute Cyrille Chartier-Kastler.

Un placement attaqué

Reste à savoir si l’attrait du fonds en euros demeurera toujours aussi forte auprès des épargnants alors qu’il est attaqué de toute part. D’une part, les assureurs sont de plus en plus enclins à inciter, voire même à imposer, aux épargnants à prendre directement du risque sur les marchés financiers en demandant une souscription minimale en unités de compte. D’autre part, ils craignent désormais pour la solvabilité de leur activité. L’Association des Assureurs Mutualistes (AAM) a ainsi récemment demandé au gouvernement de revoir leurs règles prudentielles et notamment d’intégrer leur réserve ou PPE (Provision pour participations aux excédents) dans le calcul de leurs fonds propres. Une demande largement décriée par la Faider, l’association de défense des épargnants, qui a rappelé que ses réserves, qui proviennent des résultats financiers issus du fonds en euros, doivent être reversées aux épargnants.

Sur le même thème

assurance vie

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

29/11/2019 at 00:00
francis.renet@gmail.com

Les assureurs qui rentreront dans ce cercle vicieux sont en train de se tirer une balle dans le pied. Quitte a prendre des unités de compte il faut largement se demander s’il une assurance vie ou un contrat de capitalisation, où les frais sont calculés sur l’encours quelque soit les résultats, est le support approprié.
Pour avoir fait quelques simulations, il est très nettement préférable de loger les fonds les titres vifs dans un PEA lorsqu’ils sont éligibles, ou à défaut dans un compte titres en ligne où les frais sont nuls.

Sur la même thématique