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Assurance vie: il est possible de négocier les frais d’entrée

En cas d’ouverture d’une assurance vie, des frais d’entrée sont facturés, aussi appelés frais de versement, car ils sont appliqués à chaque versement. Il est possible de les négocier, selon Moneyvox.

En cas de versement d’argent sur une assurance vie « bancaire », des frais sont appliqués, appelés frais de versement ou frais d’entrée, car ils sont appliqués dès l’ouverture de l’assurance vie. Ils peuvent s’élever jusqu’à 5% de la somme déposée. Par exemple, si l’on verse 1 000 euros sur un contrat à 5%, cela équivaut à investir 950 euros seulement. Et dans l’hypothèse d’une rémunération annuelle de 2%, selon Moneyvox, il faudra attendre plus de trois années pleines pour rattraper ce rabot initial.

Tout d’abord, il faut savoir que viser le 0% est impossible dans une grande banque, car « les frais de versement sont partagés entre l’assureur et le distributeur », explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Goodvalueformoney.eu, et qu’ils sont stratégiques pour le distributeur, autrement dit, la banque ou le conseiller en gestion de patrimoine. Un autre professionnel précise au média spécialisé « qu’il s’agit de sa principale rémunération sur les flux en assurance vie ». « En effet, les sommes investies sont ensuite gérées par l’assureur, filiale du groupe bancaire, ou par un assureur partenaire », explique Aurélien Soustre, cadre bancaire et membre du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) en tant que représentant syndical (FSPBA-CGT).

Les nouveaux contrats appliquent des frais de versement autour de 3%

Ensuite, les contrats actuels, dits contrats « star », appliquent des frais d’entrée à des taux inférieurs à 5%. Parmi eux, Millevie Essentielle, à la Caisse d’Épargne, avec 3,5%, ou encore Plan Assurance Vie, au Crédit Mutuel, avec 3,15%. Les banques affichent désormais des niveaux plus « modérés » pour les contrats lancés ces dernières années. « Plutôt autour de 3% », confirme Cyrille Chartier-Kastler. « Mais les frais maximums restent à 4,50% ou 5% sur les contrats ouverts précédemment. » Il faut donc comparer son « vieux » contrat avec les nouveaux contrats « star » de sa banque, afin de disposer d’un argument dans la négociation, surtout qu’il est possible de transformer le contrat en un plus récent dans le cadre du « transfert loi Pacte ».

Accepter de miser sur les unités de compte

Il faut également accepter de miser sur les unités de compte : il s’agit du meilleur argument selon Moneyvox pour obtenir un rabais sur les frais de versement. En fait, on investit une part de son épargne en unités de compte, sans garantie en capital, contrairement aux fonds en euros. « Si vous n’investissez que 15% de votre versement en unités de compte, et que la somme reste limitée à quelques centaines d’euros, il sera très difficile de négocier les frais d’entrée à la baisse. Les assureurs réclament désormais au moins 30% d’unités de compte », constate le fondateur de Goodvalueformoney.eu. De plus, le professionnel souligne que les frais maximums sont appliqués « dans les réseaux bancaires, pour les épargnants “grand public” ». Les clients bancaires n’essaient que très rarement de négocier, sauf pour le versement d’une somme importante. « Si les frais sont abaissés, c’est à l’occasion d’offres flash. Mais elles sont toujours soumises à la condition d’un investissement minimal en unités de compte » souligne Aurélien Soustre.

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S’il s’agit d’un gros versement, il faut le souligner. « Quand il y a un enjeu pour le banquier, que le client a un certain patrimoine, il parviendra toujours à obtenir un rabais ou à annuler les frais de versement », analyse Stellane Cohen, directrice générale d’Altaprofits. Les clients les plus « rentables » pour la banque ou l’assureur seront privilégiés dans une négociation. Enfin, si la négociation s’engage, il est possible de négocier une baisse d’1%, au mieux. « Si vos frais sur versement ne sont pas à 0%, ce qui est la norme sur le marché de l’épargne en ligne, ils ne devraient raisonnablement pas être supérieurs à 1% » explique Eric Girault, fondateur de Mes-placements.fr.