Assurance vie: le secteur résiste à la tempête… pour le moment?

La crise du Covid-19 ne laisse pas indifférent le secteur de l’assurance vie. Selon Natixis, il va devoir s’adapter aux nouveaux enjeux.

Natixis analyse le secteur de l'assurance vie, confronté à la crise économique. Crédit: Istock

Le secteur de l’assurance vie traverse, lui aussi, la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19. Et les conséquences de la récession dans les assurances pourraient mettre du temps à se faire sentir, note Natixis dans un rapport publié fin juin. Les premières secousses liées à la crise ne se sont toutefois pas faites sentir dans les résultats des assureurs du premier trimestre 2020. De plus, Natixis évoque la résilience du système, qui fait qu’aucun assureur n’a fait défaut pour le moment, la clientèle n’ayant pas disparu.

En France, le secteur de l’assurance vie affichait fin 2019, un ratio Solvabilité 2 de 263% (+37% en un an), en la provision pour la participation aux bénéfices des assurés. « Sans celle-ci, le ratio aurait été de 233%. A fin mars, l’impact sur le secteur est aussi de 20 à 30 points, ce qui peut laisser à penser qu’une partie du secteur pourra être fragilisée dans les mois à venir », pense Natixis, qui ajoute que les actifs ont été touchés durablement, au vu du recul des marchés actions, et que la possibilité d’une « nouvelle crise de confiance sur les dettes souveraines avec la hausse de déficits des Etats » ne peut être écartée.

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Adapter le modèle des assureurs vie

Natixis indique aussi que la période de réduction de l’inflation, désormais close, a été bénéfique aux assureurs, et les assurés « bénéficiaient de garanties de liquidité et de taux minimums qu’ils ne payaient pas ». Mais désormais, soit les taux demeurent bas, « voire négatifs », soit ils vont augmenter plus ou moins rapidement. Dans l’hypothèse où ils restent bas, la possibilité pour les assureurs d’investir dans des actifs risqués et dans l’économie réelle sera réduite.

Avec la baisse des indices boursiers, il est compliqué pour les assureurs de vendre des assurances en unité de compte (UC), ce qui va conduire à une « forte adaptation des modèles des assureurs vie ». « Les dépôts historiques sur le Livret A laissent augurer un besoin accru de sécurité et de liquidité de l’épargnant. Or, dans un environnement où l’épargne des ménages va vraisemblablement augmenter […], la question du type de support va être déterminante pour le secteur de l’assurance vie », analyse Natixis.

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