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Les banques et les assurances font face à la crise sur des bases solides

Le rapport statistique annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a été réalisé avant la crise sanitaire. Il permet toutefois de révéler « la solidité et la résilience » du secteur financier.

Meilleure assurance vie

Le marché français de la banque et de l’assurance était en bonne forme en 2019. Le rapport de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) dresse un état des lieux de l’année dernière qui « souligne la robustesse et la résilience du secteur financier », selon le communiqué. C’est la stabilité du secteur qui permet d’amortir le choc de la crise liée à l’épidémie de Covid-19, selon l’ACPR. Le total de bilan a atteint 8 671 milliards d’euros fin 2019 pour les six plus grands groupes bancaires français (81% du total). Les encours de crédits aux ménages ont augmenté de 75 milliards d’euros (sur un total de 1 330 milliards), soit une hausse de 6%, et ceux des sociétés non financières (SNF) ont crû de 36 milliards d’euros soit +4% (sur un total de 891 milliards). De plus, le Produit net bancaire (PNB) atteint 155,9 milliards d’euros en 2019 et la marge nette d’intérêt représente 47% du PNB des groupes bancaires. Les commissions représentent, elles, 37%.

En 2019, les groupes bancaires français ont connu une situation plutôt favorable en comparaison avec leurs homologues européens. « Signe de bonne qualité des crédits, le taux de prêts non performants des groupes bancaires français est inférieur à ceux de leurs pairs européens, tant pour leur clientèle de ménages que pour les entreprises », écrit l’ACPR. Ils affichent un ratio de solvabilité CET1 (Core Equity Tier 1) de 15,1%, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de la zone euro, soit 14,8%, et à celle de l’Union européenne, à 15%. L’ACPR apporte toutefois un bémol : les banques américaines restent plus rentables que les banques françaises et, plus largement, que les banques européennes (deux fois plus selon le rapport).

3 018 milliards d’euros pour l’assurance

Concernant le secteur des assurances, la France est aussi mieux notée que ses voisins. Le ratio de solvabilité moyen (soit le taux de couverture du capital de solvabilité requis) des organismes agréés en France est de 267% fin 2019 contre 242% pour l’ensemble des organismes de l’Union européenne. Le rapport note que « les placements des assureurs contribuent également au financement de l’économie », avec un total de 3 018 milliards d’euros d’actifs. « La France est le premier marché de l’assurance en Europe continentale », soulève l’ACPR, en termes de total de bilan. Les primes collectées en assurance vie ont progressé en 2019 (collecte nette de 20,4 milliards d’euros en 2019), tout comme toutes les autres assurances (appelées « non vie ») avec un chiffre d’affaires de 144 milliards d’euros. En affaires directes, le total des primes atteint 109 milliards d’euros.

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L’ACPR a également étudié la santé des deux secteurs, banque et assurance, au premier semestre 2020. « A l’exception de la banque de financement, les revenus se replient sur toutes les lignes métiers », indique le rapport. Les crédits et les prêts non performants évoluent de manière diverse en fonction des secteurs d’activité : l’hébergement et la restauration y ont eu davantage recours, les encours de crédit ont augmenté de 21% sur cette période. Le coût du risque est en augmentation, de 5,9 milliards d’euros, « en lien avec la situation des sociétés non financières ». Les ratios de solvabilité évoluent peu. Par ailleurs, l’ACPR constate un mouvement de décollecte en assurance vie « mais pas de crise de confiance ». « La décollecte nette sur les fonds en euros est historiquement forte et atteint -23,5 milliards d’euros fin septembre 2020 », précise la synthèse, mais « la collecte nette sur les fonds en unités de compte reste soutenue », de 16,7 milliards d’euros. Sur les autres assurances, l’effet est limité sur l’activité mais l’Autorité note des contrastes selon les lignes de métiers.