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Vente d’Aviva à la Macif : l’Afer veille au grain

Après la vente d’Aviva France à la Macif, Gérard Bekerman, le président de l’Afer, est bien décidé à ne pas léser les épargnants.

Conférence des taux 2020 d’Afer

L’Afer ne veut pas être en reste après la cession d’Aviva France à la Macif. Cette transaction à 3,2 milliards d’euros, qui secoue le monde de l’assurance et des mutuelles, résonne aussi du côté de la première association d’épargnants de France. En effet, c’est Aviva France qui gère les contrats de ses quelque 756.000 membres.

Or en coulisses, ça chauffe : « Gérard Bekerman est furieux de la décision d’Aviva », explique aux Échos une source proche du dossier au sujet du président de l’Afer, determiné à faire entendre sa voix. Un temps favorable à une reprise par la maison-mère de la Macif, Aéma, qui chapeaute la Macif, le patron de l’Afer a ensuite préféré celle du duo Allianz-Athora, dont les conditions lui ont paru plus favorables. L’association, qui voit s’éroder d’année en année son fonds en euros, a listé les conditions qu’elle espère imposer au groupe mutualiste avant la conclusion de l’opération.

L’Afer veut une gouvernance commune

Première des revendications de Gérard Bekerman : « graver dans le marbre juridique les règles du paritarisme ». C’est-à-dire le fait que la gouvernance de la nouvelle entité qui remplacera Aviva France soit décidée conjointement entre Aéma et l’Afer, évoque-t-il dans un entretien à L’Opinion. Mais les taux de rendement des contrats en euros sont aussi dans le viseur du président de l’Afer. Ce dernier souhaite « faire évoluer l’actif général du fonds en euros » de l’association. Pour ce faire, il appelle à « alléger la poche de dette publique, qui ruine les épargnants, et à renforcer les actifs de fonds de dette, les crédits à l’économie productive, l’économie verte, la french tech, le private equity, les PME…» Enfin, il s’agit de résoudre le problème des contrats à cours connu, ces contrats des années 80 clairement en défaveur de l’assureur et qui empoisonnent la vie d’Aviva.

« Préserver les intérêts » des épargnants

« Nous souhaitons travailler de concert avec l’association afin de trouver le bon équilibre qui permettra de satisfaire les épargnants et préserver leurs intérêts », a de son côté indiqué Aéma. La direction du groupe se veut rassurante : « Nous croyons à la convergence naturelle entre l’ADN mutualiste d’Aéma Groupe et les valeurs associatives de l’Afer », a déclaré aux Échos Adrien Couret, directeur général d’Aéma.