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Perspectives négatives pour l’assurance en France selon Moody’s

La limitation des produits d’épargne garantis, au profit des unités de compte dont le risque d’investissement est porté par le client, est « susceptible de constituer un frein à la demande de produits d’assurance vie » d’après Moody’s.

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Moody’s n’est pas optimiste pour le marché français de l’assurance. L’agence de notation place le secteur sous « perspective négative ». En cause, la faiblesse des taux d’intérêts et d’une concurrence intense, mais aussi « des risques juridiques et de pressions politiques accrues ». Dans la branche non vie, la pression croissante exercée par le gouvernement sur le secteur et la concurrence intense « pèsent sur les bénéfices ». Les assureurs vie sont quant à eux « confrontés aux enjeux de la transformation alors que la faiblesse des taux d’intérêt affecte leur ratio de solvabilité ».

Ratios de solvabilité en baisse

En assurance vie les ratios de solvabilité du secteur, qui ont considérablement diminué l’an dernier, demeurent « particulièrement sensibles à de nouvelles baisses de tarifs en raison d’une asymétrie entre les durations des actifs et passifs des assureurs ». Néanmoins, en France, l’environnement de taux bas a « peu d’impact sur la rentabilité des assureurs vie dans la mesure ». En effet, du fait d’un faible niveau des taux garantis pour les contrats d’épargne, la baisse des rendements est répercutée sur les clients. Moody’s note que les assureurs vie limitent par ailleurs leur offre de produits d’épargne garantis et privilégient les contrats en unités de compte, dans lesquels le risque d’investissement est porté par le client. Un phénomène qui est, dans l’ensemble « susceptible de constituer un frein à la demande de produits d’assurance vie ».

Pressions sociales et politiques

Concernant l’assurance dommage, la faiblesse des taux devrait entraîner une érosion des revenus d’investissement et une augmentation de leurs provisions techniques, d’après l’agence, qui souligne que le secteur est « également soumis à des pressions sociales et politiques pour restituer aux clients les bénéfices exceptionnels consécutifs à la diminution des sinistres, notamment en assurance automobile, lors du confinement de 2020 ».

« Il est probable que, cette année encore, les couvre-feux et les mesures de confinement en vigueur limiteront la sinistralité en assurance de particuliers, selon Benjamin Serra, analyste Senior VP. Pour autant, le coût moyen des sinistres continuant à augmenter, les résultats techniques des assureurs dommage français auraient vraisemblablement été négatifs en 2021, en l’absence de ces restrictions ». Par ailleurs, les procès en cours sur la prise en charge des sinistres liés au coronavirus dans le cadre des contrats couvrant les pertes d’exploitation engendrent « un risque juridique pour les assureurs dommage ».

Rattrapage de frais médicaux et arrêts de travail en santé prévoyance

Enfin, en 2021, les assureurs santé et prévoyance seront également confrontés à des défis, « en raison du rattrapage des frais médicaux et hospitaliers reportés l’an dernier et d’un niveau d’arrêts de travail encore élevé ». Néanmoins, les pressions exercées par le gouvernement et les législateurs empêchent les assureurs santé d’augmenter leurs tarifs. Il est également plus difficile pour les acteurs opérant en assurance collective de relever les tarifs. Et ce « dans la mesure où un grand nombre d’entreprises clientes sont financièrement en difficulté dans un contexte de faible croissance économique ».