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Arnaque au faux notaire : une prétendue assurance vie qui coûte cher !

Les arnaques aux prétendues assurances vie héritées de proches décédés se multiplient. Le point sur ces escroqueries au mode opératoire bien rodé.

Avec la crise sanitaire, les tentatives d’escroqueries se multiplient, et dans tous les domaines. Plusieurs cas de victimes d’arnaques au faux notaire, à Pau (Pyrénées-Atlantiques) notamment, ont ainsi été rapportés par Le Parisien. Dans une affaire récente, un escroc bien renseigné, usurpant l’identité d’un véritable notaire, contacte la proche d’une personne décédée pour lui dire qu’une assurance vie a été léguée à son père, âgé de 94 ans. Il lui explique que pour verser les fonds, il a besoin de documents d’identité et d’une procuration. Prise d’un doute, la victime contacte la chambre des notaires de Pau et découvre à temps la supercherie.

Mais ce n’est pas le cas de tout le monde : ces derniers jours encore, en utilisant l’identité de ce même notaire, quelque 40 000 euros ont été soutirés à un habitant de l’Est de la France. « La crise sanitaire favorise l’isolement de personnes vulnérables et entraîne une hausse des décès, donc des cibles potentielles », explique au quotidien un connaisseur du dossier.

Une arnaque fréquente

L’arnaque n’est pas nouvelle en soi : dès juin 2020, la gendarmerie faisait état d’une « hausse significative » de ces agissements. Plusieurs enquêtes sont en cours au Mans, dans la Sarthe, en Loire-Atlantique ou en Ille-et-Vilaine, où la chambre des notaires de Rennes comptabilise « une dizaine de victimes, donc certaines qui ont versé entre 10 000 et 20 000 euros aux escrocs ». Une enquête dans le Nord porte sur un préjudice qui dépasse le million d’euros.

Le mode opératoire est souvent le même. Les victimes, touchées par un deuil récent, publient un avis de décès dans la presse locale. Les faux notaires y trouvent leurs cibles et des informations familiales utiles pour les approcher. « Au cours de cette conversation, les usurpateurs évoquent une assurance vie de plusieurs centaines de milliers d’euros léguée par le défunt. Pour bluffer leurs victimes, ils transmettent de faux documents signés du nom de vrais notaires », explique Le Parisien.

Comment éviter l’escroquerie au faux notaire ?

Pour verser les fonds, les aigrefins expliquent avoir besoin d’un acompte de 5 % du montant de l’assurance vie, soit 10 000 à 20 000 euros. Viré en France, l’argent atterrit sur des comptes rebonds en Europe de l’Est. Puis en Asie, où il devient impossible à tracer. Mais bien souvent, c’est en Israël qu’il termine sa course, où de véritables call-centers sévissent. « On le retrouve dans presque toutes les arnaques conçues ces dernières années par des escrocs franco-israéliens », note un proche des investigations qui voit la marque de ces aigrefins dans l’escroquerie au faux notaire. « Nous avons affaire à des groupes criminels organisés, avec d’importants moyens technologiques et humains », souligne la commissaire divisionnaire Anne-Sophie Coulbois, patronne de l’Office central de lutte contre la délinquance financière (OCRGF).

Comment y échapper ? La vigilance reste la règle. Car se faire rembourser ou obtenir un procès est quasi impossible. Même si la coopération entre la France et Israël aboutit parfois à des extraditions. Certaines sont espérées « dans les mois à venir », conclut le quotidien.