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Assurance vie : que valent les contrats des banques ?

Elles captent la majeure partie du marché de l’assurance vie. La faiblesse de leur offre est pourtant souvent pointée du doigt. Pour y voir clair, nous avons passé au crible les contrats de dix grandes banques. Verdict.

assurance vie
Crédit: iStock.

Avec sa vocation généraliste, le banquier est l’interlocuteur privilégié de tout épargnant. Y compris pour souscrire une assurance vie, bien que ce placement soit juridiquement géré par une compagnie d’assurances. En l’occurrence, il s’agira quasi systématiquement d’une filiale du groupe bancaire. Une histoire de famille, en somme. Les banques ont fait main basse sur ce marché dont elles gèrent environ deux tiers des encours depuis une vingtaine d’années. Un succès dû à la force des réseaux de distribution qui émaillent tout le territoire. Incontestablement, la notoriété d’une enseigne facilite ses affaires !

Mais quid de la qualité des contrats proposés ? Pour l’épargnant soucieux de ses deniers, c’est finalement la question clé. Nous avons ciblé notre enquête sur l’offre mise en avant actuellement par les dix banques ­majeures du pays. Pour porter un jugement étayé, nous avons tout d’abord épluché les contrats, tant sur un plan technique (frais, options…) que financier (fonds en euros, unités de compte…).

Mais ce n’est pas suffisant. Placement de moyen ou long terme, notamment pour profiter de sa fiscalité allégée sur les retraits passé huit années de détention, l’assurance vie se juge aussi à travers les services liés aux contrats, le traitement de ces derniers au fil des ans, le poids des réserves du fonds en euros, etc. Voici le fruit de notre investigation, sans complaisance ­aucune. Le résultat n’est pas toujours, tant s’en faut, à l’avantage des banques. Mais gare au trompe-l’œil, le pire peut aussi y côtoyer… le meilleur.

Banque populaire : l’offre patrimoniale, sinon rien

Depuis 2014, la gamme assurance vie des Banques Populaires n’a pas bougé, un point plutôt positif sur un marché très mouvant. Elle se compose de trois contrats, tous aux mains de sa filiale BPCE Vie. Le plus attractif est destiné aux clients patrimoniaux (voir zoom). L’offre grand public, qui a pour nom Horizéo et qui s’ouvre avec 100 euros (ou 30 euros par mois), est en revanche sans attrait particulier. Les frais sont peu engageants, avec 3 % pris sur les versements et 0,80 % par an sur l’encours des fonds risqués (unités de compte). Le fonds en euros est faiblard (0,80 à 1,15 %), la palette de fonds pour diversifier trop limitée et quasi monogestionnaire (aux mains de Natixis IM). Bref, insuffisant !

Il en va de même pour le produit Plan Epargne Enfant, destiné aux parents ou grands-parents qui souhaitent constituer un capital pour leurs descendants. Le fonds en euros y est famélique (0,64 % en 2020 après 0,84 % en 2019). Dommage, car le principe du contrat avait de quoi intéresser les familles, avec le choix de l’âge (entre 16 et 25 ans) auquel l’enfant percevra le capital.

Zoom sur Quintessa. Sur le papier, ce contrat ­cumule quelques atouts certains. Un, des frais contenus (1,50 % sur les versements, 1 % s’ils sont réguliers). Deux, une grille de 200 fonds multigestionnaires, dont certains immobiliers, et trois profils de gestion pilotée. Bémol, le fonds en euros est pâlichon (0,80 à 1,15 % en 2020). Ce contrat affiche un seuil de versement contractuel assez bas (1 500 euros), mais en réalité, il est proposé aux clients disposant de revenus mensuels supérieurs à 5 000 euros et d’une surface financière d’au moins 150 000 euros.

BNP Paribas : à la recherche d’un second souffle

Voilà une enseigne dont l’offre aura été chamboulée par la récente évolution des fonds euro-croissance. La banque de la rue d’Antin en était le porte-drapeau depuis dix ans, ce n’est plus le cas. Ses produits BNP Paribas Avenir Retraite et BNP Paribas Multiplacements Diversifié ont été retirés des linéaires commerciaux depuis l’automne. Et l’euro-croissance n’est plus accessible, pour l’heure du moins, dans ses autres assurances vie. Dommage, car c’était l’ingrédient attractif de son offre grand public (voir zoom).

Pour la clientèle patrimoniale, la banque propose BNP Paribas Multiplacements Privilège, avec quelques éléments positifs. Son ticket d’entrée est limité à 20 000 euros. Ses solutions financières sont élargies à quelques sociétés de gestion externes à la banque. Et le fonds en euros, certes peu explosif, reste pour l’heure au-dessus de la barre des 1 % avec un rendement de 1 à 1,20 % l’an dernier selon l’encours du contrat. Point qui rassurera certains, les réserves de rendement dépassent 6 % de l’actif. Leur restitution est, elle, très hypothétique. Plus concrets, les frais du produit – 1,06 % par an sur l’encours des unités de compte et 1 % par arbitrage – vont fortement peser sur la rentabilité de l’épargne.

Zoom sur BNP Paribas Multiplacements 2. 1990. C’est la date de naissance de ce contrat, l’un des plus vieux du marché. Ce paquebot géré par Cardif Assurance Vie, filiale de BNP Paribas, ne brille malheureusement pas par ses caractéristiques. On regrette principalement des frais excessifs (jusqu’à 4,85 % sur les versements) et des unités de compte exclusivement monogestionnaires. Exit aussi désormais le fonds ­euro-croissance, sauf pour les anciens assurés (antérieurs à octobre 2020). Quant au fonds en euros, il ­résiste (1 à 1,20 % en 2020), mais sans éclat. Un rafraîchissement semble s’imposer.

Caisse d’Epargne : une offre large mais sans saveur

Il y a cinq ans maintenant, la Caisse d’Epargne troquait son lot d’assurances vie (plutôt médiocres) gérées par CNP Assurances pour lancer sa gamme Millevie, aux mains de la compagnie BPCE Vie. Logique, comme la Banque Populaire, l’Ecureuil est désormais dans le giron du groupe BPCE. Sa gamme de contrats se décline en quatre étages, le premier étant destiné aux mineurs (voir zoom). Le produit d’appel, Millevie Essentielle, s’ouvre avec 500 euros, ce qui demeure un ticket d’entrée élevé pour sa catégorie. Son contenu est trop restreint, avec un fonds en euros qui rapporte désormais moins de 1 % (0,80 % en 2020) et une cinquantaine de fonds gérés par la maison Natixis et ses filiales.

Les deux produits supérieurs, Millevie Premium, qui s’ouvre avec 15 000 euros, et surtout Millevie ­Infinie, qui requiert 100 000 euros de versement initial, sont certes mieux garnis. Avec un vrai accès à la multigestion, surtout pour la version Infinie. Les frais y sont aussi réduits (2 % maximum sur les versements avec Infinie). Le fonds en euros ? Il reste le maillon faible, avec 0,95 % pour Millevie Premium, et seulement 1,15 % pour Millevie Infinie.

Zoom sur Millevie Initiale. On pourrait n’y voir qu’un concept marketing. Après tout, n’importe quelle assurance vie peut être ouverte au nom d’un mineur. Mais avec son contrat Millevie Initiale, la Caisse d’Epargne balise le terrain pour les parents ou grands-parents qui souhaitent construire un pécule pour leurs descendants, avec la signature d’un pacte adjoint indiquant l’âge de perception des sommes pour l’enfant (entre 18 et 25 ans). Dommage que, sur le plan financier, le contrat soit sans attrait particulier, souffrant d’un fonds en euros palot (0,80 %) et de l’absence d’une véritable multigestion.

Crédit Agricole : la nouveauté va-t-elle payer ?

Chez la banque verte, l’assurance vie est une affaire à multiples tiroirs. On compte pas moins de cinq contrats accessibles au grand public ou à une clientèle patrimoniale, avant de s’aventurer sur l’offre de banque privée, très riche elle aussi. Essayons d’y voir clair. Le contrat grand public, du nom de Predissime 9 série 2, géré par Predica, filiale du Crédit Agricole, ne présente aucun intérêt spécifique. En cause, une offre financière restreinte et un fonds en euros au tapis (0,65 % en 2020), qui, cette année, sera du reste soumis à des bonus selon la part de fonds risqués. Ce n’est guère mieux avec les produits Vers l’Avenir et Contrat Solidaire, aux résultats décevants.

Comme souvent dans les réseaux bancaires, la récolte est plus juteuse sur l’offre patrimoniale, qui vient d’être renforcée (voir zoom). Ainsi, le contrat Floriane 2, qui s’ouvre avec 5 000 euros à condition de placer 30 % sur des fonds risqués, donne accès à la multigestion, même si Amundi (filiale du Crédit Agricole) y est surreprésentée. Le fonds en euros est, lui, très élastique, son taux variant selon la part d’unités de compte détenues et l’encours du contrat. Soit de 0,65 à 1,85 % l’an dernier.

Zoom sur Anaé. Lancé en janvier 2020, ce contrat est accessible avec un premier versement de 10 000 euros. On apprécie sa palette de fonds élargie, trop maigre en immobilier toutefois. Les frais sont contenus (2,5 % à l’entrée). Problème, la lecture du contrat se révèle compliquée avec trois formules de gestion à partir de 100 000 euros, variant selon la « somme des versements… diminuée des rachats partiels » et ainsi de suite. Pourquoi faire si complexe ? Le fonds en euros a rapporté de 1 à 2 % l’an dernier selon la part d’unités de compte et l’encours du contrat.

Crédit Mutuel Arkéa : une gamme souple et efficace

Ces trois dernières années, la banque de l’Ouest aura complètement refondu sa gamme d’assurances distribuée dans ses agences (Crédit Mutuel de Bretagne et du Sud-Ouest). Pilotée par Suravenir, sa filiale assurance qui travaille aussi avec des réseaux de distribution tiers sur Internet ou via les courtiers, l’offre se concentre désormais sur deux contrats. Le produit destiné au grand public, Navig’Options, a été lancé en 2018. C’est un contrat de bonne facture, avec des charges contenues (2 % de frais d’entrée) et la gratuité des arbitrages. L’épargnant a accès à quelques fonds multigestionnaires, ce qui est très rare pour ce standard de contrat au sein des banques. Mais l’établissement, via son assureur, met clairement la priorité sur les solutions de gestion pilotée, accessibles avec 300 euros seulement. Les performances sont au rendez-vous, malgré des frais élevés (1,30 % par an). Gros bémol de cette offre, le fonds en euros et son taux de 0,50 % seulement en 2020, porté à 1,20 % dans les profils de gestion pilotée. A noter : les détenteurs de l’ex-multisupport Previ-­Options, commercialisé pendant une vingtaine d’années par la banque, peuvent demander à migrer sur cette nouvelle offre sans perte de l’antériorité fiscale. A saisir.

En parallèle, Le Crédit Mutuel Arkéa a déployé ­depuis l’automne dernier une offre patrimoniale plutôt bien ficelée (voir zoom). Bilan, une gamme claire, ­tonique et attractive, à éviter toutefois si l’on veut jouer uniquement la sécurité. C’est du reste impossible, l’assureur exigeant au moins 30 % de fonds risqués sur tout versement !

Zoom sur Navig’Patrimoine. 25 000 euros sont requis pour ouvrir cette assurance vie. Les frais y sont limités (0 % sur les versements en gestion déléguée, 2 % sinon). L’offre financière est très diversifiée. Le contrat s’appuie sur dix profils de gestion déléguée, aux mains de différentes sociétés de gestion, avec des thématiques (par exemple, un profil « infrastructures »). Autre atout : vous pouvez combiner ce type de gestion avec une stratégie dite « autonome » sur une autre part du capital. Le fonds en euros a donné 1,30 % dans le cadre des dix mandats, sinon 1 % en gestion libre.

Crédit Mutuel-CIC : le choix du produit tout-en-un

A rebours des banques concurrentes, le Crédit Mutuel (qui incorpore aussi le Crédit ­Mutuel Nord Europe et le CIC) a fait depuis une dizaine d’années un choix clair, afficher au menu une seule assurance vie. Avec pour credo, un produit « conçu pour vous accompagner tout au long de votre vie », selon le slogan du réseau. Ajoutons qu’il s’agit d’un contrat évolutif selon l’encours géré (voir zoom). Cette politique a deux avantages évidents pour l’épargnant. Un, c’est beaucoup plus simple, il sait à quoi s’en tenir. Deux, une fois embarqué dans le contrat, vous n’aurez pas à en changer, par exemple si votre patrimoine s’étoffe pour pouvoir accéder à l’offre haut de gamme. Est-ce pour autant efficace ? A coup sûr non, si votre épargne reste modeste. Comme souvent dans les banques, on bichonne les clients les plus aisés.

En parallèle, la banque gère un vaste stock d’anciens contrats, notamment ceux du Crédit Mutuel Nord Europe, tous aux mains des ACM Vie, filiale du groupe bancaire. Avec un certain cran, le réseau a choisi l’an dernier de stabiliser les taux des fonds en euros, allant à rebours du marché. Y compris sur ces anciens contrats monosupports en euros, comme Livret Assurance ou Livret Vie. Ce, tout en augmentant les réserves de son actif en euros, autour de 8 % maintenant. Qui dit mieux ? Rassurant pour l’avenir, même si la redistribution de cette cassette est incertaine.

Zoom sur Plan Assurance Vie. C’est un contrat tout-en-un, dans lequel plus le capital grossit, plus l’offre s’affine et les frais baissent. On y compte trois strates. La première, jusqu’à 15 000 euros d’encours, ne présente pas d’intérêt particulier (fonds en euros à 1 %, offre financière maison, frais élevés). C’est un peu mieux de 15 000 à 50 000 euros sous gestion, avec un petit gain sur le fonds en euros. En revanche, passé 50 000 euros, la gamme financière est résolument plus diversifiée, les arbitrages sont gratuits, et le fonds en euros grignote quelques centimes (1,15 % en 2020).

HSBC : des contrats classiques sans attrait particulier

En 2018, les trois principaux contrats de la banque avaient été rebaptisés sous une version « 2 »… mais sans grand changement à la clé, sinon des évolutions techniques mineures. En début de gamme, avec un versement de 150 euros, vous accédez à HSBC Essentiel 2. Malgré des frais d’entrée contenus, voire annulés la première année si les versements sont programmés avec au moins 40 % d’unités de compte, cette assurance vie est sans intérêt, composée uniquement de supports maison et d’un fonds en euros moyen (0,87 à 1,17 % en 2020 selon la part d’unités de compte).

Avec 1 000 euros de mise initiale, vous accédez à HSBC Evolution Patrimoine Vie 2, le produit le plus mis en avant par la banque (voir zoom). Avec 150 000 euros, place à HSBC Stratégie Patrimoine Vie 2. Là, les frais d’entrée sont nettement réduits, à 1,50 %, l’offre financière devient multigestionnaire (de manière limitée toutefois), et le fonds en euros se défend un peu mieux, affichant jusqu’à 1,55 % pour un assuré détenant au moins 60 % d’unités de compte. Rien d’exaltant pour une banque qui annonce mettre votre « satisfaction au premier plan ».

Zoom sur HSBC Evolution Patrimoine Vie 2. Les titulaires d’un compte bancaire HSBC peuvent souscrire ce contrat sur le Net. Est-ce à leur avantage ? A part des frais à peine contenus, avec 2 % sur les versements (0,50 % s’ils sont réalisés en ligne) et 0,80 % par an sur l’encours des unités de compte (UC), non ! L’offre financière est certes large (80 supports) mais pilotée par une ­société de gestion unique, interne au groupe bancaire. Le fonds en euros est poussif, avec 0,86 à 1,32 % servi en 2020 selon l’encours et la part d’UC. Il faut atteindre 150 000 euros de capital géré pour accéder à des services plus élaborés.

La Banque Postale : pas pour le grand public

Quel paradoxe ! La Banque Postale, établissement historiquement populaire, propose une offre en assurance vie compétitive pour sa clientèle… patrimoniale. Pour le grand public, passez votre chemin. Un constat sans équivoque pour le produit Vivaccio, lancé voici quinze ans déjà, qui s’ouvre avec 500 euros (75 euros pour les moins de 18 ans ou en cas de versements programmés). Son fonds en euros est rachitique depuis plusieurs années (0,70 % en 2020) et son offre de diversification très limitée, avec cinq unités de compte gérées en interne. Le contrat est aussi trop confus dans sa construction, avec des options multiples et inutiles. Autre élément peu rassurant pour l’avenir de Vivaccio, la liste est longue des anciens contrats destinés au grand public et tombés dans les oubliettes chez l’assureur CNP Assurances, qui pilote toute la gamme de La Banque Postale. Citons notamment GMO, Solésio Vie ou encore Poste Avenir.

Si Vivaccio est à éviter, l’offre patrimoniale se révèle de bien meilleure qualité. Avec 25 000 euros (voire 5 000 euros selon les fenêtres commerciales), vous avez accès à Cachemire 2 (la première version a rapidement été abandonnée), qui donne accès à certaines solutions de diversification intéressantes (voir zoom). Enfin, au dernier étage, le contrat Cachemire Patrimoine, qui se souscrit avec un premier versement d’au moins 150 000 euros, fait évidemment tout mieux. Important, l’accès à la gamme Cachemire peut maintenant être exigé par les détenteurs d’anciens contrats mal gérés, comme Ascendo, ex-offre haut de gamme de La Banque Postale. Dans le cadre de la loi Pacte, tout assuré peut demander le transfert de son capital d’un contrat à un autre chez le même assureur, en l’occurrence CNP ­Assurances. C’est, en l’espèce, plus que jamais justifié. A noter également : le groupe bancaire propose un bon contrat, aux mains de CNP Assurances, sur sa filiale, le courtier en ligne EasyBourse.

Zoom sur Cachemire 2. En 2020, le fonds en euros de ce contrat a rapporté du simple au double, selon la part d’unités de compte détenues (de 0,95 à 1,90 % précisément). La diversification s’impose ici, avec une offre de fonds assez riche, essentiellement aux mains de la banque mais pas seulement. Quelques supports immobiliers et ETF complètent le tout. Les frais se ­situent dans la moyenne (3 % à l’entrée, 0,85 % sur la gestion). Bilan, une offre convenable, au ticket d’entrée officiel de 25 000 euros, mais abaissé à 5.000 euros sous condition d’investir en unités de compte.

LCL : un manque de constance peu engageant

Hors banque privée, un seul contrat est désormais commercialisé chez LCL. Le ménage a été fait de ­manière radicale, après plus de trente ans passés à multiplier les assurances vie. Ce qui était vraiment problématique pour un placement de long terme, censé vous suivre des années durant (sans limite en fait, sinon le décès). Passons sur les rendements faméliques de tous les anciens contrats estampillés de noms de couleur (comme Lionvie Bleu Indien, Vert Equateur, Jaune Saison). Où en est-on aujourd’hui ? La banque propose depuis 2018 une offre très accessible baptisée LCL Vie, gérée par Predica, filiale du groupe bancaire Crédit Agricole dont LCL est une marque. Une sorte de produit tout-en-un comme au Crédit Mutuel, mais sans attrait particulier toutefois (voir zoom).

Un autre contrat, LCL Acuity Evolution, s’avère plus intéressant mais il est clairement réservé à la clientèle de la banque privée. Là encore, cette assurance vie en a remplacé plusieurs autres qui n’auront duré que quelques années (Acuity 1 et 2, Rouge Corinthe 1, 2 et 3…). Cette fois, la théorie de l’évolution, dixit le nom du contrat, est assumée par la banque. On trouve dans cette offre trois strates d’investissement, 1 000, 10 000 et 100 000 euros, avec des frais de gestion dégressifs et des options en plus en pagaille à chaque changement de formule. Bon point, il est possible d’y combiner gestion libre (230 fonds multigestionnaires proposés) et sous mandat, ce qui est rare sur le marché. Les frais de gestion du fonds en euros sont dégressifs selon l’encours du contrat, allant de 0,80 à 0,60 % par an, mais ceux sur les unités de compte restent fixés à 0,95 % annuel, ce qui est élevé.

Bonne nouvelle, encore : les anciens contrats patrimoniaux de la banque doivent profiter de ses caractéristiques. On aurait aimé en voir autant pour l’offre destinée à la masse des épargnants.

Zoom sur LCL Vie. Ce produit s’ouvre avec 50 euros. L’offre financière, pourtant assez dense avec une centaine de fonds, est exclusivement aux mains du groupe bancaire Crédit Agricole. Le support euro-croissance a été fermé aux nouveaux venus. Côté fonds en euros classique, c’est le grand écart selon l’encours du contrat et la part d’unités de compte (UC), le taux allant de 0,65 à 1,85 % (plus de 50 % d’UC et 100 000 euros d’encours !). Reste les frais, pas très bon marché. 0,95 % par an sur les fonds risqués, 3,50 % sur les versements, aucun arbitrage gratuit…

Société Générale : une offre cohérente mais sans éclat

A la Société Générale, assurance vie rime avec essence d’arbre. Trois contrats fondent l’offre de la banque, avec une constance méritoire. Le produit d’entrée de gamme – Erable Essentiel – n’a rien pour convaincre. Son fonds en euros est peu rentable (0,75 à 1,20 % en 2020 selon l’encours géré) et sa gamme de fonds limitée en plus d’être monogestionnaire. La gestion déléguée est proposée dès 15 000 euros, mais avec des frais trop élevés. L’offre de milieu de gamme, Séquoia, contrat lancé en 1994, avec un ticket d’entrée de 7 600 euros, est à peine plus consistante (voir zoom). Bon point : pour tous ses clients, la banque donne accès, depuis février, à une gamme de fonds « responsables » multigestionnaires, aux mains de sociétés extérieures renommées comme DNCA Finance.

Pour un ticket de 150 000 euros, vous pouvez accéder à l’essence Ebène. Ce contrat est évidemment le meilleur de la banque, avec une offre multigestionnaire digne de ce nom, de la pierre papier, des options de gestion bien conçues. Le fonds en euros reste néanmoins poussif, à 1,15 % en 2020 (1,20 % en « private banking »). L’assureur Sogecap, filiale de l’enseigne, dispose de réserves significatives (autour de 6 %), censées soutenir les rendements futurs. Mais cet argument est surtout utilisé pour rassurer la clientèle patrimoniale, donc rien de certain.

Zoom sur Séquoia. Avec plus de 40 milliards d’euros sous gestion, ce contrat est un poids lourd du marché. L’offre a de la bouteille, et tous ses détenteurs profitent des évolutions apportées par l’assureur. Ses atouts sont toutefois assez maigres, avec une gamme de fonds sans réelle multigestion. Ajoutons un service de gestion déléguée reposant sur une tarification compétitive. Sinon, le fonds en euros est sans éclat (0,75 à 1,20 % en 2020 selon l’encours). Et les frais carabinés : 3 % à l’entrée, 0,96 % par an sur le capital, incluant toutefois une assurance décès.