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Fonds en euros : un déclin contrasté

Les fonds en euros rapporteront de moins en moins ces prochaines années, autour de 1% en 2021. Les écarts de rendement sur le marché sont toutefois très importants. Il faut résolument faire la chasse aux meilleurs fonds en euros.

1,30%. Tel fut le rendement moyen des fonds en euros l’an dernier, selon la Fédération française de l’assurance. Contre 1,50% en 2019, 1,80% en 2018… 2,30% en 2015… 4% en 2008… et 5,30% en l’an 2000. Depuis 20 ans, ce taux s’est donc largement effrité. En face, les taxes sociales n’ont, elles, pas cessé de venir le ronger encore un peu plus. Résultat, le fonds en euros, prisé pour sa garantie en capital et sa liquidité, comble désormais à peine l’inflation. Il ne permet plus de s’enrichir, c’est certain. L’avenir ? Il est morose. Tous les assureurs anticipent une nouvelle baisse du rendement cette année, de 20 à 30 centimes. Et sans remontée progressive des taux obligataires, peu probable dans le contexte actuel, il tendra inexorablement vers 0. Les assureurs pourraient toutefois limiter la casse en restituant tout ou partie des réserves de rendement, qui se sont fortement épaissies depuis dix ans pour atteindre 5% en moyenne par compagnie (gros écarts en réalité).

Les rendements font le yo-yo entre 0,50 à 2,75 %

Ce déclin du fonds en euros est toutefois à géométrie variable. Le taux moyen du marché cache en effet des écarts de revalorisation significatifs selon les assureurs et même selon les contrats d’une même compagnie. En 2020, les rendements de contrats en cours de commercialisation (environ 300 produits) ont couru de 0,50% à 2,75%. Autrement dit, vous pouviez gagner 450% de plus sur le meilleur des chevaux que sur les derniers de la course ! Ne parlons même pas des centaines de contrats sortis des linéaires commerciaux, dont les résultats ont surfé de 0% à 4,50%, voire 6% pour de vieux contrats bénéficiant de taux garantis. Comment expliquer un tel écart ? C’est assez simple, un assureur gère très souvent un seul actif en euros (dit actif général), dont il est libre, conformément au code des assurances, de répartir les produits financiers entre ses contrats. Voilà comment on déshabille Pierre pour habiller Paul. Pour l’équité, vous repasserez !

En somme, les assureurs louvoient à leur guise sur la rémunération des fonds en euros. Aux assurés d’en faire autant, en traquant les fonds en euros les plus rentables sur la durée. Un repère : sur la tranche 2017-2020, le taux moyen du marché était de 6,55% cumulé (hors taxes sociales). Les bons fonds en euros auront fait mieux, entre 7 et 10%. On les trouve du côté des associations d’épargnants ou des mutuelles d’assurances. A contrario, les banques, qui font les deux tiers du marché, auront quasi-systématiquement fait moins (moins de 5%) ! Mais le taux n’est pas tout. D’autres critères doivent être pris en compte pour résister à l’érosion des rendements. Le premier porte sur les frais d’entrée. La ponction tutoie les 3% en moyenne sur le marché, excessif face à des rendements de 1% voire moins. Ce chargement doit être négocié âprement ou, plus simple, il faut viser les contrats sans frais ou modérés (2% au grand maximum). Second critère : l’accès au fonds en euros. De plus en plus d’assureurs ne permettent plus d’y verser 100% de son épargne. Cette contrainte (souvent non prévue au contrat !) peut vous être profitable si la compagnie bonifie le rendement en contrepartie et vous aviez décidé de vous diversifier sur des fonds risqués (unités de compte). A défaut, mieux vaut viser les contrats permettant encore d’accéder librement aux fonds en euros. Ou savoir louvoyer, par exemple quand seul le versement initial au contrat impose un versement sur les unités de compte, se contenter du minimum requis, puis verser davantage par la suite. Bref, aux épargnants de prendre les choses en main. Mal en point, le fonds en euros n’est toutefois pas mort et reste un élément utile pour gérer son épargne.