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Placements : payez-vous trop de frais ?

Quelle est la somme exacte des frais prélevés sur vos placements ? Parfois, il vaut mieux regarder à deux fois afin que le rendement reste avantageux.

chômage

La question des frais prélevés sur l’épargne des particuliers est revenue récemment sur le devant de la scène avec la publication du rapport du CCSF sur les PER. Le rapport a ainsi pointé que l’accumulation de frais sur ces produits plombait les rendements. Cependant, ce constat n’est pas nouveau car tous les placements étant ponctionnés à divers degrés. Mais savez-vous si ce que vous payez est dans la moyenne du marché ? Voici les repères sur 3 principaux placements – actions en direct, FCP et Sicav, PER –  pour vous aider à faire le point et prendre, le cas échéant, les bonnes décisions (en clair, faire jouer la concurrence).

Actions en direct

Si vous investissez en bourse sur des actions de sociétés cotées pour les loger dans un PEA ou un compte-titres, vous devez régler des frais de courtage sur chaque transaction. L’AMF a d’ailleurs publié dans la dernière lettre de son Observatoire de l’épargne (mars 2021), une évaluation de ces derniers selon que les ordres étaient passés par Internet (cas le plus fréquent) depuis un PEA ou un compte-titres.

Dans une banque traditionnelle, il vous en coûtera pour un ordre de 1 000 euros 0,49 % (soit 5 euros)  depuis un PEA et 0,79 % (soit 8 euros) depuis un compte-titres. Pour un ordre de 10 000 euros, les frais de courtage sont en moyenne de respectivement 0,48% (48 euros) et 0,52% (52 euros). Il est donc moins cher de boursicoter via un PEA qu’un compte-titres. Par ailleurs, toujours dans une banque, vous devrez acquitter des droits de garde annuels pour la conservation des titres. Comptez en moyenne pour un portefeuille de 10 000 euros composé de 10 lignes 0,69 % (69 euros) sur un PEA et 0,73 % (73 euros) sur un compte-titres ; et pour un portefeuille de 60 000 euros, toujours avec 10 lignes, respectivement 0,33 % (199 euros) et 0,29 % (175 euros).

En revanche, chez les courtiers en ligne, les frais sont 2 à 3 fois plus bas. Ainsi, pour les actions cotées sur Euronext Paris, pour un ordre de 5 000 euros, il faut compter 0,20 % (10,20 euros) et pour un ordre de 10 000 euros, 0,17 % (16,50 euros). Il s’agit là bien sûr de moyennes. D’ailleurs, preuve s’il en est qu’il faut faire jouer la concurrence, les écarts entre acteurs sont notables : comptez, par exemple, pour un ordre de 5 000 euros, 4,50 euros chez BourseDirect, contre 25 euros chez Boursorama Banque, soit 5 fois plus ! A noter également : ces acteurs en ligne ne facturent pas de droits de garde.

FCP et Sicav

Sur ce type de placement, vous devrez payer outre les éventuels droits d’entrée, des frais courants annuels de fonctionnement et de gestion. En moyenne, il faut prévoir 1,26 % (chiffre 2019). Retrouvez ci-dessous la moyenne par catégorie.

Catégorie Frais 2019 Frais 2018
Actions Amérique1,29 %1,35 %
Actions Asie Pacifique1,61 %1,53 %
Actions Europe1,53 %1,55 %
Actions internationales1,71 %1,78 %
Actions thèmes et secteur1,57 %1,59 %
Diversifiés zone euro1,31 %1,38 %
Diversifiés europe1,36 %1,45 %
Diversifiés internationaux1,63 %1,72 %
Fonds à horizon1,28 %1,33 %
Obligations convertibles en euros1,01 %1,02 %
Obligations convertibles Europe0,94 %1,05 %
Obligations convertibles internationales1,45 %1,26 %
Obligations en euros0,61 %0,58 %
Obligations haut rendement0,88 %0,87 %
Obligations internationales0,93 %0,90 %
Trésorerie en euros0,13 %0,13 %
Source : Six Financial Information, décembre 2020.

Sur les 92 ETF d’actions recensés, les frais affichés s’élèvent en moyenne à 0,36 % (toujours pour 2019) et à 0,95% pour les 81 fonds d’actions indiciels. Quant à l’épargne salariale, les 178 fonds d’épargne salariale diversifiés recensés ont prélevé en moyenne en 2019 1,31 % de frais courants annuels et 1,46 % pour les fonds d’épargne salariale actions Europe. Là aussi, la ponction est variable selon les fonds : consultez impérativement le Document d’informations clés de chaque fonds pour connaître les prélèvements que vous subirez.

Il faut pourtant noter que les frais d’entrée sont la plupart du temps négociables. Et il ne faut pas que vous hésitiez à le faire auprès de votre intermédiaire. Mais ce sont les frais annuels de gestion qui plombent le plus le rendement, d’autant que l’investissement se fait à long terme. A surveiller aussi !

PER, assurance vie

A l’instar des anciens dispositifs, comme le Perp, le contrat Madelin ou l’Article 83, ces produits supportent une accumulation de frais. Le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) a alerté sur ce sujet les jugeant excessifs. Les seuls frais de gestion s’élèvent à eux seuls à 3 %. Cela sans compter les autres ponctions qui s’y rajoutent (frais sur versements, arbitrages…). Un tableau consultable ici synthétise l’ensemble des frais moyens.

Problème : compte tenu de l’absence d’information tarifaire directement et facilement accessible sur les PER comme les assurances vie, il est impossible aujourd’hui pour les épargnants de comparer les produits entre eux. Voilà pourquoi le CCSF plaide pour l’instauration d’un comparateur public des frais des PER et des assurances vie sur le modèle de celui qui existe pour les tarifs bancaires.

Un outil qui serait plus que bienvenu tant les frais en ce domaine rognent le rendement. Une étude du site MoneyVox montre que verser de l’argent sur une assurance vie dans une grande banque ne vous rapportera rien pendant au moins deux ans à cause des frais d’entrée ponctionnés (3 % en moyenne) ! 3,5 milliards d’euros sont ainsi empochés par les assureurs chaque année sur le dos des souscripteurs.

Quelques règles à suivre

L’AMF rappelle quelques précautions pour limiter la note :

  • Consultez toujours la documentation du produit avant d’y mettre vos billes (notice d’information, DICI, DIC…). Les frais y sont en effet mentionnés. Scrutez-les à la loupe.
  • Demandez également à votre conseiller si une évolution est prévue en cours de contrat et si oui comment.
  • Vérifiez aussi si le taux de rendement annoncé est net de frais ou non. Sinon demandez-le, ou déterminez-le. Des convertisseurs existent aussi sur Internet.
  • Regardez ensuite si les frais sont négociables et faites jouer la concurrence au besoin.
  • De plus, fuyez les frais précomptés, c’est-à-dire les frais des années à venir qui sont prélevés en une seule fois à l’entrée par anticipation.
  • Et enfin, le principal, ne souscrivez jamais un produit sans connaître les frais !