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PER : Bercy demande plus de transparence sur les frais

Bruno Le Maire souhaite que les PER soient moins chargés afin d’améliorer le pouvoir d’achat des Français et des épargnants, et compte sur la bonne volonté des assureurs et des banques.

PER Bercy
Crédit : iStock.

Cet été, un rapport du Comité consultatif du secteur financier alertait sur le niveau excessif des frais ponctionnés sur les nouveaux Plans d’épargne retraite ou PER. Cette enveloppe lancée par la loi Pacte fêtera ses deux ans demain, vendredi 1er octobre 2021. Son succès auprès des épargnants ne se dément pas. Dans un point presse organisé ce jeudi 30 septembre, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé que l’objectif de 3 millions de Français équipés d’un PER en 2022 est d’ores et déjà dépassé, puisque ce sont au total 3,8 millions de plans qui ont été ouverts. Soit un peu plus de 1,8 millions de PER individuels et un peu plus de 1,4 millions de PER collectifs.

D’ici au début 2022, les 4 millions devraient être atteints, avec des encours dépassant les 50 milliards d’euros. Actuellement, les encours sont de 29,4 milliards pour les PER individuels et 12,6 milliards pour les PER collectifs. Pour le ministre de l’Economie et des Finances, cette envolée spectaculaire, « au-delà de nos espérances », tient au fait qu’il s’agit d’un « produit souple, sûr et rentable ».

Reste le point noir des frais. Pour Bruno Le Maire « les acteurs du marché prennent des commissions ou frais excessifs et il est nécessaire de prendre des mesures pour les faire baisser. Nous sommes dans un moment où la question du pouvoir d’achat préoccupe nos compatriotes et nous assumons notre rôle de gardiens de l’ordre économique en cherchant à faire baisser les frais partout où cela est possible ». Le rapport du CCSF pointait ainsi que les seuls frais de gestion dans un PER avec des unités de compte en actions s’élèvent déjà en moyenne à près de 3 %.

Problème :  s’y ajoutent des frais d’entrée, des frais d’arbitrage… Cet empilement grignote inévitablement le rendement servi in fine. Autre bémol : la difficulté de comparaison pour les épargnants entre les divers produits. L’information sur ces frais n’est pas disponible en amont, avant la souscription, et elle est difficilement compréhensible puisqu’il n’y a pas d’harmonisation (certains frais sont exprimés en euros, d’autre en pourcentage).

Pas de mesure contraignante mais une simple incitation

Bercy souhaite donc un « accord de place » pour faire baisser les frais et améliorer leur lisibilité. Les épargnants devront pouvoir avoir accès au montant total des frais exprimé en pourcentage de l’encours, avant toute souscription et ensuite pendant la vie du plan (synthèse annuelle), dans une colonne récapitulative. Pas de mesure contraignante donc, Bercy indiquant « on ne réglemente pas les prix dans notre ministère. Il existe sur le marché des propositions commerciales de qualité et peu coûteuses. Notre objectif est de ramener les contrats les plus éloignés de celles-ci dans le rang et d’éviter qu’ils ne contaminent négativement l’image  du PER ».

En revanche, et contrairement à ce que préconisait le CCSF, pas de mise en place d’un comparateur officiel des frais des PER sur le modèle de ce qui existe pour les frais bancaires. Bercy juge que sur les PER la principale difficulté est la mise à jour des offres.

En pratique, pour réduire la note, mieux vaut privilégier les contrats sur Internet, moins chargés. Boursorama Banque, par exemple, vient de lancer un PER individuel (Matla) à moins de 1 % de frais tout compris. D’autres affichent des frais d’entrée, sur versement et d’arbitrages à 0 % tels Caravel. Ne pas hésiter non plus à faire jouer la concurrence : pour rappel, au bout de cinq ans de détention, transférer son PER chez un nouvel assureur se fait sans frais.