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Assurance vie : quelles performances pour les robo-advisors en 2021 ?

Les robots-conseillers, ou « robo-advisors », proposant de piloter votre assurance vie ont tenu leurs promesses en termes de performances l’an passé. Mais leurs résultats sont très disparates. Panorama.

Peut-on faire confiance à un robo-avisor ? Ces robot-conseillers ou plateformes d’investissement proposant de piloter votre épargne à travers une assurance vie ont bien tenu leurs promesses en 2021. Accessibles uniquement via une souscription en ligne, elles utilisent des algorithmes pour allouer votre argent selon votre profil d’investisseur. Ces fintech investissent, ensuite, dans des fonds (généralement des ETF) pour limiter les frais de gestion. Seul bémol, mis en avant par un récent rapport de l’ONG Better Finance, leurs algorithmes ne sont pas si sophistiqués ni si adaptés que ne laissent entendre leurs promesses marketing. Un épargnant avec le même profil de risque n’obtiendra d’ailleurs pas la même répartition entre actions et obligations selon les plateformes (voir tableau ci-dessous). De fait, leurs résultats financiers sont très différents.

Des résultats robustes

Parmi les plus solides, on retrouve Yomoni. Ce robo-advisor compte le plus de clients et d’encours sous gestion. En 2021, il affiche des performances qui s’échelonnent entre 1,6% (profil 1, sécurisé) à 22,7% (profil 10, le plus risqué) pour son offre en assurance vie. Depuis son lancement en 2015, ses performances cumulées sont largement positives comprises entre 12,6% et 72,1%. « En moyenne, nous avons délivré 9,5% nets par an à nos clients depuis notre lancement, soit mieux que 98% des fonds d’allocation plus traditionnels », résume Sébastien d’Ornano, son président. Yomoni se démarque par une véritable équipe de gestion en interne et une sélection rigoureuse et diversifiée des ETF.

Ses compétiteurs historiques (Advize, Fundshop…) ont pour la plupart changer de business model. Ils ne s’adressent donc plus directement aux particuliers, préférant désormais offrir leurs outils à des professionnels (assureurs…). Seul Nalo reste vraiment en course. Cette fintech n’a pas de profil type. Elle propose une allocation en tenant compte de vos différents projets de vie (retraite, achat d’une maison…) et de vos préférences en tant qu’investisseur (allocation standard, eco-responsable…)

De nouveaux entrants

Malgré la difficile percée de ces robots historiques auprès des particuliers, de nouveaux entrants ont fait leur apparition ces derniers mois. Certains ont un positionnement à part comme Ismo. Lancée en juillet 2020, cette application propose d’épargner les arrondis de vos dépenses payées par cartes bancaires. Des montants qui sont placés dans des fonds investis dans une sélection d’ETF en fonction de trois profils (prudent, équilibré ou dynamique). Un bon cru pour cette fintech qui se place dans le haut du panier, notamment pour son profil dynamique. « Grâce à une diversification des fonds ETF et une approche ISR confirmée, l’année 2021 a été en tout point remarquable pour Ismo », se félicite Philippe de Gouville, son gérant et cofondateur.

Lancée aussi en 2020, Mon Petit Placement veut rendre accessible les fonds de grands gestionnaires (Mirova, Rothschild, JP Morgan, Pictet…). Cette fintech lyonnaise affiche des objectifs de 3 à 12% de gain annuel selon les profils, qui ont été largement dépassés en 2021.

Des estimations encourageantes

D’autres nouveaux venus se sont lancés en 2021. Faute d’un historique suffisant, ils communiquent quant à eux sur des performances estimées via un backtesting. Dans ce cas de figure, Goodvest, qui se démarque par une assurance vie alignée avec les accords de Paris (c’est-à-dire en limitant le réchauffement climatique) annonce entre 5,2% et 14,94% de gains. Artur, qui veut démocratiser la gestion de fortune, communique des résultats moins porteurs allant de -0,80% pour le profil 1 à 13,27% pour le profil 6 (93% d’actions). Ramify, dernier né voulant réinventer la gestion de patrimoine, fait mieux avec des performances annoncées comprises entre 7,80% à 33,98% en utilisant 6 supports ETF de Lyxor. Des résultats à concrétiser en 2022 où les marchés risquent d’être bien plus volatils qu’en 2021 !

Les performances à la loupe:

Plateforme (année de création)Clientèle/EncoursPerformances 2021
Yomoni (2015)43 372 mandats/687 M€ d’encoursProfil 1: 1,2% ( 100% fonds euros)
Profil 6: 9,8%( 50% d’actions/50% d’obligations)
Profil 10: 22,7%(100% actions)
Ismo (2020)25 000  inscrits / 4 M€ d’encoursPrudent : +2,56% (15% d’actions)
Balanced : +11,86% (50% actions/50% obligations)
Dynamic : +20,74%(75% d’actions)
Mon Petit Placement (2020)8000 clients /30 M€ d’encoursProfil volontaire: +3,45% (100% obligations)
Profil énergique : +6,64%(30% actions, 70% obligations)
Profil ambitieux: +17,6% (70% actions, 30% obligations)
Profil intrépide: +21,4% (100% actions)
Goodvest (2021)*600 clients/Sécurisé:  +5,2% (28% actions, 72% obligations)
Volontaire:  +10,97%(60% actions, 40% obligations)
Audacieux: +14,94% ( 81% actions, 19% obligations)
Ramify ( 2021)*Profil 3: 7,80 %(17 % actions, 83 % obligations)
Profil 6: +21,77 % (44 % actions, 56 % obligations)
Profil 10 : +33,98 % (83 % actions, 17 % obligations)
Artur (2021)*Profil 1: -0,80% ( 50% fonds en euro, 50% obligations)
Profil 3: +2,93%(41% fonds en euro, 44% actions, 7% obligations, 8% autre)
Profil 6: +13,27% (6% fonds en euro, 94% d’actions)
WeSave (2012)Profil 1: +3,36% ( 45% fonds en euros, 55% UC)
Profil 6: +12,72% ( 20% fonds en euro, 80% UC)
Profil 10: +20,98% (100% UC)
Nalo (2017)14 000 clients/330 M€ d’encoursStandard 1: +0,80% (5% actions)
Standard 6 : +9,70% (55% actions)
Standard 10: +17,80% ( 95% actions)
Note: *Performances estimées, issues de backtesting