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« Comment bien choisir son assurance vie ? »

Il n’y a pas que le rendement du fonds en euros à prendre en compte ! Face à une offre de plus en plus complexe, il faut s’intéresser à différents critères pour sélectionner le bon contrat. Explications.

Epargne
Christèle Biganzoli, CEO de Ritchee

Nous le savons tous, l’assurance vie est le placement préféré des français car elle répond à plusieurs objectifs de l’investisseur : disponibilité, rentabilité, fiscalité, transmission. Toutes les assurances vie ont le même squelette juridique et bénéficient toutes du même environnement fiscal, alors comment trouver celle qui nous correspond le mieux parmi toutes les offres du marché ?  Essayons de faire très simple en quelques mots et conseils.

Pendant longtemps choisir une « bonne » assurance vie se limitait à comparer les meilleurs rendements des fonds euros. Ces derniers ayant des rendements de plus en plus bas, voire en deçà des frais de gestion du contrat, ce modèle de comparaison est devenu éculé.

A l’ancienne ou dans le digital ?

Le digital a certes le vent en poupe, il permet de souscrire en ligne directement, de suivre son placement – gain de temps assuré – et les frais sont souvent moindres que dans le monde réel. Le bémol sera le plus souvent le manque de conseils et l’inaccessibilité à de vraies personnes quand le besoin s’en fait ressentir.

Dans le monde réel, on retrouvera plutôt les assurances vie bancaires qui cumulent parfois le double inconvénient de frais élevés et de fonds principalement issus de la banque concernée. L’avantage reste l’accessibilité du conseiller, à vos comptes comme à vos assurances vie. On trouvera également les conseillers en gestion de patrimoine ou banquiers privés qui travaillent en architecture ouverte et peuvent proposer des assurances vie avec une ingénierie particulière comme la participation aux bénéfices différés ou des contrats luxembourgeois permettant d’investir en private equity ou sur plusieurs devises. Ces derniers sont toutefois réservés à des montants d’investissement élevés.

Prudence si vous n’avez pas ou peu de connaissances financières

D’abord, optez pour une solution qui permet de faire votre profil risque en amont, indispensable pour connaître votre appétence ou aversion au risque. Ou privilégier une assurance vie qui permet une gestion pilotée qui sera apte à vous sécuriser en cas de tension sur les marchés. Evitez aussi de vous lancer par vous-même dans un dédale de fonds proposés. Ciblez les contrats où vous pouvez prendre rendez-vous même en ligne sans limite avec un conseiller – agenda partagé des conseillers, visioconférences ou rendez-vous en face-à-face. Tôt ou tard vous aurez besoin d’un contact humain.

Evitez les conflits d’intérêt entre l’assureur ou la banque en choisissant les « fonds maison » et, en amont, faites un bilan patrimonial par écrit qui pourra vous aider à mieux comprendre votre situation civile, fiscale et patrimoniale. Il existe des solutions en ligne gratuites capables de déterminer votre capacité d’épargne notamment.

Des règles valables pour tous

  • Privilégiez le sérieux de vos interlocuteurs : un bon moyen est d’identifier qu’ils soient conformes à la réglementation en vous proposant notamment un document d’entrée en relation avec toutes leurs habilitations.  Ce document est imposé par la réglementation pour les conseillers en investissements financiers.
  • Privilégiez les assurances vie même digitales issues d’un assureur reconnu (regardez sa note de solidité financière).
  • Faites la chasse aux frais cachés : la plupart des assurances vie empilent plusieurs frais dont certains sont cachés de l’épargnant, comme les rétrocessions de commissions. Optez pour les assurances vie clean share.
  • Intéressez-vous au minimum de versement imposé : l’épargne que vous voulez investir n’atteint peut-être pas encore le seuil minimum de l’assurance vie choisie.
  • Pourquoi choisir entre gestion active et gestion passive ?  Vous pouvez avoir les deux ! En effet certaines assurances vie, notamment en ligne, proposent de la gestion passive avec des ETF qui répliquent des indices de référence alors que la gestion active est celle des assurances vies traditionnelles. Elle vise à rendre un rendement supérieur à son indice où à sa classe d’actifs. Avoir les deux permet dans des temps compliqués de jouer avec les deux univers.  Vous pouvez trouver des assurances vie offrant les deux versions et pour peu qu’elles soient clean share, elles répondront au meilleur de chaque monde.
  • Anticipez la durée de votre placement : un support actions mérite d’être conservé sur une durée plus longue.
  • Attention au délai en cas de rachat : un critère essentiel en cas de besoin de trésorerie. Certains délais vont de 72 heures à plusieurs semaines, la différence peut être déterminante pour vous.
  • Privilégiez les portefeuilles en ISR si vous êtes sensible à l’environnement.
  • Gardez en tête que les performances passées ne préjugent pas des performances futures et qu’il n’y a pas de performance élevée sans risque élevé.