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« S’offrir de la tranquillité quand tout va mal : et si c’était possible avec les fonds de performance absolue ? »

Guerre en Ukraine, inflation, récession… Alors que l’épargne des Français atteint des niveaux records, il devient de moins en moins simple pour eux de faire des choix qui minimisent leur risque en capital. Face à l’incertitude, leur premier réflexe est de privilégier les placements de « bon père de famille », en fonds en euros. Des produits certes peu risqués mais aussi très peu rémunérateurs ! D’autres solutions existent pourtant, telles que les Fonds de Performance Absolue, qui visent des performances décorrélées de toutes les classes d’actifs, quelles que soient les orientations du marché. Un bon moyen d’amortir les chocs et de booster ses gains en période d’instabilité. Par Yann Cordier, gérant de Turgot Absolute Return.

Yann Cordier, gérant de Turgot Absolute Return

Guerre en Ukraine, inflation, récession… Alors que l’épargne des Français atteint des niveaux records, il devient de moins en moins simple pour eux de faire des choix qui minimisent leur risque en capital. Face à l’incertitude, leur premier réflexe est de privilégier les placements de « bon père de famille », en fonds en euros. Des produits certes peu risqués mais aussi très peu rémunérateurs ! D’autres solutions existent pourtant, telles que les Fonds de Performance Absolue, qui visent des performances décorrélées de toutes les classes d’actifs, quelles que soient les orientations du marché. Un bon moyen d’amortir les chocs et de booster ses gains en période d’instabilité.

Avec un montant cumulé de 378 milliards d’euros en 2020 et 2021, les Français n’ont jamais autant épargné[1]. Et ils n’ont jamais été aussi inquiets, confrontés à un climat d’incertitude sans précédent. D’autant qu’après avoir tourné à plein régime durant la pandémie, la planche à billets se tarit. Autrement dit, c’est la fin de l’argent « pas cher », ce qui implique automatiquement une volatilité accrue des actifs (actions, obligations, devises, etc.), soumettant les marchés à des variations brutales.

Dans ce contexte, les Français se réfugient dans des placements qui les rassurent. Le livret A est leur produit d’épargne préféré, suivis de près par les fonds en euros et l’Assurance Vie. Ces produits offrent toutefois une rentabilité très faible : 1,1 % en moyenne pour les fonds en euros[2] et 2 %, depuis la réévaluation des taux en août pour le livret A. Quant aux autres solutions de placement, elles ne présentent guère de perspectives réjouissantes. L’immobilier est contraint par la hausse des taux d’intérêt, tandis que la chute du cours des actions pourrait se prolonger, face à la récession à venir.

Un moyen d’amortir les variations du marché

Les Fonds de Performance Absolue pourraient, dès lors, permettre aux épargnants de tirer leur épingle du jeu. Méconnus du grand public, ces produits visent une performance positive, décorrélée de toutes les classes d’actifs. Concrètement, cela signifie que si l’immobilier ou la bourse perd 15 %, l’investisseur, lui, ne supportera pas des pertes d’un niveau équivalent et pourra même être gagnant. Pour cela, les Fonds de Performance Absolue prennent des positions acheteuses et vendeuses, atténuant ainsi les variations du marché. Un bon moyen de limiter son risque global. Si, parmi ces fonds, les portefeuilles « Long/Short Equity » sont les plus nombreux, ce sont surtout les « Global Macro » et les fonds de futures (aussi appelés CTA) qui doivent retenir notre attention. Tous deux investissent sur diverses classes d’actifs, les uns privilégiant les fondamentaux économiques et une gestion discrétionnaire, les autres s’appuyant sur des signaux systématiques de marché qui guident les décisions.

Des fonds liquides et multi-actifs

Contrairement aux fonds Long/Short Equity, qui demeurent malgré tout tributaires de l’évolution des marchés actions, ces deux catégories de produits sont capables d’afficher des performances positives en cas de marché baissier. C’est d’ailleurs dans les contextes inflationnistes que les fonds de futures réalisent leurs meilleures performances, comme le montre une étude Goldman Sachs, qui les a analysées sur les 42 dernières années[3]. Autre avantage : il s’agit de fonds généralement liquides. Autrement dit, ils investissent sur des supports comme le dollar, le Bund, l’indice NASDAQ ou le CAC 40. Des actifs qui n’auront aucun mal à trouver une contrepartie si le gérant décide de se délester d’une de ses positions. En conséquence, le particulier peut, à tout moment et sans délai, sortir du fonds et récupérer ses liquidités.

En allouant une partie de son patrimoine à ce type de fonds, l’investisseur reste donc plutôt serein même quand tout va mal, tout en se réservant la possibilité de rendements très corrects dès que le marché reprendra des couleurs.

[1] Banque de France, 2021

[2] France Assureurs/Insee, 2021

[3] Étude Goldman Sachs, septembre 2022, reprise par le Financial Times : Comparaison des performances de l’indice BarclayHedge CTA (regroupant les principaux fonds de futures) en fonction de l’indice des prix à la consommation aux USA, 1979-2022