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Assurance vie : misez sur du solide !

Fonds en euros, unités de compte : quelles allocations choisir dans votre contrat ? Le point sur vos options dans le marché un peu chahuté de l’assurance vie en cette fin d’année.

Sur l’année 2017, la moyenne des rendements des contrats d’assurance vie tourne autour de 1,50%. Avant prélèvements sociaux.©Istock

Près de 47% des ménages détenaient une ou plusieurs assurances vie en 2020 selon l’Insee. Cette part était encore de seulement 41% dix ans plus tôt. C’est dire le poids croissant pris par cette enveloppe financière dans le patrimoine de tout un chacun. C’est, semble-t-il, parti pour continuer. Placement à tout faire, non plafonné quant aux montants investis, profitant toujours d’un cadre juridico-fiscal attractif, l’assurance vie reste le maillot jaune des formules d’épargne, engrangeant bon an mal an 130 milliards d’euros (mais en restituant 115 sous forme de retraits ou par le versement de capitaux décès). Reste que le placement roi des Français (au vu des montants gérés) aborde 2023 sous des vents houleux. Les fonds en euros, pièce clé de ce placement (deux tiers des encours), avaient fini l’année 2021 au plus bas, avec un rendement moyen de 1,27% net (hors taxes sociales). Le taux 2022 n’est pas encore connu à cette heure, mais les professionnels anticipent, concurrence du livret A (2% actuellement, davantage dès février) oblige, un petit rebond. Leur pronostic ? Sans doute entre 1,40 et 1,60% net de frais de gestion, soit environ 1,25% net de prélèvements sociaux. Pas flamboyant, et en tout état de cause, insuffisant face à une inflation autour de 6%. Il ne faudra pas s’attendre à beaucoup mieux en 2023, malgré la remontée des taux d’intérêt. A titre d’exemple, celui des emprunts de l’Etat français étaient proches de 0 début 2022 avant de finir l’année autour de 2,3%. Matière première des fonds en euros (une grande partie est placée dans des obligations), ils viennent donc doper leur rendement. Problème : les actifs en euros des assureurs sont des paquebots de plusieurs milliards, voire dizaines de milliards d’euros, dont les changements de cap sont longs à advenir. Cette hausse des taux n’est du reste pas sans inquiéter les compagnies d’assurances vie, qui craignent entre autres que nombre d’assurés quittent leur contrat pour aller chercher meilleure fortune ailleurs, sur des placements concurrents et plus rémunérateurs. S’il existe, ce risque est faible de l’avis des professionnels, conscients que les placements concurrents ne proposent un cadre aussi souple que l’assurance vie. En 2023, il faut toutefois s’attendre à du mouvement sur les fonds en euros : certains seront fermés aux nouveaux versements et d’autres créés pour offrir une rémunération plus concurrentielle. A suivre.

Le salut dans les UC ?

Pour trouver de la performance, le salut peut-il alors venir des unités de compte (UC), qui regroupent l’ensemble des autres supports financiers des contrats (fonds actions, obligataires, immobiliers). Pas certain. Après une performance moyenne des UC de 9% en 2021, alléchante donc, il faut s’attendre à une performance négative au titre de 2022. Seuls les fonds immobiliers (SCPI, SCI, OPCI) auront tiré leur épingle du jeu. La tenue des marchés financiers en 2023 est si imprévisible que nulle projection n’est sur ce plan crédible. Ajoutons à ce tableau la question des frais, mise en évidence à l’été 2021 par l’obligation faite aux établissements financiers de publier sur leur site Internet l’ensemble des frais pour chaque contrat. La facture est lourde et vient évidemment peser sur les performances attribuées à l’arrivée, il ne faudrait pas l’oublier. Malgré ce bilan morose, les assureurs continuent de vous inciter à investir toujours davantage dans les UC, notamment via des options de gestion pilotée (clé en main). Le marketing bat notamment son plein sur un terrain arpenté par les slogans de la finance responsable. Pour tout un chacun, il est bien difficile d’y voir clair. Un retour à l’essentiel s’impose pour 2023.

Posons un premier principe. Avec l’assurance vie (mais aussi avec le Perin), votre idée première consiste à vous inscrire dans la durée avec un (ou plusieurs) contrats de bonne qualité. Ni plus, ni moins. Le marché regorge de 200 à 300 contrats destinés à des types de clients très hétérogènes. Lesquels viser ? Ceux qui affichent de manière durable un bon rapport qualité prix. En clair, ceux qui incluent un fonds en euros rentable de façon régulière, une offre financière lisible et réellement source de diversification, tout en tenant compte des frais prélevés et du service après-vente (SAV). Un travail ardu que nous menons dans nos colonnes au fil des numéros, jugeant sans complaisance les contrats vedette, souvent décevants, et dénichant les pépites du marché. Mais cette quête sera vaine sans être au clair avec votre profil d’épargnant. Évident, pensez-vous ! Détrompez-vous. Vous tenez sans doute là une pertinente porte d’entrée sur le marché de l’assurance vie. Expliquons-nous. Si vous êtes néophyte, ou moyennement au fait des questions financières, mieux vaut vous orienter vers un contrat simple et bon à la fois. Soyons direct : ce type d’offre se trouve davantage chez les mutuelles d’assurances ou les associations d’épargnants que sur les sites Internet. Attention, la simplicité de certains contrats, notamment bancaires, est parfois synonyme de médiocrité à l’arrivée. Inversement, si vous êtes suffisamment averti, visez plutôt le Net ou les Conseillers patrimoniaux indépendants, dont l’offre est d’une toute autre épaisseur. Trouver un bon contrat, c’est aussi frapper à la bonne porte. Vous tenez là un second principe, traduit en pratique par nos sélections de contrats.

Offre solide dans le temps

Reste une troisième brique. En assurance vie plus que pour tout autre placement, il vous faut investir sur une offre solide dans le temps. Durable, si vous préférez. Voilà pourquoi nous avons toujours considéré avec attention l’antériorité des contrats dans nos analyses, donnant une prime aux assurances vie évoluant favorablement au fil des années. Lancés il y a plus de 20 ans, certains contrats jouent encore les premiers rôles quand d’autres, brillants qu’ils furent lors de leur lancement, ont vite été remplacés dans les gammes commerciales. Or, ne l’oublions pas, l’assurance vie n’est pas une enveloppe transférable d’un établissement à un autre (une solution souvent décevante). C’est là son talon d’Achille, qui donne toute son importance au choix initial du contrat. Sans doute cher lecteur détenez-vous du reste déjà un (ou plusieurs) contrat. Est-il satisfaisant ? Si ce n’est pas le cas (probabilité élevée au vu du marché), n’en restez pas prisonnier (voir encadré). Et si pour des raisons fiscales ou autres, vous ne souhaitez pas en sortir, sachez que vous pouvez détenir autant d’assurances vie que voulu. Investissez dès aujourd’hui sur une offre de qualité, quitte à seulement y prendre date fiscalement. Les meilleurs contrats s’ouvrent souvent avec quelques centaines d’euros, voire moins si vous mettez en place des versements programmés.