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Fonds en euros : le pire est-il à venir ?

Avis aux épargnants, l’assurance vie sans risque pourrait à l’avenir ne plus servir que des rendements médiocres pendant de très longues années !

fonds en euros

Dans une note publiée en mars dernier, l’économiste Patrick Artus tire le signal d’alarme sur l’avenir de l’assurance vie. Il rappelle que les taux d’intérêt obligataires très bas vont « continuer à faire baisser le rendement du fonds en euros ». D’où un problème de « compétitivité » de l’assurance vie face aux autres placements. Mais, à moyen terme, le danger viendrait plutôt d’une possible « remontée importante des taux d’intérêt à long terme », qui engendrerait des pertes dans les actifs des assureurs, mettant à mal leur solvabilité. « Si un tel scénario devait se confirmer, poursuit Patrick Artus, les épargnants pourraient être découragés de retirer leur épargne ou peut-être même bloqués en application de la loi Sapin 2 votée en 2016 ». Avec, à la clé, « un rendement médiocre pendant de très longues années », conclut-il.

0,80 % de gain réel

Une telle hypothèse est-elle plausible ? C’est indéniable, les taux d’intérêt sont au tapis : l’OAT dix ans donnait du – 0,343 % à la fin de décembre 2020, alors qu’elle a frôlé + 4 % au cours de l’année 2011. Toutefois, leur remontée est pour l’heure peu probable, tant la solvabilité des États tient dans des taux durablement bas. L’érosion des fonds en euros est aussi incontestable.

Mais, « au regard de la baisse des taux des obligations d’État, qui constituent la base des fonds en euros, la baisse de leur rendement est relativement faible », constate Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. Le rendement moyen serait de 1,30 % pour 2020, selon la Fédération française de l’assurance. Avec une inflation de 0,50 %, c’est encore 0,80 % de gain réel. 

Les fonds en euros restent solides, grâce à des obligations anciennes bien rémunérées dans leur portefeuille et, pour Philippe Crevel, à « des poches  de diversification comprenant notamment des obligations d’entreprise, de l’immobilier ou des actions ». Une nouvelle plutôt rassurante !