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Assurance vie : les meilleurs contrats

Mieux Vivre Votre Argent a passé au crible les contrats d’assurance vie afin d’établir son palmarès des placements les plus rentables sur la durée.

assurance vie
Crédit: Istock

L’assurance vie pèse lourd. Très lourd même : 1 795 milliards d’euros à la fin de février 2021, un montant record. Ce succès n’est pas volé, s’agissant aujourd’hui du seul « placement à tout faire » du marché. Pêle-mêle, citons une fiscalité toujours avantageuse, une souplesse d’utilisation remarquable et un accès aux places financières du monde entier. Sans oublier l’inclusion d’un support à capital garanti, le fonds en euros qui, malgré la baisse de son rendement depuis dix ans, capte encore les deux tiers de la collecte. Mais l’épargnant ne doit pas être dupe. « Assurance vie » est un terme générique. Sous sa cape, au moins 200 contrats au contenu différent sont distribués par les établissements. Sans compter les centaines de produits sortis des linéaires commerciaux mais toujours détenus par de nombreux ménages. Comment s’y retrouver ? C’est tout l’enjeu de nos Grands Prix de l’assurance vie annuels.

Notre but ? Étalonner le marché, pour vous ­apporter un outil comparatif solide. Notre méthode ? Juger les contrats d’assurance vie sur l’essentiel (voir méthodologie ci-dessous). Pourquoi les juger dès lors, un ­reproche fréquent de la part des professionnels ? Parce qu’ils pèsent encore des milliards d’euros, sont détenus par des centaines de milliers de ménages qui peuvent toujours y effectuer des versements et ont donc tout intérêt à savoir si c’est opportun. C’est là un des écueils de ce marché, le roulement permanent de son offre. Voilà pourquoi nous fixons à quatre ans l’ancienneté minimale requise de tout contrat pour être classé dans nos Grands Prix, afin d’éviter les triomphes sans lendemain. Les contrats récents – une quarantaine cette année – y sont toutefois répertoriés avec, pour débuter, une évaluation sur le plan technique.

Nos Grands Prix représentent un travail de fourmi, rendu chaque année plus délicat par la complexité croissante de l’assurance vie. Il suffit de se référer aux dizaines de pages des notices contractuelles pour s’en persuader. Leur lecture est pourtant indispensable pour apprécier le contenu des produits. Mais c’est ­insuffisant, tant les aspects non contractuels se multiplient. Exemple : la rémunération des fonds en euros, de plus en plus liée à la part d’unités de compte (fonds risqués) détenue par l’assuré. Un choix stratégique ­assumé par certaines compagnies, mais qui n’est pas inscrit dans les contrats. Au mieux, des avenants sont-ils envoyés aux assurés quelques mois avant application.

Beaucoup de candidats mais peu d’élus

Le cadre posé, tirons les conclusions de cette édition 2021. Deux classements ont été établis. Pour l’un, le Grand Prix des fonds en euros, nous avons jugé les contrats d’assurance vie à l’aune de leurs caractéristiques techniques et des rendements de leur(s) fonds en euros. Pour l’autre, le Grand Prix des multisupports, le poids du support garanti est réduit, afin d’insister davantage sur l’offre financière de diversification.

A l’arrivée, seule une poignée de contrats ont ­obtenu des notes brillantes. Outre nos deux podiums, nous avons attribué une mention « très bien » aux contrats qui affichent une note de 16/20 ou plus, et une mention « bien » à ceux qui ont obtenu entre 14,5 et 16/20.

Place au bilan, maintenant. Premier point saillant, dans les deux Prix, les places de tête sont obtenues par les rares associations d’épargnants autonomes (Afer, Asac-Fapès) ou par des banques et sites de courtage en ligne. Ajoutons-y quelques mutuelles d’assurances, comme la MIF ou la MACSF. Du déjà-vu ? Oui. Les meilleurs tiennent leur rang d’année en année. A vrai dire, cette stabilité des résultats est rassurante pour un placement de longue haleine, fiscalité oblige.

Second constat : les marques à forte notoriété, principalement bancaires, sont à la peine. Observez par exemple les positions obtenues par La Banque Postale ou la Caisse d’Epargne – au-delà de la centième place ! – pour leurs contrats affectés au grand public. Toutefois, quelques nuances s’imposent. Notons ainsi des améliorations techniques bienvenues chez certaines banques, comme BNP Paribas, ou encore des offres nettement plus compétitives dès lors qu’elles sont destinées aux clients « patrimoniaux », notamment à La Banque Postale.

Enfin, troisième fait marquant, nos Grands Prix 2021 signalent des écarts saisissants entre les produits. C’est notamment le cas sur le plan technique, de nombreux contrats, souvent récents comme chez AG2R La Mondiale ou Allianz, se révélant peu favorables à l’épargnant. La raison ? Le poids des frais, entre autres.

A chacun maintenant de scruter le contenu des podiums et tableaux présentés dans notre dossier. Qu’en faire ensuite, c’est toute la question ! Allons droit au but, il va s’agir d’effectuer du tri dans l’offre d’abord, dans votre patrimoine ensuite, le tout de manière ­affinée. Certes, vous pouvez limiter votre choix aux contrats gagnants de notre édition. Mais vous pouvez aussi appréhender nos résultats à l’aune de votre profil d’épargnant. Voilà pourquoi nous publions les notes de chaque contrat dans le détail, avec son score technique, puis celui de son fonds en euros, et enfin sa note financière pour les multisupports.

Prenons deux exemples pour illustrer notre propos. Vous êtes un épargnant assez néophyte, plutôt prudent, à la recherche d’un contrat simple, au bon rapport qualité/prix. Dans ce cas, la note technique va être décisive. Plus elle est élevée, plus vous aurez affaire à un contrat durable (donc plutôt ancien), aux frais contenus et laissant un accès libre au fonds en euros. C’est le cas d’un produit comme MultiVie de la Macif, qui finit pourtant assez mal classé globalement à cause d’un fonds en euros convalescent sur le plan des rendements. A vous de voir où vous placez le curseur entre rendement et solutions techniques d’un contrat.

Second cas, vous êtes un épargnant audacieux qui veut pouvoir pleinement diversifier son capital sur les marchés financiers. Dès lors, la note financière du contrat devient capitale. Et des assurances vie assez mal notées techniquement pourront malgré tout vous satisfaire, comme Himalia de Generali ou Multisupport ­Excellence d’Oradéa Vie, toutes deux distribuées par des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. Bref, pas de précipitation dans l’analyse !

Vient ensuite le temps de l’action. Si vous êtes déjà équipé d’un ou plusieurs contrats, cela revient à vérifier comment il se situe et à en tirer les conséquences adéquates. Votre contrat est mauvais ? Hormis des raisons fiscales fortes (mais rares), pourquoi le conserver ? Fermez-le pour ouvrir un BON produit ­référencé ici. Autre solution, le transfert de votre assurance vie, conformément à la loi Pacte, vers un autre contrat… mais chez le même assureur. A étudier uniquement si l’offre proposée est de qualité. C.Q.F.D. 

Le podium du Grand prix des fonds en euros

Les deux premiers de notre classement sont les mêmes que l’an dernier. Les associations d’épargnants Asac-Fapès et Afer font rimer assurance vie avec sécurité et frais réduits. Sur la troisième marche, l’AGPM y ajoute la simplicité.

1 – Epargne Retraite 2 Plus (Asac-Fapès)

Note : 18,47/20

Première l’an dernier, l’association Asac-Fapès récidive cette année avec son multisupport Epargne Retraite 2 Plus.
Un contrat qui réussit la performance de glaner également la seconde place du Grand Prix des multisupports (voir p. 44) ! Les raisons de ce succès sont multiples. Au premier rang, un produit à frais contenus, ce qui est rendu possible par sa distribution à distance. Ensuite, un fonds en euros très rentable sur la durée, avec encore un taux de 1,85 % l’an passé. Point clé, ce support en euros est cantonné dans les comptes de l’assureur Allianz, ce qui évite tout bidouillage. Il est désormais exigé 30 % de fonds risqués sur un premier versement dans le contrat pour y accéder, mais aucune contrainte n’est posée par la suite. C’est, somme toute, acceptable. Cette offre est portée par l’Asac, association indépendante de l’assureur, qui défend bec et ongles les intérêts de ses adhérents dans la durée. Dans certaines situations, il est encore possible de souscrire au contrat Epargne Retraite 2, exclusivement en euros, et
de qualité tout aussi remarquable.

2 – Contrat multisupport Afer (Afer-Aviva)

Note : 17,64/20

Ce contrat de l’association d’épargnants Afer représente une offre référente sur le marché, lancée en 1996 et comptant près de 700 000 contrats ouverts. Ce produit est accessible avec seulement 100 euros, sachant qu’il faudra verser au moins 30 % sur des fonds risqués, mais seulement pour votre mise initiale. Ses atouts sont nombreux : frais très bas (0,47 % par an sur la gestion contre 0,85 % en moyenne sur le marché), fonds en euros résistant sur la durée, solutions de diversification suffisantes pour la plupart des épargnants. Déjà second l’an passé, ce contrat confirme sa solidité. Dommage toutefois que son fonds euro-croissance ne soit plus accessible. L’assureur historique Aviva cède cette année la gestion de ce portefeuille de 50 milliards d’encours, la Macif devant récupérer la manne. Ce qui ne devrait pas avoir d’incidence sur le contenu du contrat, et pourrait même apporter à. cette offre une qualité de services améliorée, cet assureur mutualiste étant en pointe dans ce domaine.

3 – Plan Eparmil (AGPM)

Note : 16,85/20

Ce contrat de l’Association générale de prévoyance militaire (AGPM) a été lancé en 1984, ce qui en fait probablement la doyenne des assurances vie encore commercialisées. Son poids : 3,2 milliards d’euros pour près de 147 000 contrats. Sa cible principale : le personnel militaire, mais tous les publics peuvent y souscrire. Son credo : la sécurité. Il s’agit d’un contrat comprenant uniquement un fonds en euros. Son rendement reste solide (1,70 % en 2020, porté à 2,45 % avec l’option « épargne handicap »), ce qui tient à la qualité de gestion de l’actif et à une structure de frais réduite (0,35 % par an seulement). On apprécie aussi l’accès avec 50 euros seulement et des frais d’entrée limités à 1,50 % (dégressifs pour les gros montants). Autre élément notable : le capital est garanti en totalité, alors que sur le marché, les frais de gestion viennent souvent le minorer. Ce contrat se distingue aussi par la lisibilité de sa notice d’information et la qualité de services reconnue à l’AGPM, dont les produits sont aussi diffusés par l’association Tégo.

Le podium du Grand Prix des multisupports

Joli doublé pour le courtier en ligne Linxea qui se maintient à la première place. Un autre acteur du Net, MeilleurPlacement, renforce sa position. Mais les associations d’épargnants, l’Asac-Fapès en tête, sont une alternative de poids.

1 – Linxea Avenir (Linxea)

Note : 17,06/20

Voici l’une des offres les plus homogènes du marché. Lancé en 2007, ce contrat n’a pas cessé de se bonifier au fil des ans. Bien sûr, l’absence de frais d’entrée est séduisante. Bien sûr, les deux fonds en euros gérés par Suravenir (filiale du Crédit Mutuel Arkéa), sont des moteurs efficaces dès lors que l’on accepte une prise de risque par ailleurs, ce qui est la raison d’être des multisupports. Ainsi, avec 50 % des versements placés sur des fonds risqués, vous obteniez encore 2 % sur le fonds en euros Suravenir Opportunités en 2020. Ce contrat donne accès à tous les types d’actifs, y compris de la pierre papier et des fonds indiciels. Son offre de gestion pilotée, aux mains de la société Montségur Finance, un acteur de référence, a porté ses fruits l’an dernier. Enfin, la gestion du contrat est totalement dématérialisée. Et pour ceux qui redoutent d’ouvrir un produit financier à distance, sachez que l’équipe de Linxea, joignable par téléphone, est très qualifiée et capable de répondre aux demandes les plus pointues.

2 – Epargne Retraite 2 Plus (Asac-Fapès)

Note : 16,88/20

Vainqueur du prix des meilleurs contrats avec fonds en euros (voir p. 42), Epargne Retraite 2 Plus réussit la belle performance d’accéder à la seconde place du prix des multisupports. La qualité de son fonds en euros y contribue, son rendement comptant pour un quart de la note globale. Mais pas seulement. L’ossature technique du contrat est de toute première main. Les frais d’entrée de 2 % (dégressifs) sont contenus et ceux sur la gestion des unités de compte (UC) à 0,60 % par an, aussi. Hormis à l’ouverture du contrat (30 % requis sur des UC), l’accès au fonds en euros est libre, un élément à ne pas négliger. Côté offre financière, si on est loin du foisonnement proposé par les contrats du Net, cela reste largement suffisant pour la plupart des épargnants. La construction des profils de gestion est de bonne tenue et permettra d’accéder à une diversification mesurée. Bref, un contrat à tout faire, géré par un groupe solide, Allianz, et distribué à distance par le cabinet de courtage Asac-Fapès.

3 – M Retraite Vie (MeilleurPlacement)

Note : 16,81/20

Le Net regorge de contrats de bonne facture, c’est une évidence au regard des podiums et mentions de notre édition 2021 des Grands Prix de l’assurance vie. Mais certains réussissent à se positionner dans le tiercé gagnant. Et mieux, à récidiver cette performance. C’est le cas de ce contrat de MeilleurPlacement (anciennement MonFinancier). Comme Linxea Avenir, il est aux mains de la compagnie Suravenir. Avec deux fonds en euros donc, accessibles sous conditions d’investir en unités de compte, et dont l’un, Suravenir Opportunités, fait mouche (2 % en 2020). L’offre financière est exhaustive, avec en particulier 79 fonds indiciels, 13 SCPI, 5 SCI… Une particularité de ce contrat
est de donner accès, sans aucuns frais additionnels et dès 100 euros d’investissement, à cinq profils de gestion (M Etoilée) composés chaque fois de quatre fonds pilotés par différentes sociétés. Plutôt efficace au vu des performances affichées ces dernières années.

Zoom sur notre méthode

Tous les contrats sont évalués sur 20 points. Ce total s’articule en plusieurs éléments. D’abord, une note technique sur 8 points. Sont pris en compte l’ancienneté du produit, les frais sur versements, les frais de gestion annuels, l’accès libre ou non aux fonds en euros mais aussi sa garantie en capital (nette ou brute), la possibilité de réaliser des arbitrages gratuits, d’effectuer des retraits programmés, avec ou sans frais, de demander une avance ou une sortie en rente. Cet éventail de critères permet de juger de manière globale n’importe quel contrat, à l’abri des artifices marketing et autres options inutiles déployées ici ou là.

Les 12 points restants sont crédités différemment selon le prix en question. Pour celui des fonds en euros, nous notons le rendement minimal de chaque contrat sur quatre ans (période 2017-2020), avec une moyenne des gains quand il y a plusieurs fonds en euros. Le total des deux notes donne le classement des contrats. Pour le prix des multisupports, la note du fonds en euros est ramenée sur 5 points (contre 7 les années passées) et l’offre financière du contrat (nombre et types de fonds, de sociétés de gestion, gestion pilotée, etc.) sur 7 points. L’addition des trois notes (technique, fonds en euros, offre financière) donne un total sur 20 et la place du contrat au classement. Seuls les produits encore commercialisés et ayant quatre ans d’existence concourent pour le classement final