Se connecter S’abonner

« Assurance vie et inflation : l’heure des choix ! »

Comment tirer profit de l’inflation, de retour après avoir pratiquement disparu, grâce à votre contrat d’assurance vie ? Détails.

Gilles Belloir, directeur général du courtier en ligne Placement-direct.fr.

2,8% ! C’est le chiffre de l’inflation en France au mois de décembre 2021 selon l’Insee. Un niveau que nous n’avions plus connu depuis près de 15 ans. Fonds en euros, supports en actions, en obligations… Quels pourraient être les choix payants pour votre contrat d’assurance vie si l’augmentation des prix venait à s’installer durablement ?  

Le fonds en euros, support traditionnel d’un contrat d’assurance vie, insuffisant pour l’instant

Support traditionnel d’un contrat d’assurance vie, le fonds en euros dispose d’une garantie en capital permanente. Compte tenu d’un rendement moyen qui devrait s’établir légèrement au-dessus de la barre des 1% en 2021 (net de frais de gestion mais avant prélèvements sociaux de 17,2%), il ne suffit pas, à lui seul, à contrer l’inflation.

Composé d’environ 80% d’actifs obligataires, le fonds en euros souffre depuis des années de la faiblesse des taux d’intérêt. Si une hausse de l’inflation entrainait avec elle une remontée des taux, celle-ci aurait pour premier effet de faire baisser le prix des obligations à taux fixe que détient un assureur dans son actif général. Rien de grave tant que celle-ci est mesurée, les assureurs disposent de plus-values latentes très importantes et de multiples réserves.

Dans un second temps, l’épargnant pourrait entrevoir une remontée progressive du rendement de son fonds en euros. Il devra toutefois s’armer de patience avant que celle-ci soit d’envergure, le temps que la compagnie reconstitue un stock significatif de titres obligataires plus rémunérateurs. L’érosion des rendements a été très lente, il est vraisemblable que leur éventuelle progression le soit tout autant.

Les obligations : indexées sur l’inflation uniquement

S’il faut éviter les obligations à taux fixe qui seront très sensibles à une évolution des taux, les obligations indexées sur l’inflation retrouvent de l’intérêt et apparaissent comme une solution attrayante. Celles-ci versent un coupon et/ou un remboursement au terme supérieur en cas de progression du niveau d’inflation.

Cette assurance contre une augmentation des prix a toutefois un coût. Les obligations indexées sur l’inflation proposent généralement un rendement inférieur à une obligation à taux fixe disposant de caractéristiques comparables.

Les actions : une rigoureuse sélection s’impose

Lorsque les taux d’intérêt remontent, le marché obligataire retrouve de l’attractivité aux yeux des investisseurs, souvent au détriment des actions. Certains secteurs de la cote ont toutefois tendance à profiter d’un tel scénario. C’est traditionnellement le cas du secteur bancaire. Non seulement il subit une décote très forte aujourd’hui mais surtout il pourrait bénéficier d’une possible repentification de la courbe des taux avec le retour de l’inflation.

N’oublions pas que le principal métier d’une banque consiste à transformer des dépôts de court terme en prêt de moyen-long terme.

L’immobilier : plutôt résidentiel et thématique

L’immobilier offre une garantie efficace contre l’inflation car, sauf crise immobilière, le prix des biens immobiliers est aligné sur le niveau de vie, de même que les loyers. À cela, il faut toutefois émettre une réserve. Une éventuelle hausse des taux d’emprunt provoquée par un regain d’inflation impacterait le pouvoir d’achat immobilier des acquéreurs. Cela aurait alors tendance à exercer une pression à la baisse sur les prix. 

Une sélection minutieuse des supports en immobilier au sein de son contrat d’assurance vie (SCPI, SCI…) apparait en outre comme indispensable actuellement. Traditionnellement, l’immobilier professionnel de bureaux et de commerces est fortement représenté. Il a toutefois souffert avec la crise sanitaire. L’immobilier résidentiel, moins exposé, ou certaines thématiques d’actualité comme la santé ou la logistique apparaissent alors comme des alternatives intéressantes.