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Le rendement de l’assurance vie au défi de la hausse des taux

L’assurance vie pourrait avoir du mal à suivre une hausse brutale des taux, a alerté la Banque de France, rappelant toutefois la solidité du secteur.

assurance chômage

L’inquiétude autour de la crise économique actuelle pousse les ménages à épargner. Mais paradoxalement, malgré la hausse des taux, l’inflation rend ces investissements de moins en moins rentables. La plupart des produits peinent à suivre la hausse du coût de la vie. L’assurance vie n’est pas épargnée. La Banque de France a rappelé, jeudi 30 juin, la lenteur de l’évolution des taux de rendement en la matière. Si les « taux devaient remonter brusquement, les assureurs auraient des difficultés à suivre cette hausse et offrir aux clients des rendements orientés à la hausse dans la même proportion en raison de l’inertie de leur portefeuille », note l’institution relayée par Les Echos.

«Un intérêt pour l’assurance vie quelles que soient ses composantes »

Avec une inflation établie à 5,8% en juin et qui pourrait atteindre les 7% en septembre, les assurances-vie, comme la plupart des produits d’épargne, devraient afficher un rendement réel négatif. Ce qui n’a pour l’instant pas découragé les épargnants, qui ont plébiscité cet investissement au cours des derniers mois, avec notamment une collecte nette de 1,9 milliard d’euros en mai. Jusqu’à quand ?

Après des années de taux faibles, voire négatifs, l’annonce de la hausse est analysée par la plupart des acteurs comme un simple retour à la normale. Celui-ci pourra permettre d’augmenter le rendement des assurances-vie, souvent établi autour de 1%. De quoi convaincre les souscripteurs de rester. Néanmoins, la part significative des obligations d’Etat dans les portefeuilles pourrait entraver la hausse des rémunérations, et donc aggraver l’impact d’une hausse brutale des taux. Ce qui devrait obliger les assureurs à davantage diversifier leurs investissements.

La Banque de France a toutefois rappelé la solidité des acteurs qui disposent d’importantes quantités de liquidité pour encaisser un éventuel choc des taux. Un point de vue partagé par le directeur général de la France Assureurs, Franck Levallois, précise Les Echos. « Il y a un intérêt pour l’assurance vie quelles que soient ses composantes, unités de compte et fonds en euros », a-t-il déclaré jeudi 30 juin.