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« 5 idées reçues sur l’assurance vie »

Par Gilles Belloir, directeur général du courtier en ligne Placement-direct.fr.

Gilles Belloir, directeur général du courtier en ligne Placement-direct.fr.

Certains épargnants peuvent être réticents à ouvrir un contrat d’assurance vie, parfois pour de mauvaises raisons. Voici cinq préjugés tenaces sur le placement financier préféré des Français. 

L’argent est bloqué pendant huit ans

Quelle que soit l’ancienneté d’un contrat d’assurance vie, l’argent placé est toujours entièrement disponible. Pour retirer tout ou partie des fonds, il suffit d’en faire la demande à l’assureur qui versera les capitaux dans un délai généralement compris entre deux et quinze jours.

Une confusion est souvent faite avec la maturité fiscale du placement qui, elle, est effectivement de huit ans. Après ce délai, la taxation en cas de retrait est encore plus douce grâce en particulier à l’application d’un abattement annuel sur les gains de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple soumis à une imposition commune). 

L’assurance vie ne sert qu’à transmettre

En effet, ses avantages en termes de transmission sont très importants. Chaque bénéficiaire profite ainsi d’un abattement de 152 500 euros sur les capitaux décès, lorsque les versements ont été réalisés avant 70 ans. Mais un contrat d’assurance vie est avant tout un placement multifonction, d’où son surnom de « couteau suisse » du patrimoine. Il permet, par exemple, de valoriser un capital en donnant accès à de multiples supports d’investissement (fonds en actions, en immobilier…), non garantis, mais potentiellement performants. Ou encore de se constituer des revenus complémentaires peu fiscalisés, en particulier si le contrat a plus de huit ans, par la mise en place de retraits partiels réguliers. 

Le placement n’est plus intéressant après 70 ans

Si dans une logique de transmission ses atouts avant 70 ans sont incontestables, l’assurance vie n’en demeure pas moins intéressante passé cet âge. Un nouvel abattement de 30 500 euros s’applique à l’ensemble des bénéficiaires taxés et les gains du contrat sont exonérés. La part fiscalisée suit alors le barème des droits de succession.
Il est à noter que l’espérance de vie à l’âge de 70 ans est aujourd’hui importante (de l’ordre de seize ans pour un homme et dix-neuf ans pour une femme). En conséquence, le niveau de gains généré par des versements peut aisément devenir significatif, rendant la fiscalité sur la transmission très avantageuse, même après 70 ans. 

La clause bénéficiaire est figée à la souscription

Une bonne rédaction de la clause bénéficiaire est essentielle pour que l’attribution des fonds soit en adéquation avec la volonté du souscripteur. Pour autant, une première rédaction à la souscription a des chances de ne plus être adaptée quelques années plus tard. Il est alors possible, et même recommandé, de faire un point régulièrement et d’ajuster si besoin la rédaction de la clause bénéficiaire à l’évolution de sa situation et de ses objectifs patrimoniaux. 

Il est impossible d’avoir plusieurs contrats

Aucune limite n’est fixée. Il est possible d’ouvrir autant de contrats d’assurance vie qu’on le souhaite. D’ailleurs, il est même recommandé d’en souscrire plusieurs. Diverses raisons peuvent être avancées : diversifier les compagnies d’assurance, et ainsi mutualiser les performances et les risques, optimiser la fiscalité des retraits en piochant dans le contrat le moins taxé, isoler les versements avant et après 70 ans pour ne pas mélanger différentes règles fiscales…