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L’appétit des investisseurs pour l’or se confirme

Les titres financiers cotés (ETF) indexés sur le cours du métal précieux "ont été les principaux moteurs de la demande en or l'an dernier" selon le Conseil mondial de l'or.

La demande mondiale d’or s’est quasiment maintenue l’an dernier, portée par un appétit tenace des investisseurs pour le métal précieux qui a presque compensé un déclin dans la joaillerie. Au total, la demande a atteint 4.355,7 tonnes, soit 1% de moins qu’en 2018, après une légère augmentation l’année précédente, selon un rapport du Conseil mondial de l’or (CMO) publié jeudi.

Les titres financiers cotés (ETF) indexés sur le cours du métal précieux « ont été les principaux moteurs de la demande en or l’an dernier », a résumé le porte-parole du CMO John Mulligan auprès de l’AFP à l’occasion de la publication du rapport trimestriel de l’institution. La demande de ces titres a crû de 401,1 tonnes, cinq fois plus qu’en 2018, pour atteindre 2.901,3 tonnes d’or.

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Les investisseurs « cherchent à diversifier leurs portefeuilles », explique dans le communiqué Alistair Hewitt, qui a supervisé le rapport au sein du CMO, ajoutant qu’investir dans le métal jaune, leur permet « de se couvrir » par rapport à d’autres marchés plus risqués, surtout en période de fortes tensions géopolitiques. Leurs appétits cumulés ont quasiment permis de compenser un niveau de demande stable des banques centrales et plus faible sur les marchés de la joaillerie. 

Bijoux moins « chargés »

La demande provenant de l’industrie joaillière a diminué de 6% en 2019 et n’a jamais été aussi basse depuis 2011, pénalisée par une forte diminution en Inde et dans une moindre mesure en Chine. 

Le rapport avance un ralentissement du pouvoir d’achat dans ces deux pays qui représentent à eux seuls plus de la moitié des achats sur ce segment, les classes moyennes étant notamment « plus réticentes à ouvrir leurs porte-monnaies ». En cause également les évolutions des goûts en Chine, la jeune génération étant moins portée sur des bijoux « chargés » en or.

La chute est encore plus prononcée pour les pièces et lingots (-20%), dont la demande mondiale est là encore très dépendante des deux géants asiatiques, certains investisseurs choisissant de « différer leurs achats » dans l’espoir d’obtenir « des prix moins élevés ».

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Le prix du métal jaune évolue en effet à des niveaux historiquement élevés depuis le milieu de l’année, l’or ayant franchi fin juin la barre des 1.400 dollars l’once, ce qui ne s’était pas produit depuis fin 2013. 

Il évolue depuis le 26 décembre au-dessus des 1.500 dollars, avec un plus haut atteint le 8 janvier à 1.611,42 dollars l’once. Le métal jaune étant considéré comme une valeur refuge, son cours a tendance à s’apprécier en période d’incertitude politique ou économique, et à s’affaiblir lorsque la confiance domine.

Banques centrales porteuses

La demande en or des banques centrales est restée importante l’an dernier avec 650,3 tonnes ajoutées aux réserves des Etats et d’institutions. L’année 2019 se place ainsi juste derrière la précédente et conclut une décennie de hausse de ce type de réserves qui avoisinent à présent les 34.700 tonnes, soit 5.000 de plus qu’à la fin 2009.

Quinze banques centrales ont annoncé avoir augmenté leurs réserves l’an dernier selon l’étude, dont la Pologne qui a réalisé en juin l’achat le plus important de l’année avec 94,9 tonnes d’or. Cet investissement de la banque centrale polonaise Narodowy Bank Polski répond à une logique de diversification des actifs de ce membre de l’Union européenne mais qui n’est pas dans la zone euro.

La Russie et la Turquie figurent eux aussi sur le podium, leur accès à l’or étant facilité par une production nationale en croissance: +8% pour Moscou et +66% pour Ankara comparé à 2018.

Avec 8.133,5 tonnes, les États-Unis restent toutefois les premiers détenteurs de métal jaune, loin devant l’Allemagne (3.366,5 tonnes), le FMI (2.814,0 tonnes), l’Italie (2.451,8 tonnes) et la France (2.436,0 tonnes).

L’offre a quant à elle progressé de 2% sur l’année 2019 pour atteindre 4.776,1 tonnes, soutenue par une hausse de 11% de la part de métal jaune recyclé. La production minière a par contre reculé de 1%, notamment en Chine pour la troisième année consécutive à cause « d’un contrôle environnemental plus strict ces dernières années », pointe le rapport.