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Les fonds structurés sont-ils taillés pour résister au krach boursier?

Comment les fonds structurés résistent-ils à la chute de plus de 30 % de la Bourse depuis le début de l’année 2020?

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Il y a peu, les fonds structurés jouissaient d’une bonne cote auprès des investisseurs en raison de leur rendement attractif face aux produits à capital garanti étrillés par les taux bas de ces dernières années. Mais avec une baisse de la Bourse de plus de 30 % depuis le 1er janvier 2020, certaines barrières de protection du capital sont presque atteintes, voire dépassées, décrivent Les Échos. La brutalité avec laquelle la crise est survenue fait craindre des impacts sur les produits structurés identiques, voire pires que ceux enregistrés lors de la crise financière de 2008.

Comment fonctionne un fond structuré ?

Souscrit pendant une durée de sept à douze ans à compter de la date de souscription, un fonds structuré se loge dans la poche unités de compte d’un contrat d’assurance-vie, d’un contrat de capitalisation, d’un PEA ou d’un compte titres ordinaire. Il vise à délivrer la mise de départ (nette des frais de souscription) majorée d’une éventuelle rémunération. Dans les faits, lors de la souscription, il y a rarement une garantie totale sur 100 % du capital (souvent de 50 à 70 %) et aucune sur la performance, qui dépend des aléas boursiers.

Quelles conséquences avec la crise du coronavirus ?

Chaque fonds structuré a des spécificités. Pour ce qui est du capital, quand la Bourse chute, la valeur liquidative de ces fonds cotés perd de sa valeur. Mais tant que l’épargnant garde ses parts, il ne subit pas de perte. Ceux dont le fonds arrive à son terme et dont la barrière de protection de l’indice de référence a été franchie, risque de ne pas faire une bonne opération. Dans le cas des produits qui ont encore pas mal de temps devant eux, il est trop tôt pour se prononcer. Néanmoins, la crise « va laisser des traces. Pour un épargnant, il est trop tard pour changer les choses », déclare au quotidien Jean-François Bay, le directeur général de Quantalys, une fintech spécialisée dans l’analyse des fonds d’investissement et dans la construction et l’optimisation de portefeuilles de fonds. En revanche, il estime que « s’il n’y a à ce jour pas de risque du côté des banques émettrices comme en 2008, la défaillance peut venir d’une mise en défaut des entreprises cotées figurant dans un indice de référence. Cela pourrait désactiver les barrières mises en place ».

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Des coupons selon les résultats de la bourse

Pour ceux qui sont concernés par les coupons, les fonds « reverse » en versent un coupon à date fixe sur la base des bons résultats de la bourse. Jusqu’à la crise, ils oscillaient entre 5 % à 8 %. Actuellement, les émetteurs des fonds dont la date anniversaire est imminente pourraient ne pas distribuer de coupon faute de rémunération. Et qui dit coupon non payé dit généralement coupon perdu. Les fonds structurés « reverse » se distinguent aussi par le fait qu’ils ne prévoient pas de remboursement anticipé, contrairement aux fonds structurés « autocall » qui sont les plus nombreux. Quand la situation boursière le permet, ils ont l’avantage de prévoir un remboursement l’échéance, à la condition qu’à la date anniversaire (ou date de constatation) du fonds, l’indice de référence relevé soit supérieur à celui du point d’entrée. En 2019, beaucoup de ces fonds ont été remboursés par anticipation.