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Placements: l’effervescence des Français autour de la Bourse

Malgré une dégringolade historique des Bourses et une baisse moyenne du cours de 25 % des actions françaises, les épargnants français multiplient les souscriptions sur des produits investis en actions.

Le Libor, qui a incidence sur des produits financiers, dont certains prêts aux ménages, ne sera plus mis à jour pour la plupart des devises.

Beaucoup disaient les Français échaudés par la Bourse depuis la crise de 2008. Loin s’en faut. Alors que l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a perdu jusqu’à 40 % depuis son plus haut le 18 février et que les marchés financiers chutent, se redressent et retombent depuis plusieurs semaines, certains intermédiaires financiers voient arriver des flux de souscriptions sur des produits investis en actions, annonce Le Monde. L’engouement a parfois été tel que les acteurs du monde de la finance ont parfois été contraints de les réfréner certains investisseurs.

Chez ING, par exemple, on a enregistré quatre fois plus de transactions en Bourse par quatre par rapport au niveau mensuel moyen constaté depuis début 2019. « Il s’agit d’un phénomène inédit et surtout très soutenu. Au moment du Brexit ou de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, une hausse sensible du niveau de transactions avait été notée, mais il s’agissait de phénomènes de courte durée alors que la hausse est ici plus constante dans le temps », décrit au quotidien Julien Schahl, responsable Placements et épargne chez ING en France. Quant au nombre d’ouvertures de comptes, il a été multiplié par six. 50% concernent des plans d’épargne en actions (PEA) et l’autre moitié des comptes-titres.

De nouveaux investisseurs

D’autres banques en ligne constate un enthousiasme similaire. Chez Fortuneo, le nombre d’ordres a été multiplié par quatre en mars. Un record! Et la dynamique se poursuit en ce début du mois d’avril. « Nous avions déjà connu une forte hausse de l’activité boursière en fin d’année 2019 lors de l’introduction de FDJ qui avait attiré de nouveaux investisseurs », rappelle Grégory Guermonprez, directeur de Fortuneo. Sur les six derniers mois, le nombre de clients investissant en Bourse a augmenté de 15 %. 

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« Nous avons ouvert en trois mois autant de comptes-titres et de PEA que pour l’ensemble de l’année 2019. Il s’agit souvent de clients jeunes de moins de 30 ans qui disposent d’un horizon d’investissement long et qui sont conscients du contexte actuel où l’épargne liquide est moins rémunératrice », explique quant à elle Aurore Gaspart, directrice générale adjointe de Boursorama. Un profil bien différent de celui des nouveaux investisseurs de Fortuneo, où la moyenne d’âge des débutants en Bourse est de 38 ans.

Des opportunités

L’attrait pour l’investissement en Bourse s’observe aussi chez les « robots advisor », ces établissements qui gèrent l’épargne de leurs clients notamment via des algorithmes. « L’intérêt sur ce qui se passait sur les marchés financiers a été fort. On a assisté à trois types de comportements. Une infime minorité de clients angoissés ont soit effectué des retraits ou réduit leur exposition au risque action. L’immense majorité a fait preuve de discipline et a tenu ses positions. Enfin quelques opportunistes ont considéré que c’est le bon moment pour rentrer ou se renforcer sur les marchés, soit en augmentant leur épargne, soit en ouvrant un compte chez nous. Il s’agit souvent de personnes qui réfléchissaient depuis un certain temps à se constituer une épargne de long terme et qui ont trouvé que les niveaux actuels des marchés constituaient des points d’entrée intéressants », explique au quotidien Sébastien d’Ornano président de Yomoni. Quid des courtiers en ligne? Ils ont eux aussi vu leur activité croître.