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Investissement: le foncier forestier garde la cote

Si le prix des forêts françaises a légèrement baissé en 2019, le marché reste dynamique. Pour preuve: le nombre de transactions, les surfaces échangées et la valeur globale ont progressé.

Crédit: iStock.

Le prix moyen de la forêt à baissé de 1,1% en 2019, pour atteindre 4 190 euros par hectare. Une première après plusieurs années de hausse, mais pas de quoi pour autant déstabiliser un marché qui reste dynamique et prisé. Comme le montrent les chiffres la FNSafer et la Société Forestière de la Caisse des Dépôts, le nombre de transactions a encore progressé en 2019 (+ 6,3 %, 20 280 biens vendus), grâce notamment au dynamisme du marché des petites forêts (1 à 10 ha).

Mais dans l’ensemble, le niveau des transaction progresse. Ainsi, l’an dernier, la surface totale vendue a atteint 139 400 ha, soit une progression de 7,1 % (9 300 ha supplémentaires). La valeur du marché atteint un record à 1,68 milliard d’euros (+ 4,9 %) et les forêts non bâties représentent un tiers du total du marché qui flirte avec les 553 millions d’euros.

Manque d’offres

Depuis 2010, le nombre de transactions concernant les plus petites surfaces va croissant. En 2019, la hausse a atteint 6,2%. Quant aux ventes de forêts de plus de 100 ha non bâties, elles sont réparties à la hausse en 2019. Quelque 80 transactions ont été enregistrées pour un total de 17 100 ha. Sur ce marché qui pâtit d’un manque d’offres, les personnes morales privées concluent près des trois quarts des acquisitions.

La baisse des prix moyens, elle, s’explique en partie par les épisodes de sécheresse et les attaques de scolytes sur les épicéas dans les forêts de l’est de la France. Les catastrophes naturelles sont en effet la pire chose qui puisse arriver à un investisseur. En dehors d’un tel épisode, une forêt bien entretenu peut rapporter entre 3 et 4% par an, mais il ne faut pas oublier que les revenus des coupes sont espacés dans le temps. En revanche, elles ne sont pas taxées.

Des abattements

D’un point de vue fiscal, un forêt présente des avantages. A l’entrée, la réduction d’impôt sur le revenu, dans la limite de 4 hectares, est égale à 18% de l’investissement et plafonnée à 5 700 euros pour une personne seule ou 11 400 euros pour un couple marié. Des plafonds spécifiques, de 6 250 euros et de 12 500 euros pour les travaux forestiers, et de 2 000 euros ou 4 000 euros pour les rémunérations payées dans le cadre d’un contrat de gestion de bois de moins de 25 hectares, sont prévus. Pour ces deux dépenses, il s’agit d’un crédit d’impôt. Il existe aussi une réduction d’impôt de 76% des cotisations d’assurance « risque tempête » dans la limite de 6 euros par hectare en 2019. 

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Cumulable, ses droits à réduction d’impôt sont pris en compte pour le plafond des niches fiscales. Et à la revente, les plus-values éventuelles sont exonérées au bout de vingt-deux ans (trente ans pour les cotisations sociales). Enfin, du côté de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), vous bénéficiez d’un abattement de 75% sur la valeur de la forêt ou d’une exonération totale au titre des biens professionnels. Celui en matière de transmission atteint le même taux.