Se connecter S’abonner

Plus de 750 millions d’euros ont été désinvestis du charbon par les assureurs en 2019

La place financière de Paris dresse un premier bilan de la finance verte et durable, un an après avoir pris des engagements en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique.

Tous les grands acteurs de la place financière de Paris auront défini leur stratégie de sortie du charbon d’ici à la fin de l’année. C’est le premier point du bilan d’étape dressé par les principales organisations et fédérations professionnelles : Association française des sociétés financières (ASF), Association française de la Gestion financière (AFG), Fédération bancaire française ou encore la Fédération Française de l’Assurance (FFA), France Invest-Association des investisseurs pour la croissance, Paris Europlace et Finance for Tomorrow. Toutes veulent contribuer à l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

« Au total, une quinzaine d’acteurs représentant plus de 70% des actifs gérés par les assureurs prévoient une date de sortie définitive du charbon et/ou un abaissement progressif des seuils d’exclusion de leurs politiques, en ligne avec les recommandations des ONG », écrit la FFA dans un communiqué. Plus de 750 millions ont été désinvestis du charbon par les assureurs. Par ailleurs, des stratégies d’exclusion du charbon s’appliquent déjà à plus des deux tiers des actifs gérés par des sociétés de gestion de portefeuille. La FFA a d’ailleurs publié un guide et des recommandations à destination de ses adhérents, ainsi que l’AFG.

Transformer le secteur financier

Un Observatoire de la finance durable va recenser les engagements individuels des acteurs de la Place financière de Paris et présentera les indicateurs par secteur d’activité autour de la stratégie de sortie du charbon, du financement de la transition vers une économie bas-carbone, de l’investissement responsable autour des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et des offres de produits responsables. Le 29 octobre 2020, à l’occasion du 6e Climate Finance Day organisé par Finance for Tomorrow, le site Internet de l’Observatoire sera lancé. L’objectif est de transporter progressivement le secteur financier vers la finance durable. Un comité scientifique et d’expertise sera sollicité pour analyser les données de cet observatoire de la finance durable. Il sera présidé par Pierre Louis Lions, lauréat de la médaille Fields en 1994.

A LIRE >>> Finance solidaire : un attrait record encore loin des autres produits d’épargne

Par ailleurs, le bilan dressé fait part de la performance de quatre banques françaises qui figurent en 2019 dans le top 10 mondial en matière de prêts verts et durables. Leur part de marché s’élève à plus de 27% en matière d’obligations vertes, sociales et durables. A la fin de l’année, l’encours de la gestion investissement responsable était chiffré à 1 861 milliards d’euros, contre 1 458 milliards d’euros à la fin 2018. Le label public Investissement socialement responsable (ISR) est affiché sur 455 fonds, soit plus du double que l’année précédente, pour 166 milliards d’euros d’encours, et 43% sont détenus par les assureurs français. Greenfin, de son côté, labellise 45 fonds pour un encours total de 14 milliards d’euros.

5,7 millions d’euros investis dans les cleantech

L’Association française des sociétés financières (ASF) va publier d’ici à la fin de l’année des statistiques pour mesurer l’évolution des financements d’équipements « verts », comme par exemple l’acquisition de véhicules plus propres par les Français, la rénovation énergétique des logements et des bâtiments industriels ou encore les investissements dans le recyclage des déchets, l’éolien ou encore la biomasse. Concernant les acteurs du capital-investissement français, 5,7 millions d’euros ont été investis entre 2010 et 2019 dans les techniques et les services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau ou encore les matières premières, dans une perspective d’amélioration importante de l’efficacité et de la productivité (les cleantech). Plus du tiers a notamment été investi dans les énergies renouvelables.