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Coronavirus : la croissance du patrimoine des ménages stoppée dans son élan

Le patrimoine des ménages au niveau mondial a nettement augmenté en 2019, selon une étude publiée jeudi par la banque Credit Suisse, mais la pandémie a arrêté dans son élan la dynamique de création de richesses.

Crédit: iStock.

En 2019, la richesse cumulée des ménages s’est accrue de 10% par rapport à l’année précédente, selon la banque qui publie chaque année un rapport sur le patrimoine des ménages. Exprimée en dollars, la fortune par adulte s’est quant à elle accrue de 8,5%, pour atteindre en moyenne 77 309 dollars par personne, faisant de 2019 une « année exceptionnelle » en termes de création de richesses, a souligné la banque.

Mais avec la crise sanitaire, les richesses des ménages ont dégringolé entre janvier et mars avant de se redresser au deuxième trimestre au fur et à mesure du rebond des marchés boursiers et de l’immobilier pour finalement retrouver fin juin des niveaux proches d’avant-crise.

Chute du patrimoine moyen

Selon les estimations des économistes de Credit Suisse, la richesse cumulée des ménages au niveau mondial s’était accrue de 0,25% entre le début et la fin du premier semestre. Le patrimoine moyen par adulte a quant à lui chuté à 76 984 dollars. Sans le choc de la pandémie, il aurait toutefois dû se situer à un niveau plus élevé, aux alentours de 78 376 dollars par adulte s’il avait continué sur sa trajectoire d’avant crise. 

Ces estimations globales sur l’évolution du patrimoine des ménages avec la crise sanitaire masquent cependant des disparités. Les femmes, la génération Y (dite des millennials) et les minorités ont été plus touchées par les conséquences de la pandémie, a détaillé la banque.

Le taux d’épargne en légère hausse

« Jusqu’à présent, l’impact de la pandémie a été minime sur la richesse des ménages » dans leur ensemble, a expliqué Nannette Hechler-Fayd’herbe, sa directrice des investissements de la gestion internationale de fortune, citée dans le communiqué.

Dans le détail, le taux d’épargne des ménages a sensiblement augmenté sous l’effet des mesures de confinement, qui ont entraîné une baisse des dépenses durant le deuxième trimestre. La baisse des taux d’intérêt rapidement mise en oeuvre par les Banques centrales a également contribué à soutenir les prix des actions et de l’immobilier tandis que les mesures gouvernementales de soutien à l’économie ont atténué le choc pour les ménages.

Des mois difficiles

Les mois à venir risquent cependant d’être plus difficiles avec le ralentissement attendu de la croissance économique. « Les chocs subis par l’économie mondiale nous amènent à penser que la croissance de la richesse des ménages pourra, au mieux, se relever lentement de la pandémie au fil de 2021 », a averti Nannette Hechler-Fayd’herbe. 

La région la plus affectée a été l’Amérique latine, avec la baisse des devises qui a accentué les effets de la contraction de l’économie, a précisé la banque. La pandémie a également sapé la croissance attendue en Amérique du Nord et causé des pertes dans toutes les autres régions, à l’exception de la Chine et de l’Inde. Parmi les grandes économies, le Royaume-Uni est le pays qui a enregistré la plus forte érosion relative de la richesse des ménages, ont aussi noté les économistes de Credit Suisse.