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Arnaques pyramidales : restez vigilants pour ne pas vous faire piéger !

Qu’on les appelle fraudes pyramidales ou chaînes de Ponzi, ces escroqueries continuent à faire régulièrement des victimes. D’où la nécessité de rester en éveil.

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Jeu de l’avion, fraude pyramidale, chaîne de Ponzi… L’appellation peut changer mais le mécanisme reste toujours le même et fait régulièrement des victimes. Dernier exemple en date, avec l’affaire Vivalavi. Un procès vient de s’ouvrir à Paris : la société devait construire un complexe touristique à Bali… qui n’a jamais vu le jour. Or c’est bien un mécanisme de fraude pyramidale qui est ici suspecté.

De quoi parle-t-on exactement ?

Le principe des arnaques pyramidales est simple. L’initiateur de la chaîne appâte un « client » avec une promesse de performance hors norme en lui expliquant avoir déniché un placement juteux. Imaginons un escroc faisant miroiter un rendement de 50% à une personne lui versant 100 euros. En trouvant deux nouveaux épargnants, l’organisateur de la fraude va pouvoir rembourser son premier souscripteur et conserver un bénéfice.

En fonction du contexte et de l’habileté de l’initiateur, le système peut tenir plusieurs mois ou plusieurs années. Au départ, les premières proies étant généralement remboursées, elles peuvent même se transformer en « VRP » et attirer de nouvelles recrues dans le système.

Reste qu’il faut à chaque fois trouver de nouveaux investisseurs pour payer les précédents. Tant et si bien qu’il arrive un moment où le château de cartes s’écroule inévitablement. Dans cette fuite en avant, les derniers investisseurs arrivés se retrouvent alors le bec dans l’eau, l’organisateur de la chaîne n’ayant plus d’argent pour les rembourser.

Des exemples célèbres

L’histoire de la finance est jalonnée de fraudes pyramidales. Celle qu’a initiée Charles Ponzi (ou Carlo Ponzi) en 1920 aux Etats-Unis a eu un tel retentissement qu’elle a abouti à l’adoption de l’expression « chaîne de Ponzi » dans le langage courant. Durant la décennie suivante, c’est en France qu’un scandale similaire a éclaté avec la célèbre affaire Stavisky.

Bien que ces cas aient été largement relayés, les fraudes pyramidales n’ont pas disparu par la suite. Loin de là. L’affaire Vivalavi constitue l’un des développements les plus récents mais le cas le plus spectaculaire reste bien évidemment l’affaire Madoff. Révélée en 2008, elle a montré que de grandes institutions de la finance pouvaient aussi être abusées.

Savoir raison garder

Nul n’est évidemment à l’abri d’une telle mésaventure, la fiabilité d’une contrepartie ne pouvant être garantie à 100%. Ceci étant, quelques précautions permettent de déjouer les ficelles les plus grossières. L’AMF le rappelle régulièrement dans ses communications.

Vérifier ce que l’on achète et qui le vend

Le conseil peut sembler évident mais mieux vaut s’abstenir si on a du mal à comprendre le fonctionnement du produit proposé. En clair, il est essentiel de cerner comment le rendement promis est obtenu, comment le produit est valorisé ou quelles sont les modalités de sortie.

De même, il convient de vérifier qui est l’interlocuteur. Pour opérer en France, les intermédiaires ou les sociétés proposant des placements doivent avoir un agrément. Or, les registres sont consultables en ligne du côté de l’AMF ou de l’Orias.

Précisons à ce propos que les démarchages excessifs, les incitations aux souscriptions rapides ou les demandes soutenues de parrainages peuvent constituer des alertes.

Ne pas se laisser éblouir par les rendements

Pas de rendement élevé sans risque élevé. Ce principe (qui se vérifie dans la quasi-totalité des cas) doit être gardé à l’esprit. Un rendement élevé ne cache pas nécessairement une escroquerie mais s’il est promis sans prise de risque, un signal d’alarme doit retentir dans la tête de l’épargnant (surtout en période de taux sans risque proches de zéro) et l’inciter au minimum à se demander comment un tel résultat peut raisonnablement être atteint.

Attention aux résultats linéaires

Les rendements passés ne présagent pas des performances futures. Cet avertissement revient souvent dans les plaquettes publicitaires. Ceci étant, si le passé ne garantit pas l’avenir, il peut au minimum donner des indices.

Même les placements les plus rentables connaissent des années creuses. Méfiance donc si on vous propose un placement très rentable en mettant de surcroît en avant la régularité de son historique de performances. C’est d’ailleurs la linéarité de ses résultats que Bernard Madoff utilisait comme argument commercial.